La guerre en Iran fait sentir ses effets à la pompe à essence. Mais elle pourrait aussi créer des dommages énormes dans la chaîne d'approvisionnement du secteur de l'intelligence artificielle.

Le prix du baril de pétrole est une donnée aujourd'hui extrêmement scrutée depuis que l'Iran a décidé d'imposer sa loi sur le détroit d'Ormuz, où transitent 20% du pétrole mondial. Et si l'on craint le choc du côté de l'Europe, il y a une région du monde encore plus dépendante des hydrocarbures du coin, à savoir l'Asie. L'Asie, où des pays clés du secteur des semi-conducteurs, et donc par effet de ricochet, de l'intelligence artificielle, pourraient vivre des prochaines semaines très difficiles !
Taiwan et la Corée du Sud dépendent très fortement du pétrole passant par le détroit d'Ormuz
Le blocage au niveau du détroit d'Ormuz fait très mal sur de nombreux points. On vous avait parlé déjà précédemment de la question cruciale de l'hélium, utilisé dans le secteur des semi-conducteurs, et dont le Qatar est un des producteurs majeurs. Mais de manière plus globale, le manque d'approvisionnement en hydrocarbures devrait faire mal aux nations clés que sont Taïwan et la Corée du sud, comme l'indique un rapport de Barclays, cité par le média Ctee.
« À mesure que le temps passe, les répercussions des perturbations énergétiques se feront progressivement sentir, et l'attention du marché s'est déplacée : il ne s'agit plus de savoir si le prix du pétrole dépassera les 100 dollars le baril, mais si l'industrie des semi-conducteurs pourra maintenir son approvisionnement en électricité et en matières premières » a-t-il était expliqué. Et ce, notamment du côté de TSMC.

Un effet domino attendu ?
En effet, si Taïwan dispose de larges réserves de pétrole, elles sont utilisées en majorité pour des « applications pétrochimiques ». Ainsi, pour ce qui est de l'énergie qui va permettre de soutenir la production d'électricité, le pays est très dépendant des approvisionnements quotidiens, et ce d'autant plus que ses réserves en gaz naturel liquéfiée correspondent à 11 jours de consommation.
Autant dire que si le problème persiste, Taïwan pourrait commencer à avoir des soucis à assurer un niveau de production électrique pouvant subvenir à tous les besoins du pays, dans un pays où, justement, TSMC consomme à lui seul 10% de l'électricité nationale. Si le fondeur n'était ainsi plus en mesure d'assurer la production telle qu'envisagée dans son programme de commandes, ses grands clients comme NVIDIA ou AMD devrait alors recalibrer leurs promesses de fournitures, ce qui aurait un impact direct dans le déploiement des infrastructures pour le développement de l'IA. Une sorte d'effet domino qui ferait mal à toute l'industrie.
Source : Wccftech