Proton rassemble l'intégralité de ses outils dans un abonnement unique et lance Proton Meet, une solution de visioconférence chiffrée de bout en bout. L'entreprise suisse positionne directement cette offre face à Google Workspace et Microsoft 365.

Proton lance un concurrent à Meet et défie Google Workspace et Microsoft 365
Proton lance un concurrent à Meet et défie Google Workspace et Microsoft 365

100 millions de comptes et 100 000 clients professionnels, il est temps pour Proton d'aiguiser ses armes. Cette croissance lui a permis de structurer une offre unifiée et véritablement pensée pour les entreprises qui jonglaient déjà avec plusieurs services Proton séparément. En parallèle, l'entreprise suisse dévoile son outil de visioconférence.

Proton Meet : des visios pour tous chiffrées de bout en bout

En septembre dernier, nous rapportions que Proton planchait sur son service de conférence vidéo. Dans un premier temps, ce dernier était réservé aux d'une offre haut de gamme de Proton ainsi qu’aux grands groupes partenaires. À l'occasion du FIC à Lille, l'entreprise donne le coup d'envoi avec une disponibilité ; le service est désormais disponible pour tous

La solution chiffre chaque appel audio, vidéo et message via le protocole MLS - Messaging Layer Security. Ce protocole open source active le chiffrement de bout en bout par défaut : même si l'infrastructure Proton était compromise, le contenu des conversations resterait illisible. Ce niveau de protection n'est pas proposé par défaut sur Google Meet ni sur Zoom.

Proton Meet

Aucun compte Proton n'est requis pour créer ou rejoindre une réunion. Il suffit de rendre sur meet.proton.me. L'offre gratuite autorise jusqu'à 50 participants pendant une heure maximum. Pour un usage plus intensif, l'abonnement Meet Professional démarre à 7,99 euros par utilisateur et par mois. Proton Meet est disponible sur le web, iOS, Android, Windows, Mac et Linux, avec une intégration dans Proton Calendar et une compatibilité avec Google Calendar et Microsoft Calendar pour la planification.

Proton explique que les grandes plateformes comme Google et Microsoft traitent désormais les données audio, vidéo et de chat. L'entreprise suisse souligne que leurs politiques de confidentialité pourraient évoluer vers l'entraînement de modèles IA.

Proton Workspace, une réponse concrète au CLOUD Act

Le lancement de Meet est l'occasion pour l'entreprise de proposer une offre groupée spécifiquement pensée pour les entreprises. Proton Workspace est disponible en deux formules. La première, Workspace Standard, est proposée à 12,99 euros par mois en facturation annuelle, ou 14,99 euros en mensuel. Elle regroupe Proton Mail, Calendar, Drive, Docs, Sheets, Meet, VPN et Pass. La seconde, Workspace Premium, est tarifée à 19,99 euros par mois en annuel ou 24,99 euros en mensuel. Elle ajoute un stockage étendu, des politiques de conservation des emails et l'accès à Lumo, l'assistant IA de Proton.

Pour mémoire, en janvier dernier, Lumo est passé en version 1.3 avec l'introduction des "Projets" chiffrés. Là encore nous retrouvons un chiffrement zéro-accès qui contraste avec les assistants IA de Google Workspace ou Microsoft 365, où les données peuvent servir à entraîner les modèles de l'éditeur.

Dans un communiqué, le fondateur et PDG de Proton explique :

"Nous constatons que les entreprises privilégient de plus en plus les écosystèmes aux produits et services individuels, et nous entendons de plus en plus de clients, notamment en Europe, soucieux de leur souveraineté technologique, exprimer leur souhait de bénéficier d'offres intégrées similaires à celles des géants du numérique pour faciliter la migration et améliorer l'intégration."

Proton Workspace se positionne donc comme une alternative à Google Workspace ou Microsoft 365, des services soumis au Cloud Act. Cette loi américaine contraint les plateformes basées aux États-Unis à transmettre des données aux autorités américaines sur demande, même si leurs serveurs sont situés en Europe.

D'autres alternatives existent ; c'est par exemple le cas d'Infomaniak kSuite. L'hébergeur est lui aussi domicilié en Suisse et dispose d'une suite complète de services souverains avec toutefois pas de chiffrement au repos.