En fin d’année dernière, le géant de la lecture électronique, Kobo, dévoilait une étonnante télécommande… Laquelle a connu un succès immédiat, avec des ruptures de stock qui ont perduré durant toutes les fêtes de fin d’année, et même un peu au-delà.

Sur la page dédiée à sa télécommande Kobo Remote, la marque explique : « Conçues pour les liseuses Kobo, les commandes intuitives de la Kobo Remote permettent de tourner les pages sans effort d’un simple clic. Restez immergé dans votre rythme de lecture, sans jamais lever le petit doigt. »
Difficile de ne pas esquisser un sourire à la lecture de cette promesse, tant elle semble assumer, sans détour, une certaine idée du confort absolu. Ici, la technologie ne cherche plus (du tout) à impressionner, mais à s’effacer, jusqu’à épouser une forme de paresse presque revendiquée. Et si, au fond, le luxe ultime n’était pas d’en faire plus… Mais précisément d’en faire moins, sans jamais sacrifier le plaisir de lire ? Notre test de la Kobo Remote après 3 mois d’utilisation.
Une idée étrange… jusqu’à l’essayer
Il y a quelques mois, Kobo levait donc le voile sur un accessoire pour le moins inattendu destiné à ses liseuses : la Remote. Une petite télécommande, dotée de deux boutons seulement, l’un pour avancer, l’autre pour revenir en arrière. Sur le moment, la réaction était presque unanime, à savoir : « Mais qui a réellement besoin d’une télécommande pour un appareil que l’on tient déjà en main ? »
Et puis, il y a l’expérience… Car tout change à partir du moment où l’on met la main dessus. Je ne suis visiblement pas le seul à avoir succombé. Lancée en toute fin d’année dernière au prix de 30 €, la Kobo Remote s’est rapidement retrouvée en rupture de stock, aussi bien sur le site officiel que chez les revendeurs (à l’heure actuelle, la version blanche n’est pas disponible chez Kobo). Après quelques recherches, j’ai finalement réussi à mettre la main sur le modèle noir à la mi-décembre, non sans quelques difficultés.
Dès la prise en main, l’accessoire surprend. Compacte, légère, presque minimaliste, la Kobo Remote mesure moins de 10 centimètres. Dans de grandes mains, elle paraît presque minuscule, mais reste suffisamment ergonomique pour un usage confortable, et suffisamment présente pour éviter de disparaître trop facilement dans les draps.
Côté utilisation, rien de plus simple : un bouton d’appairage situé sur le dessus permet une connexion Bluetooth quasi instantanée avec une liseuse compatible. Pas de fioritures, pas de complexité, juste l’essentiel. Dans notre cas, c’est à la Kobo Clara 2E que nous avons reliée la petite télécommande.
Le confort, jusqu’au fond du plaid
C’est évidemment à l’usage que la Kobo Remote révèle tout son intérêt. Dans les transports, par exemple, elle permet de poser sa liseuse sur une tablette ( dans un train, un avion…) et de tourner les pages sans avoir à la manipuler. Un détail, certes, mais qui change rapidement les habitudes.
Même constat sur un tapis de course, ou pendant la pause déjeuner, avec la liseuse posée sur une table. Plus besoin de toucher l’écran avec des mains occupées ou pas toujours impeccables. La lecture devient encore plus fluide, presque naturelle. Mais c’est indéniablement au lit (ou sur le canapé, sous un plaid) que l’accessoire prend toute sa dimension.
Installé confortablement, la liseuse posée où bon vous semble (entre les jambes, sur la table de chevet, sur l’oreiller voisin…), il suffit de se glisser sous la couette et de garder la télécommande en main. Plus besoin de sortir la main « dans le froid » pour tourner la page. Une simple pression suffit, sans jamais quitter la chaleur de son petit cocon.
Sur le papier, cela peut sembler anecdotique. Dans les faits, ce n’est pas indispensable non, mais c’est redoutablement efficace. Le confort est tel que l’on s’y habitue très vite… Au point de ne plus vouloir revenir en arrière.
Kobo a d’ailleurs pensé à quelques détails bienvenus, comme la dragonne fournie, loin d’être gadget. Côté alimentation, pas de batterie intégrée ici, mais une simple pile AAA annoncée pour plusieurs mois d’autonomie. Après une utilisation quotidienne depuis décembre, aucun remplacement n’a encore été nécessaire.
La Kobo Remote, pas que pour les paresseux, non
Globalement, la Kobo Remote améliore significativement l’expérience de lecture, et bien au-delà finalement du simple confort de lire sous la couette. Elle peut constituer en effet une solution particulièrement pertinente pour les personnes en situation de handicap, pour qui l’appui direct sur la liseuse peut s’avérer difficile.
Elle peut répondre également aux besoins des lecteurs recherchant une certaine distance visuelle pour préserver leur confort oculaire, leur évitant alors de tendre le bras pour tourner les pages. De la même manière, elle peut apporter un réel soulagement aux personnes souffrant de troubles des mains, comme l’arthrose, ou encore à celles et ceux qui lisent à voix haute une histoire à leur bébé, tout en le tenant dans leurs bras.
Ainsi, au-delà de l’aspect parfois perçu comme un simple « luxe de confort » (et/ou de paresse), la Kobo Remote se distingue par son utilité concrète et sa capacité à rendre la lecture plus accessible, plus confortable et plus inclusive en fonction des besoins (et pas des caprices) de chacun.
Tout n’est pas parfait pour autant. La connexion Bluetooth peut parfois se montrer capricieuse, nécessitant de temps à autre une reconnexion manuelle. Rien de bloquant non, mais suffisamment fréquent pour être noté.
On regrettera aussi l’absence de personnalisation des boutons. Aucune fonction secondaire, aucune pression longue exploitée, que ce soit pour gérer la luminosité par exemple ou encore le volume dans le cadre des audiobooks.
Au final, la Kobo Remote a tout du gadget inutile… Jusqu’à ce qu’on l’utilise vraiment. Derrière sa simplicité presque désarmante et son intérêt plus que discutable à première vue, elle incarne une certaine idée du confort, à savoir discret, immédiat, et surtout terriblement efficace.
Et même si l’on peut sourire face à cet accessoire qui semble flatter une certaine paresse, difficile de nier une chose : une fois adopté, il devient étonnamment indispensable.
