Les pratiques de recrutement d'Elon Musk au sein de son entreprise phare Tesla ne colleraient pas avec ses convictions politiques publiques. C'est en tout cas l'avis d'un plaignant, qui voit aujourd'hui son dossier accepté par la justice américaine.

Difficile de faire figure plus connue du nouvel univers MAGA qu'Elon Musk (Donald Trump mis à part, évidemment). L'homme le plus riche du monde s'est en effet ces dernières années rallié à l'homme politique aux convictions nationalistes extrêmement affirmées. Et bien que né Africain du sud, Elon Musk est sur ce point totalement en phase avec le locataire de la Maison-Blanche. En tout cas, au niveau de la parole, parce que dans certaines pratiques, notamment chez Tesla, ce pourrait être un peu différent !
Des emplois d'ingénieurs chez Tesla seraient réservés aux étrangers détenteurs du visa H-1B, selon un plaignant
Pour qui se souvient des différentes batailles qu'il y a pu avoir au sein du camp MAGA, celle de décembre 2024, juste avant l'intronisation de Donald Trump, a été marquante, en ce qu'elle affichait une divergence profonde entre deux factions. La première, le camp nativiste, opposé à toute immigration, s'en était en effet pris à la seconde, faite des grands noms de la tech qui s'étaient rapprochés tardivement de Donald Trump.
La base MAGA reprochait ainsi aux grandes fortunes, et au premier rang, Elon Musk, de vouloir continuer à ouvrir le pays à l'immigration qualifiée, à travers notamment le programme de visa H-1B, ce que le milliardaire avait assumé de manière véhémente, allant même jusqu'à insulter ses opposants MAGA.
Cette question pourrait bien aujourd'hui refaire surface, avec la décision d'un juge californien d'autoriser la poursuite d'une plainte déposée par un Américain du nom de Scott Taub, pour discrimination. Le juge, qui faisait face à Tesla demandant la clôture du dossier, a estimé que le plaignant avait fourni « suffisamment d'éléments » pour continuer à être entendu. Scotte Taub affirme ainsi ne pas avoir été embauché par Tesla, à l'occasion d'un processus d'embauche, à cause d'une volonté délibérée de l'entreprise de préférer les étrangers possédant un visa H-1B.

Des licenciements qui toucheraient aussi « disproportionnellement » les employés américains ?
Cette « préférence systématique », selon lui, ne serait pas seulement un fait qu'il aurait observé. Selon ses dires, le recruteur lui aurait expliqué que le poste d'ingénieur pour lequel il avait postulé était « réservé aux titulaires d'un visa H1B ». Pour le plaignant, Tesla fonctionne en partie sur ce seul programme, avec 1 355 possesseurs du visa en question recrutés en 2024 par le géant des véhicules électriques.
Il affirme par ailleurs que, de l'autre côté de la chaîne, les licenciements toucheraient par contre « disproportionnellement » les employés citoyens américains. À l'appui de sa charge, il pointe du doigt la même période 2024, quand, dans cette année où plus d'un milier de titulaires du visa H-1B étaient recrutés, plus de 6 000 salariés étaient eux licenciés, salariés considérés dans leur très grande majorité comme Américains. Le début d'une nouvelle charge contre Elon Musk ?
Source : Reuters