Samsung Display vient de poser un nouveau nom sur la table : QD-OLED Penta Tandem. Un label désormais destiné à distinguer ses dalles QD-OLED les plus récentes et les plus ambitieuses, aussi bien pour les moniteurs que pour les téléviseurs haut de gamme. À première vue, l’annonce ressemble à un énième jalon dans la course à la luminosité, avec un chiffre qui claque : jusqu’à 4 500 nits.

Le "Penta Tandem" a amorcé une belle évolution pour les écrans PC. © Samsung Display
Le "Penta Tandem" a amorcé une belle évolution pour les écrans PC. © Samsung Display

Mais derrière ce nom et ce pic théorique se cache surtout une évolution structurelle plus discrète, pensée pour résoudre un problème bien concret. Le Penta Tandem ne marque pas une rupture technologique, mais une mise à niveau profonde du QD-OLED, destinée à accompagner la montée en résolution et en densité de pixels, ce qui est particulièrement pertinent sur les écrans PC.

Penta Tandem : ce que ce nouveau label recouvre vraiment

Comme son nom l'indique, le terme Penta Tandem fait référence à une structure OLED à cinq couches émettrices, contre quatre jusqu’ici sur les dalles QD-OLED. Samsung Display utilise ce label pour désigner l’intégration de nouveaux matériaux organiques (EL 3.0) et un empilement plus complexe des couches bleues et vertes, conçu pour mieux répartir l’énergie électrique.

L’idée n’est pas nouvelle sur le fond : le principe du « tandem » existe déjà dans l’univers OLED, notamment chez LG Display. Ce qui change ici, c’est son application systématique au QD-OLED et sa mise en avant officielle comme nouveau standard premium. Autrement dit, Samsung Display ne crée pas une technologie inédite, mais formalise et généralise une évolution déjà amorcée depuis 2024 sur certaines dalles.

Ce qui est réellement nouveau… et ce qui ne l’est pas

Ce qui n’est pas nouveau, c’est l’objectif : améliorer la luminosité, l’efficacité énergétique et la durée de vie des dalles OLED. Ces promesses accompagnent chaque génération depuis des années, souvent avec des gains progressifs plutôt que spectaculaires.

Ce qui change vraiment, en revanche, c’est le contexte d’usage visé. Le Penta Tandem répond directement aux contraintes imposées par les écrans à très haute densité de pixels, en particulier le 27 pouces 4K, qui atteint environ 160 à 166 pixels par pouce. À ce niveau, chaque pixel dispose de moins de surface émissive et subit davantage de stress thermique. Sans évolution structurelle, les compromis deviennent rapidement visibles : ABL agressif, luminosité instable, vieillissement accéléré et autres risques de burn-in

En ajoutant une cinquième couche et en optimisant les matériaux, Samsung Display affirme améliorer l’efficacité lumineuse d’environ 30 % et doubler la durée de vie par rapport aux dalles QD-OLED précédentes. Les pics annoncés, jusqu’à 1 300 nits sur les moniteurs et 4 500 nits sur les téléviseurs (mesurés sur une mire APL de 3 %), illustrent bien le recul de ce plafond technique.

Les produits concernés aujourd’hui… et ceux à venir

Dans les faits, le Penta Tandem est déjà bien présent sur plusieurs dalles QD-OLED de dernière génération. Côté moniteurs, cette évolution concerne en priorité les formats les plus exigeants : les 27 pouces 4K, 31,5 pouces 4K et 34 pouces ultrawide. On les retrouve notamment sur des modèles premium déjà commercialisés ou annoncés, comme les Asus ROG Swift PG27UCDM, PG32UCDM3, PG34WCDN, ou encore chez MSI avec les MPG 272URX et MPG 341CQR X36. Autant d’écrans qui exploitent cette nouvelle structure pour rendre viable une forte densité de pixels sans multiplier les compromis visibles.

Samsung Display prévoit également d’étendre cette structure au 49 pouces Dual QHD (5120 × 1440), un format très populaire chez les joueurs et les utilisateurs multitâches, qui doit bénéficier d’un rafraîchissement dans le courant de l’année. Ce passage au Penta Tandem devrait s’accompagner d’une luminosité plus élevée, d’une meilleure stabilité HDR et, potentiellement, de nouveaux traitements de surface.

Sur le segment des téléviseurs, le constructeur indique que le Penta Tandem est déjà intégré depuis 2025 dans certaines gammes QD-OLED haut de gamme de ses partenaires. Une évolution encore peu mise en avant dans la communication des marques, mais qui suggère que les TV QD-OLED les plus récentes reposent déjà sur cette nouvelle base technique, plus robuste et mieux armée pour les usages HDR intensifs.

Ce que Samsung améliore vraiment

Au-delà des chiffres, le QD-OLED Penta Tandem vise avant tout à sécuriser l’avenir du QD-OLED sur des formats exigeants. Plus que la quête du pic lumineux, c’est la promesse d’un HDR plus stable, d’une luminosité mieux tenue et d’une longévité accrue qui se joue ici.

Comme souvent, la différence entre la promesse et la réalité se mesurera à l’usage, sur des scènes complexes et prolongées. Toujours est-il qu'avec le Penta Tandem, Samsung Display ne cherche pas seulement à briller plus fort, mais à faire durer cette lumière dans le temps.