Secrets d'entrepreneurs : comment ils ont réussi avec le crowdfunding

09 mars 2016 à 08h06
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Le financement participatif est un moyen a priori séduisant pour un créateur d'entreprise désargenté de lever de l'argent. Certains sont parvenus à lever des centaines de milliers d'euros, des millions parfois à partir d'une simple idée. Beaucoup ont échoué. Les "secrets d'entrepreneurs" permettent aux créateurs de start-up de s'exprimer et de livrer leurs recettes pour réussir sa campagne de crowdfunding.

Le crowdfunding ou financement participatif s'impose comme un moyen incontournable de financer le projet d'une start-up. Selon les chiffres collectés par CompInnov, un cabinet conseil pour le développement de la compétitivité et l'innovation des entreprises, le montant des fonds collectés en France a doublé en 2015 pour atteindre 296,8 millions d'euros.

Au total, 2,3 millions de financeurs, les « backers » dans le jargon, ont mis de l'argent sur une des plates-formes françaises de financement participatif depuis leur lancement. Des fonds qui ont pris la forme de dons (50,2 millions d'euros), de prêts (196,3 millions d'euros) ou d'investissements (50,3 millions d'euros) et qui ont financé 17 775 projets en France. Pour son étude, CompInnov a recensé dans l'Hexagone 27 plates-formes de crowdlending, spécialisées dans les prêts, 14 plates-formes dédiées aux investissements et 25 plates-formes de crowdfunding qui collectent des dons.

A côté des grands noms américains comme Indiegogo et Kickstarter qui acceptent aujourd'hui de financer des projets d'entreprises françaises en euros, il y a une pléthore de sites français prêts à aider les entrepreneurs, quel que soit leur domaine. Des noms se dégagent parmi les acteurs français comme Hoolders, KissKissBankBank, MyMajorCompany, Ulule, mais il n'est pas simple pour les porteurs de projets de choisir à la fois le mode de financement, la plate-forme qui va porter la campagne et surtout, réussir à attirer les internautes sur sa page pour les inciter à miser de l'argent sur un projet bien souvent encore virtuel.

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L'alchimie nécessaire pour atteindre l'effet boule de neige qui fait qu'un projet va amasser des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d'euros en quelques heures, est bien difficile à obtenir. La rédaction de Clubic a interrogé les entrepreneurs français qui ont réussi les plus belles campagnes de financement participatif. Ils vous livrent leurs petits secrets.

Pourquoi s'intéresser au crowdfunding quand on crée son entreprise ?

Le crowdfunding ne se limite pas à simplement lever de l'argent auprès des internautes pour financer un projet. C'est bien plus que cela. C'est un moyen de tester une idée auprès des internautes, de prouver aux investisseurs qu'une idée peut trouver un marché. Enfin, c'est un outil pour créer une communauté autour de sa marque.

Alors qu'il existe en France de multiples fonds d'amorçage, que des personnalités comme Xavier Niel, Fabrice Grinda et Marc Simoncini injectent des millions d'euros dans les start-up, certains entrepreneurs privilégient le crowdsourcing.

« Quant on est créateur d'une entreprise, que l'on a une idée de produit, on est bien évidemment extrêmement motivé mais on n'a aucune preuve que cette idée correspond bien à une attente du marché » souligne Séverin Marcombes, PDG de Lima, cette clé USB qui fait office de Cloud personnel. Rodolphe Hasselvander, fondateur de Blue Frog Robotics a eu la même démarche lorsqu'il a lancé le projet de robot compagnon Buddy : « Paradoxalement, nous n'avons pas eu recours au crowdfunding pour lever de l'argent. Le véritable objectif était de vérifier que ce que nous développions correspondait bien à une attente du public. Un second objectif était de nous faire remarquer par des fonds d'investissement et en dernier lieu, il s'agissait d'avoir un peu de cash flow pour lancer le projet. »

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Séverin Marcombes, PDG de Lima


Lancer une campagne sur un site de crowdfunding, c'est aussi mener une étude de marché en vraie grandeur. Si le projet rencontre immédiatement le succès, c'est qu'il correspond effectivement à une attente des geeks qui fréquentent ce type de plate-forme en quête du prochain gadget à la mode. Un signe encourageant avant de véritablement lancer un produit sur le mass-market (NDLR grand public), encourageant aussi pour aller à la rencontre des investisseurs.


« Pour un projet hardware, le financement d'un projet électronique est assez compliqué » ajoute le cofondateur de Lima. « A l'époque où nous nous sommes lancé sur Kickstarter, nous n'étions que les deux fondateurs avec un premier prototype encore inachevé. Nous n'avions littéralement rien à montrer aux investisseurs ! » Les cycles de conception et développement d'un produit hardware étant plus long que ceux du développement d'un service Web ou d'une application mobile, les investisseurs se montrent bien plus réticents à financer ce type de projet.

On se souvient du récent échec du drone Zano, un projet de mini-drone qui était pourtant parvenu à lever 3,2 millions de dollars auprès de 7000 investisseurs sur Kickstarter et qui s'est traduit par un échec cuisant. « Quand nous allions voir les investisseurs, ceux-ci nous répondait qu'ils ne savaient pas s'ils pouvaient prendre le risque de miser sur notre projet » ajoute Séverin Marcombes. « Ils nous ont demandé une preuve que nous pouvions en vendre 1 000. » Le projet est parvenu à rallier 12 800 supporters. Un succès sur Kickstarter donne une légitimité aux entrepreneurs au moment d'aller rencontrer les investisseurs.

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Le drone Zano

« Au delà de la campagne elle-même, ces plates-formes de crowdfunding sont de superbes outils de communication » souligne Rodolphe Hasselvander. « Nous n'étions connu que par la petite communauté robotique française et en l'espace de six mois, nous avons été connu mondialement. On m'a demandé d'intervenir en tant que speaker au CES de Las Vegas pour parler de robotique alors que personne ne nous connaissait encore quelques mois plus tôt ! » Non seulement les médias du monde entier sollicitent la start-up, mais aussi de nombreux industriels de l'électronique grand public qui souhaitent se rapprocher du petit Buddy. Une campagne de financement participatif réussie met la start-up sous les projecteurs des médias du monde entier.

Le crowdfunding favorise l'émergence d'une communauté autour d'un projet

Au delà de simples acheteurs, les personnes qui soutiennent un projet constituent une communauté autour de la marque et de son produit. Une communauté qu'il convient d'entretenir et de développer non seulement à des fins de promotion et de relais publicitaire sur les médias sociaux, mais aussi afin de développer l'entreprise elle-même.

Ainsi, Bruno Lussato, fondateur de Wistiki, concepteur d'un petit objet connecté qui permet de retrouver son trousseau de clés avec son smartphone, souligne : « Nous avons constitué une communauté de 1 million de personnes sur Facebook, dont plusieurs centaines de milliers sont des clients aujourd'hui. C'est une communauté qui nous remonte des informations. Certains ne sont pas forcement contents et ils nous disent qu'ils trouvent notre produit pas assez esthétique, certains nous ont demandé de le rendre waterproof, d'autres veulent une portée plus étendue, etc. »

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Bruno Lussato, Wistiki


C'est pour capter toutes ces informations précieuses en termes de conception produit que la jeune pousse a internalisé son community management pour exploiter au mieux toutes ces données : « Tous les feedbacks que nous avons accumulés lors de notre première campagne de crowdfunding nous ont permis de concevoir notre nouvelle génération de produit qui fait l'objet d'une seconde campagne de crowdfunding. » Ainsi la version 1 du Wistiki était un simple boitier carré blanc à accrocher à son porte-clé. Un objet connecté dont l'autonomie n'était que de 1 an. La seconde version a été dessinée par Stark et l'autonomie est passée à 3 ans et le boitier est maintenant waterproof, comme l'ont suggéré les backers de la start-up.

A suivre la semaine prochaine, la deuxième partie de nos "secrets d'entrepreneurs" : Préparer sa campagne, la clé de la réussite
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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