Ebooks : 4 applications pour Android, iPhone et iPad

Introduction

La sortie de l'iPad a remis sur le devant de la scène les applications de lecture de livres électroniques (ou ebooks) pour appareils mobiles (tablettes, smartphones...). Pour les lecteurs ne souhaitant pas investir dans un appareil dédié, ces logiciels peuvent avoir leur intérêt. Nous avons passé en revue les principales applications du genre

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Les vacances sont finies pour certains mais elles commencent pour d'autres. La lecture est évidemment une activité de saison, mais plutôt que d'emporter une pile de livres de poche, certains utilisateurs préfèrent les livres électroniques, dématérialisés et laissant évidemment plus de place dans les valises. Nous avons déjà réalisé un comparatifs de lecteurs ebooks, mais si ces appareils dédiés présentent certains avantages (notamment leur écran de type encre électronique), les appareils mobiles que sont les smartphones, certains baladeurs ou évidemment l'iPad d'Apple font également office de lecteurs de livres électroniques, via des applications tierces.

La sortie de l'iPad n'est pas étrangère à un regain d'intérêt de ce type d'application. Celles ci ne sont évidemment pas nouvelles, et plusieurs lecteurs d'ebooks existaient déjà pour des plateformes telles que Symbian ou Windows Mobile : c'est le cas de Mobipocket Reader ou de Microsoft Reader, qui ne déméritent pas sur les OS concernés. Néanmoins, depuis la sortie du Kindle d'Amazon et de l'iPad, on a pu voir débarquer une nouvelle vague d'applications sur lesquelles nous nous penchons dans ce test. Parallèlement à la tablette, Apple a dévoilé sa propre application, iBooks, associée à une nouvelle boutique en ligne, l'iBook Store, permettant d'acheter ou de télécharger gratuitement des ouvrages sur iPad, et désormais sur iPhone et iPod Touch depuis iOS 4.0. Les éditeurs déjà présents dans la catégorie n'ont pas tardé à réagir, et notamment Amazon dont l'application Kindle a été portée sur iPad (en plus des versions iPhone, Android et Blackberry déjà disponibles) et a récemment bénéficié de plusieurs mises à jour significatives. Entre ces deux concurrents, on trouve d'autres applications qui gagnent à être connues. C'est le cas de Stanza pour iOS et Aldiko pour Android. Voyons ce que ces 4 applications gratuites (mais parfois associées à un catalogue partiellement payant) ont à offrir pour leurs plateformes respectives.

Le point sur les DRM

Qui dit livre électronique dit, malheureusement, DRM dans la plupart des cas. Et si vous êtes nostalgiques de l'époque où acheter de la musique en ligne était un véritable calvaire en raison des multiples DRM incompatibles entre eux, préparez vous à un retour en arrière vous rappelant avec nostalgie vos premiers albums rendus illisibles. La situation des DRM dans l'édition électronique est tout simplement un sac de nœuds, déjà constaté sur les appareils dédiés. Comme nous l'avions déjà noté, il exite plusieurs formats de livres électroniques, dont le format ePub. Bien entendu, en ce qui concerne les œuvres payantes, ces formats utilisent des DRM incompatibles. Mais comme ça ne suffisait pas, Amazon est entré sur le marché avec son propre format pour son lecteur Kindle, que l'on retrouve également sur appareil mobile puisqu'une version de Kindle est disponible pour iPhone, iPod Touch, iPad et Android. Restait Apple, et si un vague espoir subsistait du fait de l'adoption du format ePub pour l'application iBooks, il a rapidement été balayé : comme pour la musique passé un temps et pour la vidéo, Apple utilise son propre DRM pour l'iBook Store ! On pourra lire des livres au format ePub et même PDF depuis la mise à jour 1.1, mais uniquement dépourvus de DRM !

Aldiko eBook Reader

Aldiko eBook Reader est en quelque sorte le Stanza d'Android, à savoir une application complète, personnalisable, soignée et basée sur plusieurs ressources de livres sans DRM, notamment Feedbooks. Le meilleur lecteur d'ebooks sur Android ? Voyons cela de plus près...

Offre et formats pris en charge

Aldiko se base essentiellement sur l'offre de FeedBooks, une ressource de livres électroniques libres de droit, et publiés au format ePub. On y trouve des nouvelles créations d'auteurs indépendants, ainsi que des classiques de la littérature tombés dans le domaine public, et ils sont nombreux, de Baudelaire à Shakespeare en passant par Edgar Allan Poe, Lewis Carroll, Victor Hugo ou Alexandre Dumas. Evidemment, si vous êtes passionné de littérature, il y a des chances que vous connaissiez déjà vos classiques sur le bout des doigts. Néanmoins, l'œuvre disponible gratuitement dans le domaine public est conséquente, et quelques autres ressources sont disponibles, comme le catalogue (payant cette fois ci) de l'éditeur de livres informatiques O'Reilly.

L'application prend en charge les livres au format ePub uniquement, et à condition qu'ils soient dépourvus de DRM. Il vous sera donc impossible d'utiliser Aldiko pour lire des livres ePub achetés sur le site de la Fnac. Si vous disposez d'autres livres dépourvus de DRM dans des formats différents (Mobi par exemple), vous pourrez utiliser une application comme Calibre pour les transformer en ePub.

Interface

Sans être aussi raffinée que celle d'iBooks sur iOS, l'interface d'Aldiko adopte la même approche « bibliothèque » (rappelons qu'Apple n'a rien inventé ici : le gestionnaire de bibliothèque Delicious Library proposait ce type d'interface depuis des années). La page d'accueil permet d'accéder au kiosque de téléchargement et à la liste des ouvrages présents dans la bibliothèque. Un panneau affiche également les lectures récentes avec, pour chaque livre, un indicateur de progression.

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Les options de classement sont complètes : par catégorie, par date de téléchargement, par date de lecture, par auteur ou encore par note (puisqu'il est possible d'attribuer une note à chaque ouvrage). On trouvera en plus une navigation par auteurs assez pratique, ainsi que la possibilité de créer ses propres catégories pour retrouver facilement ses livres préférés.
Le kiosque de téléchargement est très bien intégré : à condition de rester sur la ressource Feedbooks, tout est intégré à l'interface et vous pourrez naviguer dans le catalogue et télécharger les ouvrages sans quitter l'application. Certaines autres ressources nécessitent un aller/retour depuis le navigateur web, mais dans tous les cas, Aldiko peut être utilisé comme application par défaut pour lire le format ePub : une fois le téléchargement effectué, il vous sera donc très facile de revenir à l'application et d'ajouter automatiquement le fichier à votre bibliothèque.

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Quid de l'interface de lecture ? Celle-ci ne s'embarrasse pas de fioritures : les pages défilent à gauche ou à droite, et aucune interférence visuelle ne vient perturber la lecture : toutes les actions passent par le menu typique des applications Android. On aurait tout de même souhaité bénéficier de quelques gestes comme l'ajout d'un signet en touchant le bord de la page. En revanche il est possible, comme dans Stanza, d'affecter un des bords de l'écran pour régler la luminosité. Le passage par les menus rend également un peu plus pénible le réglage des polices, mais l'application propose dans ce domaine des possibilités aussi étendues que celles de Stanza. Il en va de même pour le mode nocturne, entièrement personnalisable, et accessible depuis un bouton du menu.

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Fonctionnalités

Pas de surprise au niveau des fonctionnalités mais un bémol par rapport à d'autres applications : Aldiko ne permet pas de surligner et d'annoter des passages. Ceci n'étant pas la fonctionnalité la plus essentielle (même si elle peut être utile dans un but de recherche), ça n'est pas dramatique. L'application se rattrape quelque peu dans ses fonctionnalités de recherche dans le texte, bien présentes, et dans le recours à un dictionnaire, en fait un lien vers Google Dictionnaire sur le terme recherché, ce dernier s'exécutant avec le navigateur par défaut (moins pratique que les autres applications qui permettent généralement de consulter la définition sans quitter le programme).

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On regrettera également l'absence de synchronisation entre différentes versions d'Aldiko. Dans la mesure où les tablettes Android ne sont pas encore légion, et que les personnes disposant de plus d'un smartphone ne courent pas non plus les rues, le logiciel se suffit davantage à lui-même et cette absence n'est donc pas trop pénalisante.

Notre avis :

Aldiko est une très bonne application de livre électronique, sans aucun doute le meilleur lecteur « indépendant » disponible sur la plateforme. L'intégration des ressources de téléchargement gratuit est remarquable, l'interface est agréable malgré un recours trop fréquent aux menus, et tout amateur de lecture se doit d'installer ce petit bijou gratuit. Néanmoins, sur certains points, il s'avère un petit cran en dessous d'un Stanza.

Aldiko eBook Reader

6

Les plus

  • Catalogue gratuit bien intégré
  • Interface agréable
  • Compatibilité ePub (sans DRM)

Les moins

  • Quelques oublis (notes...)
  • Pas de DRM, donc offre incomplète
  • Pas de synchronisation entre appareils

0

Ergonomie8

Fonctionnalités7

Richesse du catalogue8



Amazon Kindle

Fort du succès de son lecteur Kindle, notamment aux Etats Unis, Amazon propose également une application mobile Kindle, avec un sérieux avantage : elle est disponible sur les plateformes mobiles les plus en vue à l'heure actuelle : iOS, Blackberry et Android, avec en prime une application pour Windows et Mac OS X. Dans cet article, nous nous concentrerons exclusivement sur les versions iPhone/iPod Touch, iPad et Android.

Offre et formats pris en charge

D'emblée, l'application Kindle dispose d'un avantage certain sur ses concurrents : Amazon. Du moins, cet avantage en est surtout un pour les utilisateurs anglophones. Aux Etats Unis, le libraire en ligne a réussi à convaincre de nombreux éditeurs de proposer leur catalogue pour le lecteur, et donc également pour son application mobile. Conséquence : Kindle propose une offre pléthorique... Mais limitée à la langue anglaise. En effet, malgré la disponibilité du Kindle Store dans de nombreux pays, dont la France, aucune maison d'édition française ne propose le moindre livre pour le service ! Les anglophones seront néanmoins satisfaits : si l'offre n'est pas parfaite, elle est largement supérieure à l'équivalent de ce que l'on peut trouver en France sur des sites comme la Fnac ou de l'iBook Store d'Apple.

Conséquence fâcheuse en revanche, en ce qui concerne le format utilisé : Amazon a créé son propre format, et les livres achetés sur le Kindle Store ne pourront être utilisé qu'avec un Kindle « physique » ou avec l'application mobile. En outre, contrairement au Kindle « physique », l'application mobile ne gère que les livres achetés sur le Kindle Store, et pas les fichiers PDF et les livres au format Mobi.

L'application Kindle, contrairement à d'autres applications comme iBooks ou Stanza, n'intègre pas son propre kiosque de téléchargement : elle renvoie vers le site d'Amazon sur le navigateur de l'appareil mobile. C'est un peu moins bien intégré, mais au final assez transparent pour l'utilisateur : une fois le livre acheté sur Amazon, le navigateur renvoie automatiquement vers l'application Kindle où l'on peut télécharger et lire l'ouvrage acheté.

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Citons enfin une prise en charge réservée (pour l'instant ?) aux utilisateurs d'iOS : la lecture de livres accompagnés d'audio et de vidéo. Le Kindle Store commence à proposer des ouvrages de ce type, essentiellement des livres didactiques. La chose peut avoir son intérêt pour des recettes de cuisine ou des livres d'apprentissage d'un instrument.

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Interface

Globalement, l'interface de Kindle est semblable sur les différentes plateformes mobiles, en tenant compte des spécificités de chaque OS. Ainsi, la version iPhone regroupe l'essentiel des commandes en cours de lecture dans la traditionnelle barre d'icônes, alors que la version Android passe par le bouton Menu des téléphones. Sur iPad, on note également un usage des fenêtres « pop over ».

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Dans tous les cas, on trouve une barre de progression permettant de localiser la « distance » parcourue et de naviguer dans les pages, et la possibilité d'ajouter un marque-page en touchant le coin supérieur droit de la page en question. Quid des polices ? L'application Kindle ne laisse pas le choix de la police utilisée au lecteur : celle-ci dépend des ouvrages. En revanche, il est possible de choisir entre différentes tailles de police, et entre trois modes d'affichage : noir sur blanc, blanc sur noir et sepia. La luminosité est réglable et indépendamment de la luminosité générale.

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Dernier détail concernant uniquement la version iPad : celle-ci est dotée d'un effet « pages qui tournent », désactivé par défaut. Néanmoins, l'effet ralentit la lecture, et s'avère nettement moins fluide et agréable que celui que l'on trouve dans iBooks. On le laissera donc volontiers désactivé !

Fonctionnalités

Si l'interface des différentes versions de Kindle est semblable d'une plateforme à l'autre, les versions iOS et Android diffèrent plus nettement en ce qui concerne les fonctionnalités. Au risque de froisser les amoureux du système de Google, la version iOS semble obtenir les faveurs d'Amazon qui semble consacrer ses efforts, sans doute pour contrer plus efficacement iBooks. Ainsi les deux dernières mises à jour de Kindle pour iPhone/iPod Touch et iPad ont vu arriver plusieurs nouveautés majeures. La première est l'ajout de la prise en charge de l'audio et de la vidéo dans les livres, comme nous l'avons vu précédemment. La seconde réside dans l'intégration de l'Oxford American Dictionary. Ce dictionnaire propose des définitions à la demande, au surlignage d'un mot. Les définitions sont en anglais : il ne s'agit pas d'un dictionnaire de traduction bilingue. Néanmoins, pour les utilisateurs qui comptent lire des livres anglophones pour perfectionner leur compréhension de la langue, il est justement plus que recommandé de recourir à un dictionnaire de définition et non de traduction.

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Les différences ne s'arrêtent pas là : s'il est possible d'ajouter des marque-pages dans les deux versions, seule la version iOS permet de surligner et d'annoter des passages. Il est néanmoins possible de lire ces notes dans la version Android. Ceci nous amène à la fonctionnalité qui fait tout l'intérêt de Kindle : la synchronisation entre les différentes versions du logiciel. A partir de votre compte Kindle, vous pouvez télécharger les livres déjà achetés sur tous les appareils Kindle que vous déclarez. L'application synchronise les marque-pages, les notes ou la position atteinte. Vous pouvez donc commencer à lire un livre sur un iPad et le continuer sur un smartphone, ou sur votre Kindle. On touche là à l'une des avancées intéressantes du livre électronique : le texte devient un contenu dont on peut disposer sur plusieurs supports.

Terminons par la recherche : là encore, elle est malheureusement absente de la version Android. Sur iPhone/iPod Touch ou sur iPad, par contre, on pourra rechercher un mot ou une expression dans un ouvrage, l'application trouvant toutes les occurrences. Comme pour le dictionnaire, on peut également lancer une recherche de ce mot sur Google ou Wikipedia, mais uniquement dans la version iPad.

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Notre avis :

Sur un plan purement technique, l'application Kindle d'Amazon est une réussite et un très bon compromis entre simplicité d'utilisation et fonctionnalités. Sa présence sur 3 plateformes mobiles différentes en fait une très bonne solution pour les utilisateurs jonglant entre iOS, Android et Blackberry (voire avec un « vrai » Kindle). Néanmoins, il faut bien avouer qu'elle n'a d'intérêt que pour les anglophiles et les expatriés : l'offre en version française est quasiment inexistante à l'exception d'ouvrages du domaine public. En outre, on se heurte, comme souvent, à des tarifs bien trop élevés par rapport au support papier.

Amazon Kindle App

6

Les plus

  • Multi plates-formes
  • Synchronisation entre les appareils
  • Catalogue payant très riche...

Les moins

  • ... Mais essentiellement anglophone !
  • Version Android en retrait
  • Format de DRM propriétaire

0

Ergonomie8

Fonctionnalités8

Richesse du catalogue9



Apple iBooks

iBooks est le lecteur de livres électronique d'Apple. Initialement destiné à accompagner l'iPad, il s'est ouvert à l'iPhone depuis iOS 4. Au menu : une interface séduisante, un magasin en ligne pratique et ouvert, contrairement au Kindle Store, aux maisons d'édition françaises...

Offre et formats pris en charge

Sans surprise, le lecteur d'ebooks d'Apple dispose de son propre kiosque de téléchargement en ligne. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, néanmoins, cette boutique est intégrée à l'application et ne constitue pas une section de l'iTunes Store. Disons-le tout de suite : le catalogue est encore très loin d'être conséquent. Dans les points positifs, on notera tout de même la présence de maisons d'édition françaises, ce qui rend le lecteur déjà plus attractif pour un public non anglophone. Néanmoins, la quantité des ouvrages disponibles est encore réduite, et il suffit de jeter un œil à la liste des auteurs présents pour se rendre compte... qu'on en a très vite fait le tour ! Un exemple amusant pour la route : le rayon « Z » n'inclut que deux auteurs : Emile Zola et Eric Zemmour ! Comme le Kindle Store, l'iBook Store propose à la fois des ouvrages payants et des classiques du domaine public en version gratutite.

Quid des formats ? Apple a adopté le format ePub pour son lecteur... mais avec une variante plutôt gênante : le DRM utilisé n'est pas celui d'Adobe, mais le Fairplay d'Apple ! En conséquence, iBooks ne pourra pas lire les livres électroniques au formats ePub achetés sur des sites comme Fnac.com. En revanche, vous pourrez lire des livres dépourvus de DRM dans ce format, ainsi que des documents PDF (là encore non protégés) depuis l'application. Le transfert s'effectue alors via iTunes.

Précisons enfin que la version 1.1.1 se met à la page au niveau de l'intégration d'audio et de vidéos dans les livres. Néanmoins, les ouvrages compatibles avec cette fonctionnalité sont encore inexistants à l'heure où nous écrivons ces lignes.

Interface

L'interface d'iBooks est très léchée mais sa présentation sous forme de bibliothèque, disons le franchement, a tout de même de sérieux airs de Delicious Library ou de Classics, une des premières applications de livre électronique sur iPhone, qui proposait quelques classiques de la littérature anglo-saxonne, dans une interface très semblable. Si la vue bibliothèque vous fatigue, et on peut comprendre que son charme ne soit que passager, iBooks propose une vue plus traditionnelle sous forme de liste. Celle-ci est assez propre et permet un classement par titre, auteur ou catégorie. En revanche elle est un peu sommaire et on aurait souhaité, par exemple, une séparation entre les différents auteurs avec une barre de défilement alphabétique, façon iPod ou carnet d'adresses. Ici, on doit se contenter d'une simple réorganisation de la liste : pas très pratique lorsque l'on a de nombreux ouvrages.

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Si l'application Kindle a une manière assez peu raffinée de vous envoyer sur le Kindle Store via votre navigateur web, Apple a fait les choses avec une certaine élégance : un appui sur le bouton Store et la bibliothèque se retourne pour révéler une boutique ! Celle-ci propose une ergonomie, sans surprise, calquée sur l'iTunes Store avec les habituelles sélections thématiques, les tops des ventes (en payant et en gratuit) ainsi qu'une navigation par auteurs (avec là encore une distinction gratuit/payant plutôt étrange puisque certains auteurs figurent dans les deux !)

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L'interface de lecture fait également dans le feutré : zoom sur la couverture du livre à l'ouverture et à la fermeture, pages qui se tournent avec fluidité et réactivité (à moins d'utiliser un iPhone 3G, auquel cas l'application est tout simplement inutilisable), Apple a soigné sa copie ! Trop même, car on se demande vraiment l'intérêt d'afficher les bords du faux livre. On mettra cela sur le compte d'un souci esthétique un peu gratuit. On notera au passage que basculer l'affichage en mode paysage permet de visualiser deux pages côte à côte (dans Kindle ou Stanza, seule la largeur du texte change)

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En ce qui concerne les polices, iBooks permet de régler leur taille mais également de choisir entre plusieurs types de caractères : Baskerville, Cochin, Georgia, Palatino, Times New Roman et Verdana (l'idée de lire un livre dans cette dernière police nous échappe quelque peu). On disposera également d'un réglage de luminosité (qui règle la luminosité globale de l'appareil, contrairement à Kindle) , et d'une option Sépia, mais pas de mode « nocturne ». Les utilisateurs de l'application sur iPhone 4 bénéficieront quant à eux de la prise en charge du « Retina Display » de l'appareil pour le plus grand bonheur des yeux : l'écran du téléphone se prête merveilleusement bien à la lecture de livres électroniques. A quand le même sur iPad ? (le moins vite possible, répondront les acheteurs de la première version...)

Fonctionnalités

Si iBooks était relativement limité dans sa version 1.0, les dernières mises à jour de l'application ont corrigé la plupart des oublis pour remettre iBooks au niveau de Kindle. Ainsi, la version 1.1 permet d'ajouter des notes sur une sélection de texte, là où seul le surlignage était possible à l'origine. Là encore Apple n'a pas pu s'empêcher d'imiter un surlignage au feutre et l'ajout d'un petit « post it » jaune (avec une police Comic Sans, pour que le kitsch soit complet). Comme Kindle (et avant ce dernier d'ailleurs), iBooks intègre un dictionnaire. Malheureusement, celui-ci ne sera d'aucune utilité pour les ouvrages francophones puisqu'il s'agit d'un dictionnaire de langue anglaise ! Dommage car son intégration est réussie, notamment sur iPad où il se manifeste sous la forme d'une « pop over » directement attachée au mot recherché.

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Suite à la sortie de l'application pour iPhone et iPod Touch, Apple a également ajouté l'indispensable fonctionnalité de synchronisation entre les deux versions. Les marque-pages, notes et autres surlignages sont synchronisés, et il est évidemment possible de re-télécharger les ouvrages achetés sur un appareil. En revanche, cette dernière fonctionnalité semble avoir des ratés : elle ne fonctionnait pas au moment de notre test.

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Enfin, la recherche d'un mot ou d'une expression fait également partie des fonctionnalités d'iBooks, avec un mode opératoire similaire à celui de Kindle, avec la même possibilité d'étendre la recherche à Google ou Wikipedia. Pour cette dernière possibilité, la version iPhone propose actuellement un avantage : le multi-tâche de l'iOS4 qui permet de basculer vers Safari, mais sans quitter complètement l'application.

Notre avis :

iBooks ressemble indéniablement à Apple : d'un côté un souci du détail indéniable (même un peu surfait, certains effets étant gratuits), et de l'autre un fonctionnement en vase clos, avec un DRM propriétaire et une boutique en ligne intégrée (même s'il est possible de lire des documents ePub et PDF non protégés par DRM). L'application a su corriger ses quelques défauts depuis la version 1.1, et les possesseurs d'iPad et d'iPhone ou iPod Touch apprécieront la possibilité de synchroniser les différentes versions. Reste que le catalogue de l'iBook Store, même s'il a le mérite de proposer des œuvres francophones, y compris d'auteurs actuels, est encore très réduit, et les prix des ouvrages souvent élevés pour des versions dématérialisées.

Apple iBooks

6

Les plus

  • Boutique en ligne intégrée
  • Synchronisation entre iPad et iPhone
  • Compatible ePub et PDF (sans DRM)

Les moins

  • Incompatible avec les autres DRM ePub
  • Catalogue encore limité en France
  • Interface léchée mais un peu gratuite

0

Ergonomie7

Fonctionnalités8

Richesse du catalogue7



Stanza

Hormis les deux ténors que sont iBooks et Kindle, une troisième application de livre électronique tire son épingle du jeu : Stanza ! Nettement plus orientée vers les livres libres de droit et sans DRM, elle propose un degré de personnalisation intéressant et quelques originalités.

Offre disponible et formats pris en charge

Stanza se distingue d'emblée de ses concurrents par une approche radicalement différente en ce qui concerne les DRM : l'application ne prend en charge aucun format associé à des DRM ! En revanche, elle accepte sans problème les livres au format ePub non protégés ainsi que les documents PDF.

Cette démarche privilégiant l'ouverture et (dans certains cas) la gratuité se retrouve également dans l'intégration des ressources permettant de télécharger des ouvrages. Ainsi, Stanza permet d'accéder en quelques tapotis à l'ensemble du catalogue du projet Gutenberg, ainsi qu'au catalogue, également libre de droits, de Feedbooks. Mais ce n'est pas tout puisqu'en plus de ces deux ressources, on trouve des liens vers différents catalogues, gratuits ou payants, permettant de télécharger des classiques dans le domaine public mais également des ouvrages tels que les livres de l'éditeur O'Reilly (ces derniers sont payants). Quelques sections sont d'ailleurs plutôt bien pensées, telles qu'une ressource regroupant tous les classiques ayant fait l'objet d'une adaptation en film. Il faudra néanmoins faire attention en ce qui concerne les auteurs français : ces derniers sont souvent présents dans leur version d'origine mais aussi en traduction anglaise.

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Il est enfin possible d'importer ses propres fichiers PDF ou ePub, via le module de synchronisation d'iTunes : dans l'onglet Applications, Stanza s'ajoute à la liste des applications permettant le transfert de fichiers. Vous n'aurez qu'à ajouter ceux que vous souhaitez copier, ou au contraire enregistrer des fichiers présents sur l'iPhone ou l'iPad vers le disque dur de votre PC ou Mac.

Interface

L'interface de Stanza brille par sa clarté. Ici, pas de belle bibliothèque en chêne massif mais une liste claire et bien conçue, que l'on peut ranger par titres, auteurs, ou groupes. En ce qui concerne les auteurs, on se réjouira de trouver ce que l'on cherchait dans iBooks et, dans une moindre mesure, dans Kindle : une vue affichant les auteurs comme les artistes d'un baladeur MP3. Pour chaque auteur, le nombre d'ouvrages disponibles est affiché. Un tapotis sur un auteur et la liste de ses œuvres s'affiche. On notera un autre détail : la présence, à côté de chaque livre, d'un pictogramme indiquant l'état d'avancement. La version iPhone/iPod Touch (mais pas iPad, étrangement) dispose en outre d'une vue Cover Flow lorsque l'appareil est en mode paysage. En ce qui concerne le rangement des livres, une fonctionnalité absente d'autres applications est présente : la possibilité de créer des « collections », en fait un moyen de regrouper plusieurs livres dans un dossier personnalisé que l'on retrouvera facilement dans la vue Groupes.

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L'interface de lecture est sobre et n'a pas grand-chose à envier à celle de ses concurrents : la version iPhone bénéficie du « Retina Display » de l'iPhone 4 dans la dernière mise à jour de l'application. On bénéficiera ainsi de polices impeccables ! On retrouve également des effets de pages tournantes, mais ceux-ci peuvent être désactivés ou remplacés par un simple balayage.

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On en vient à la grande force de l'interface de lecture de Stanza : elle est entièrement personnalisable. De la taille du texte aux polices en passant par la justification, les césures, l'espacement des lignes, l'espacement des paragraphes ou encore l'indentation, il est possible d'adapter complètement la mise en forme du texte à sa guise. Cette personnalisation touche aussi le mode nocturne : non seulement celui-ci est présent et peut être activé via un bouton de la barre d'icônes, mais il bénéficie en outre de différents thèmes. Pour régler la luminosité de l'affichage, ça n'est pas forcément évident, mais il suffit de glisser le doigt vers le haut ou vers le bas !

Fonctionnalités

Rien à redire non plus sur le plan des fonctionnalités, où Stanza se montre à la hauteur. On retrouve ainsi la possibilité de surligner ou d'annoter des passages, ou d'obtenir la définition d'un mot dans le dictionnaire. Une fois de plus cette dernière fonctionnalité est réservée à l'anglais, mais l'originalité de Stanza est de combiner les ressources de plusieurs dictionnaires libres de droit, tels que Wordnet ou le Collaborative International Dictionary of English, mais aussi des ressources plus originales comme le Bible Dictionary (utile pour expliciter les termes ou références... bibliques) ou le Dictionnaire du Diable, un ouvrage satirique écrit au début du siècle par Ambrose Bierce, qui regorge de définitions politiquement incorrectes.

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La recherche est également de la partie, avec là encore la possibilité de trouver toutes les occurrences d'un mot ou d'une expression dans un ouvrage donné. En revanche, il manque à Stanza une fonctionnalité qui en ferait un petit bijou : la synchronisation entre les différentes versions de l'application. En l'état, il est donc impossible de retrouver ses notes et surtout ses états d'avancement entre plusieurs appareils.

Notre avis :

Si vous vous limitez à des classiques du domaine public et à des publications indépendantes, Stanza est une excellente application, regorgeant de trouvailles, et proposant de nombreuses ressources de téléchargement de livres gratuits, qui plus est très bien intégrées à l'interface. Ne manque vraiment que la synchronisation et quelques progrès en matière de stabilité pour en faire une application indispensable.

Stanza

8

Les plus

  • Catalogue gratuit bien intégré
  • Entièrement personnalisable
  • Compatible ePub et PDF (sans DRM)
  • Dictionnaires originaux

Les moins

  • Pas de synchronisation iPad/iPhone
  • Quelques plantages à déplorer
  • Fermé aux catalogues avec DRM
  • (On aimerait TOUT lire avec Stanza !)

0

Ergonomie9

Fonctionnalités8

Richesse du catalogue8



Conclusion

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Arrivé au terme de ce tour d'horizon des lecteurs d'ebooks pour appareils mobiles, le constat qui s'impose est toujours le même lorsqu'on évoque le sujet. Si en théorie, le livre électronique, sans remplacer son « ancêtre » papier, propose quelques avantages, cette théorie est démolie par plusieurs freins, toujours les mêmes. Le premier est l'incompatibilité des DRM entre eux, voire la présence de DRM dans son ensemble. Les DRM ont empoisonné le développement de la musique en ligne, n'apportant que des inconvénients pour l'utilisateur, sans faire preuve de la moindre efficacité dans la lutte contre le piratage. Il est regrettable que les autres industries de contenu n'aient pas encore franchi le pas, tardif, de l'industrie du disque qui a fini par proclamer leur obsolescence.

Le second frein est le prix des ouvrages payants, franchement pas avantageux par rapport à une édition papier. Là encore, l'histoire se répète : les albums dématérialisés sont à peine moins chers que des CD Audio ou des vinyles, et les films en téléchargement sont parfois plus chers qu'un DVD, sans les bonus et sans la VO. Ici, le son de cloche n'est guère différent : des livres que l'on trouve au format poche en librairie sont vendus au prix fort en ligne ! Sans compter que les catalogues sont encore largement en retard : on estime à environ 50 000 le nombre d'ouvrages numérisés par les maisons d'édition françaises (contre 600 000 sur le Kindle Store américain d'Amazon !). Apparemment, la tendance commencerait à bouger : une bonne partie des livres prévus pour la rentrée littéraire serait disponible en version numérique.

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Ceci étant dit, quid des applications testées ? Dans l'ensemble, sur un plan purement technique, nous avons été séduit par la totalité d'entre elles. Notre préférence personnelle va cependant à Stanza sur iOS, qui fait preuve d'un peu plus d'originalité dans ses fonctionnalités que Kindle et iBooks (dictionnaires parfois insolites, possibilité de créer des catégories, personnalisation complète de la mise en page...). Il manque quelques petits détails à Aldiko sur Android pour se hisser au même niveau, mais l'application ne démérite pas pour autant. Kindle et iBooks jouissent quant à eux de l'expérience et du catalogue payant d'Amazon et Apple. Néanmoins, à l'heure actuelle, celui d'Amazon ne concerne que les lecteurs anglophones, et celui d'Apple se calque sur les maisons d'édition françaises (en plus des classiques libres de droit que l'on trouve sur les deux boutiques), avec la quantité très limitée d'ouvrages qui s'en suit. De leur côté, Stanza et Aldiko ne prennent en charge aucun DRM, et se ferment donc à ces catalogues commerciaux (jusqu'à ce que les DRM tombent enfin ?), mais mettent en valeur un catalogue libre de droit particulièrement bien intégré dans les deux cas, et riche de nombreux classiques de la littérature que l'on gagne toujours à découvrir ou redécouvrir.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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