Un homme de 45 ans et sa complice ont extorqué plus de 70 000 euros à une femme, via une arnaque sentimentale. C'est la Police nationale espagnole qui a démantelé ce réseau qui visait des gens vulnérables.

Derrière l'écran, le prince charmant cachait un redoutable prédateur financier. Les autorités espagnoles ont mis fin aux agissements d'un duo d'escrocs spécialisés dans l'arnaque amoureuse. Leur butin s'élevait à plus de 100 000 euros, récoltés auprès de plusieurs femmes souvent fragilisées sur les réseaux sociaux. L'une d'elles a d'ailleurs été spoliée à hauteur de 70 000 euros.
L'implacable mécanique d'une arnaque sentimentale
Comme l'a repéré Ouest-France et révélé le quotidien espagnol El Periódico, le suspect ne « chassait » pas au hasard. Il scrutait les réseaux sociaux à la recherche de profils bien précis, à savoir des femmes confrontées à la maladie ou plongées dans des tourments personnels. Des victimes dont « l'état d'esprit était affaibli », selon les termes de la Police nationale ibérique, qui rendait leur vigilance moins aiguisée.
Son stratagème reposait sur la construction minutieuse d'une relation affective. Avec des messages réguliers, des appels téléphoniques nourris et des confessions sur un prétendu « passé obscur fruit d'erreurs de jeunesse », l'homme de 45 ans tissait sa toile en faisant preuve de patience. Il se montrait compréhensif, attentif aux difficultés de ses interlocutrices, en créant parfois des liens qui s'étendaient carrément sur plusieurs années, sans jamais aboutir à une rencontre physique.
Puis venait le moment de demander de l'argent. L'escroc multipliait alors les histoires dramatiques pour justifier ses besoins urgents de liquidités. Un jour, il prétendait avoir tout perdu dans de mauvais investissements. Le lendemain, il simulait un kidnapping et réclamait une rançon pour sa libération. Il inventait aussi des séjours en prison avec menaces de mort, ou encore des saisies immobilières imminentes. Pour paraître crédible, il envoyait même de fausses captures d'écran censées prouver ses talents de trader et ses gains passés.
Une complicité conjugale au service du mensonge
À Mislata, près de Valence, en Espagne, une femme de 44 ans a payé le prix fort de cette supercherie. Pendant vingt-quatre mois, elle a cru partager une vraie relation amoureuse avec cet homme qu'elle n'avait pourtant jamais croisé. Entre eux, il n'y avait que des échanges virtuels, certes quasi quotidiens, qui entretenaient l'illusion du couple. Au final, elle a perdu 70 000 euros.
La vraie compagne du suspect était non seulement au courant de la supercherie, et elle participait en plus activement à l'arnaque. Lorsque l'escroc contactait ses victimes, elle se présentait comme sa sœur ou sa cousine pour rendre l'histoire crédible. Elle allait même jusqu'à envoyer des messages aux femmes trompées en les appelant « belle-sœur », comme si elles faisaient vraiment partie de la famille. Cette mise en scène familiale renforçait la confiance des victimes et solidifiait les mensonges de son compagnon.
Les enquêteurs ont découvert à quoi servait l'argent volé. Les escrocs l'utilisaient pour acheter de la drogue, tenter des coups financiers risqués et s'offrir des biens matériels, comme une voiture. Le quadragénaire fait aujourd'hui face à des accusations d'escroquerie répétée, de blanchiment d'argent et de violence de genre. Sa compagne est également poursuivie pour escroquerie répétée.