Bilan IFA 2011 : les tablettes Android toujours hésitantes

0
012C000004546340-photo-ifa-samsung-galaxytab.jpg
Les tablettes Android finiront-elles par décoller ? A priori, tous les ingrédients sont là, mais sur le salon IFA de Berlin 2011, il y avait à peu près autant de déceptions que de modèles, à quelques rares exceptions près. La majorité des soucis semble venir du système d'exploitation de Google. Alors faut-il espérer que la future version, Ice Cream Sandwich, renversera la donne, et qu'on verra enfin l'année prochaine autant de tablettes Android que d'iPad dans les mains des visiteurs qui arpentent les allées du salon ?

L'iPad est toujours la tablette dominante sur le marché. Qu'on aime Apple ou non, qu'on souhaite à tout prix acheter sa tablette ou qu'on cherche désespérément une alternative plus ouverte, le constat est implacable. Et les tablettes Android ont du mal à se tailler une place conséquente (comme les autres OS, d'ailleurs, il n'y a qu'à voir l'affaire HP webOS). Pourtant, ce n'est pas faute de chercher des solutions de la part des fabricants.

Lenteurs à l'utilisation
Du côté de Samsung d'abord, qui avait fait sensation l'an dernier en proposant l'une des premières alternatives à l'iPad avec sa Galaxy Tab. Cette année, la Galaxy Tab est disponible en version 10 pouces, et revient dans une nouvelle édition de 7,7 pouces. La tablette est intéressante, tandis que Samsung joue toujours sur le tableau de la 7 et de la 10 pouces. Mais le fabricant sud-coréen semble se ranger dans le ventre mou des fabricants de tablettes. Seul à proposer un tablette intégrant une fonctionnalité de téléphonie, il a décidé de s'en défaire pour cette nouvelle édition. Dommage pour ceux qui voyaient cette possibilité de passer des appels avec un numéro commun à un smartphone et à la Galaxy Tab une bonne idée.

Au final, on pourrait reprocher à la Galaxy Tab la même chose qu'aux tablettes HTC, Toshiba, Acer, etc sous Android : le manque de fluidité. Il semblerait donc bien que cela vienne de Honeycomb, et qu'un certain temps d'adaptation soit nécessaire, en attendant une optimisation de l'OS Google - voire l'arrivée d'Ice Cream Sandwich. Pour le reste, les tablettes "haut-de-gamme" semblent plus matures, au moins sur le plan matériel. Alors qu'elles étaient assez lourdes et épaisses dans l'ensemble l'an dernier, il y a de très nettes améliorations, avec l'arrivée de versions miniatures des connecteurs classiques (HDMI, USB, SD), autant de points sur lesquels les tablettes Android sont supérieures à l'iPad.

Un choix pertinent : Gingerbread
Corollaire : avec l'apparition d'un haut-de-gamme, on note également l'arrivée parallèle d'un bas-de-gamme. Des appareils bien moins bons, mais qui peuvent suffire pour piloter ses appareils, surfer sur le web, regarder des vidéos ou envoyer des emails de chez soi. Des fabricants prennent ce créneau, comme avec la PocketBook, qui devrait être disponible sous les 300 euros pour une tablette assez convaincante, ou Viewsonic et Hannspree par exemple, qui visent un segment de moins bonne qualité, mais encore moins cher.

00C8000004550510-photo-pocketbook-a10-1.jpg
00C8000004551660-photo-viewsonic-7e.jpg
00C8000004549592-photo-hannspree-sn10t4.jpg


Reste qu'on est encore souvent dans une position attentiste, l'effet nouveauté n'ayant pas tout-à-fait disparu au profit de produits réellement commercialisés. Nombreux sont encore les stands où on retrouve des démonstrations, qui ne verront peut-être aucun débouché commercial. Le doute subsiste par exemple sur la tablette Viewsonic, mais surtout sur la 10 pouces Hannspree, ou la très bas-de-gamme Funai. Sur ce segment moins cher, la PocketBook 10 pouces nous a clairement semblé la plus prometteuse. Notons qu'elle tourne, comme beaucoup de ces tablettes d'entrée et milieu de gamme, sur une version normalement optimisée pour les smartphones d'Android : Gingerbread (2.3). Un choix qui semble pertinent à première vue, tant il n'y a rien à redire sur la fluidité de ces appareils, pourtant moins puissants que les tablettes Honeycomb sur le plan matériel.

00C8000004545974-photo-ifa-samsung-galaxynote.jpg
Samsung est le seul à avoir réellement misé sur l'originalité cette année, avec un hybride entre tablette et smartphone : le Galaxy Note. On pourra s'interroger et polémiquer des heures durant sur l'opportunité de reproduire le même concept que le Dell Streak de l'an dernier, véritable four commercial de l'année 2010, ou sur celle d'intégrer un stylet, très Windows Mobile. Mais pour ce que ça vaut, sachez que les envoyés spéciaux de l'IFA ont été séduits à au moins 50% (donc moi).

Apparition d'accessoires pour Android
Parfois, pour savoir si un marché frémissant va enfin décoller, il suffit d'aller voir du côté des accessoires. Alors que des dizaines d'accessoiristes se contentent encore de croquer la Pomme et sa gamme iPod / iPhone / iPad, plusieurs d'entre eux ont enfin saisi l'intérêt de s'intéresser au marché Android. Cela ne concerne évidemment pas que les tablettes. Les smartphones Android sont là depuis plus longtemps, et le temps de réaction semble n'augurer rien de bon quant à la feuille de route pour le développement d'accessoires pour tablettes.

Mais c'est un cercle qui s'auto-alimente : tant qu'un modèle n'aura pas explosé sur le marché, les fabricants de docks, housses, coques et autres supports ne se lanceront sans doute pas à l'aveuglette dans une production sérieuse. Il n'y a qu'à voir dans les rares stands où l'on trouve des accessoires pour smartphones Android : il n'y en a que pour les vedettes, comme les Samsung Galaxy S I et II, ou le HTC Desire et dérivés.

Là encore, on souffre d'une fragmentation du marché des appareils Android. Mais certains faits sont prometteurs. Par exemple, Philips a proposé pour la première fois des docks-enceintes compatibles Android. Le fabricant a résolu le problème des différentes configurations pour le connecteur. Dès lors, on ne voit pas bien pourquoi un tel système ne pourrait pas être appliqué pour les tablettes, ouvrant aux accessoiristes le marché de tous les appareils Android.

0078000004553118-photo-iget.jpg
0078000004553122-photo-iget3.jpg
0078000004553128-photo-iget6.jpg
0078000004553132-photo-iget8.jpg
0078000004553130-photo-iget7.jpg


De même, des fabricants de housses et coques comme OtterBox se sont mis aux smartphones Android. Ils pourraient être parmi les premiers à s'emparer du segment des tablettes. Et du côté des supports, on peut signaler l'iGet, compatible avec tous les types de tablettes, de 7 à 10 pouces. Sur ce point, la différence entre iPad et tablette Android s'efface donc un peu plus, ouvrant peut-être la voie à une démocratisation.

Entre tentatives et maturité
On l'aura compris, si les tablettes sont parmi les vedettes des différents salons, de l'IFA au MWC, Android a encore du chemin à faire pour espérer attirer les foules. Entre des tablettes haut-de-gamme qui manquent de fluidité et de réelle vision, et des appareils moins chers qui semblent parfois une alternative plus intéressante, l'amateur de produits équipés du système d'exploitation de Google a encore de beaux dilemmes devant lui. Cela signifie-t-il pour autant que les tablettes Android ne sont pas prêtes, et qu'il vaut mieux passer son chemin en attendant Ice Cream Sandwich, processeurs quad-core et un semblant d'homogénéité ?

A l'heure actuelle, il est encore difficile de se prononcer. Le mieux reste encore de faire un tour dans son magasin préféré, et de voir si l'on peut être convaincu par l'utilisation, les performances, et le prix des tablettes Android. Mais il semble que tant que le marché se cherche, ces appareils se cantonneront encore à quelques utilisateurs à la pointe, tandis qu'Apple pourra poursuivre tranquillement sa communication autour de la simplicité et de l'utilisabilité. Pour l'instant ?
Vous êtes un utilisateur de Google Actualités ou de WhatsApp ? Suivez-nous pour ne rien rater de l'actu tech !
google-news

A découvrir en vidéo

Haut de page