La compagnie easyJet a annoncé, lundi, avoir commandé ses sièges ultralégers de nouvelle génération, les Kestrel de Mirus Aircraft Seating. Les voyageurs bénéficieront de plus d'espace pour les jambes dès 2028, promet le transporteur.

Ces sièges équiperont de nombreux avions de la compagnie easyJet à partir de 2028. © Mirus Aircraft Seating
Ces sièges équiperont de nombreux avions de la compagnie easyJet à partir de 2028. © Mirus Aircraft Seating

Lundi, easyJet a montré que l'innovation demeure l'un de ses points forts. La compagnie aérienne a officialisé sa commande de sièges Kestrel auprès du fabricant britannique Mirus Aircraft Seating, qui équiperont les futurs A320neo et A321neo livrés à partir de 2028. Au programme, les passagers gagneront jusqu'à 5 cm d'espace supplémentaire pour les jambes, et le transporteur jusqu'à 500 kg plus léger par appareil, soit plus de 12 936 tonnes de carburant économisées chaque année.

Le siège Kestrel, l'ultraléger qui change la donne pour la flotte easyJet

Fondée au Royaume-Uni en 2015, Mirus Aircraft Seating a conçu avec le Kestrel ce qui est aujourd'hui le siège le plus léger de sa catégorie. Concrètement, sur les plus grands modèles de la flotte easyJet, remplacer tous les sièges par des Kestrel permet d'alléger l'avion de jusqu'à 500 kg, soit autant de poids en moins à soulever à chaque décollage, et donc moins de carburant brûlé à chaque vol. easyJet sera la toute première compagnie au monde à en équiper ses appareils, dans le cadre d'une commande portant sur 237 avions.

Et ultraléger ne veut pas dire inconfortable pour autant. Le Kestrel a été conçu avec un dossier légèrement incliné vers l'avant dès la fabrication, ce qui crée naturellement plus d'espace devant chaque siège, sans avoir besoin de modifier la distance entre les rangées. Le passager y gagne 5 cm supplémentaires pour les jambes, ce qui peut sembler peu, mais quand on est coincé pendant deux heures dans un A320 bondé, chaque centimètre compte. Et c'est plutôt généreux pour une compagnie qui se dit à bas prix.

© Mirus Aircraft Seating
© Mirus Aircraft Seating

Le Kestrel a aussi été pensé pour durer. Sa conception volontairement épurée (moins de pièces, moins de complexité) réduit les besoins en maintenance au fil des années. Et quand le siège arrive en fin de vie, il est recyclable à environ 98%, même si cette statistique nous laisse un poil perplexe. Cerise sur le gâteau, il a été entièrement développé et certifié dans le centre d'essais de Mirus au Royaume-Uni, ce qui évite d'expédier les sièges aux quatre coins du monde pour les homologuer, en soi déjà une économie de temps, d'argent et de carbone.

Peinture légère, sharklets et FANS-C, easyJet essaier d'alléger son empreinte carbone

« Cet investissement s'inscrit dans notre volonté constante de rendre nos opérations aussi efficaces que possible, en tirant parti de gains marginaux progressifs qui se traduisent par des réductions significatives de la consommation de carburant et des émissions de CO2 », a commenté David Morgan, le directeur des opérations easyJet. Autrement dit, la compagnie ne cherche pas une solution miracle unique, mais accumule volontairement une multitude de petites améliorations dont les effets, mis bout à bout, finissent par peser lourd, sans mauvais jeu de mots. Les sièges Kestrel sont l'une de ces briques.

© Mirus Aircraft Seating

Les sièges ne sont pas les seuls composants pour lesquels easyJet fait des efforts. L'entreprise a par exemple adopté une peinture plus légère pour ses avions, qui devrait permettre d'économiser 1 296 tonnes de carburant et 4 095 tonnes de CO₂ d'ici 2030. La compagnie a également supprimé les lourds manuels de vol papier en les numérisant, et elle installe progressivement des sharklets sur ses A320ceo, ces ailettes recourbées en bout d'aile qui réduisent la résistance de l'air. Elle optimise même la façon dont ses avions roulent sur le tarmac pour brûler moins de carburant avant d'avoir décollé.

La compagnie a également investi dans FANS-C, un logiciel de navigation développé par Airbus qui permet à ses avions et aux contrôleurs aériens d'échanger en temps réel des données précises sur les trajectoires de vol. Les routes sont mieux optimisées, on gaspille moins et les retards sont réduits dans un ciel européen de plus en plus saturé. Les sièges Kestrel, eux, sont attendus dès 2028.