Test Kingston FURY Renegade 4 To : un SSD aux très bonnes performances et à l'endurance encore meilleure

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
17 août 2022 à 17h15
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Kingston FURY Renegade © Kingston
© Kingston

Quelques semaines après le test du KC3000, nous nous penchons sur le cas d’un nouveau SSD signé Kingston. Mais alors que le KC3000 est plutôt tourné vers les professionnels, ce FURY Renegade est un modèle que le fabricant destine davantage aux joueurs, sur la PlayStation 5 de Sony notamment. Cela dit, sur un strict plan technique, les différences semblent fort peu nombreuses.

Kingston FURY Renegade PCIe 4.0
  • Performances au top
  • Endurance remarquable
  • Bonne efficacité du cache
  • Jusqu'à 4 To de capacité
  • Garantie de 5 ans
  • Tarification élevée
  • Attention à la chauffe
  • Flou autour des composants

Il est toujours amusant de noter comme le marketing tient à peu de choses. En effet, pour vendre son KC3000, Kingston met l’accent sur la technologie PCI Express 4.0, la présence d’un dissipateur au graphène, un format compact et de larges capacités. Autant d’arguments qu’il reprend aujourd’hui pour le FURY Renegade, mais alors que pour le premier il s’agit de garantir « l’amélioration du flux de travail », cela procure « une expérience de jeu exceptionnelle » dans le second cas.

Fiche technique Kingston FURY Renegade PCIe 4.0

Conception

Format
M.2
Interface
M.2 - PCI-E 4.0 4x
Type de mémoire Flash
TLC (Triple-Level Cell)
NVME
Oui
Contrôleur
Phison PS5018-E18
NAND Flash
NAND 3D (176 couches)
PCB
Double face
Livré avec dissipateur thermique
Oui
Température opérationnelle max
70°C
Logiciel compagnon
Kingston SSD Manager
Garantie constructeur
5année(s)

Performances

Capacité de stockage
4TB
Endurance d'écriture
4 000TB
Vitesse de lecture
Jusqu'à 7,3 Go/s
Vitesse d'écriture
Jusqu'à 7 Go/s
IOPS
1000000
Compatible TRIM
Oui

Caractéristiques physiques

Hauteur
3,5mm
Largeur
22mm
Profondeur
80mm
Poids
9,7g
Kingston FURY Renegade © Nerces
Le packaging à nul autre pareil de Kingston © Nerces

Contrôleur Phison PS5018-E18… à moins que ?

Vous l’aurez sans doute compris à la lecture de notre introduction, les différences entre les gammes KC3000 et FURY Renegade sont pour le moins subtiles. Elles existent toutefois et nous pouvons en remarquer quelques-unes dès l’ouverture du packaging si particulier des produits Kingston. En effet, alors que le KC3000 arbore un dissipateur au graphène presque uniformément noir, celui du FURY Renegade est davantage décoré. Reste que dans un cas comme dans l’autre, Kingston se contente de ces mini-dissipateurs dont on sait qu’ils sont insuffisants. Dommage.

Kingston FURY Renegade © Nerces
Kingston FURY Renegade © Nerces

Le FURY Renegade dispose de puces sur les deux faces, mais d'un seul dissipateur au graphène © Nerces

Techniquement, le FURY Renegade est donc, comme son « petit frère », un SSD NVMe M.2 au format « 2280 ». Vous le savez sans doute, mais ces quatre chiffres sont simplement là pour confirmer ses dimensions : 22 mm de large pour 80 de long, tout ce qu’il y a de plus standard. Notez toutefois que sur les modèles 2 et 4 To du FURY Renegade, il faut faire avec une épaisseur de 3,5 mm quand les versions 512 Go et 1 To se contentent de 2,9 mm. Une différence simplement liée au fait que les plus grosses capacités disposent de puces sur les deux faces du PCB.

Kingston FURY Renegade © Nerces
Kingston FURY Renegade © Nerces

Une finition remarquable pour un SSD haut de gamme © Nerces

Notons d’ailleurs la présence d’un seul dissipateur au graphène, sur la face la plus chargée du SSD. Celle-ci intègre d’abord le contrôleur. Il s’agit d’un modèle Phison E18 – sans doute le PS5018-E18 – mais, bizarrement, Kingston ne le précise pas. En réalité, le fabricant semble prendre plaisir à entourer les composants utilisés d’un voile de mystère. Il ne détaille pas la puce de cache de DRAM installée – sans doute une 2 Go – et il n’évoque que des puces de « 3D TLC » pour constituer nos 4 To de capacité. Il semble employer des puces de son cru, en 176 couches.

Kingston FURY Renegade © Kingston
Le FURY Renegade accompagne merveilleusement la PlayStation 5... dont il égale presque le prix ! © Kingston

Débits en lecture / écriture et échauffement

Configuration de test

  • Carte-mère : Asus ROG Maximus Z690 Hero
  • Processeur : Intel Core i9-12900K
  • Mémoire : Kingston Fury DDR5-4800 CL38 (2x 16 Go)

  • Carte graphique : ASUS TUF RTX 3080 Gaming OC
  • SSD « système » : Kingston KC3000 2 To
  • Refroidissement : ASUS ROG Ryujin II 360
  • Refroidissement SSD : be quiet! MC1
  • Alimentation : ASUS ROG Strix 850G
Kingston FURY Renegade © Nerces
Ne reste plus qu'à le coiffer du be quiet! MC1 avant de lancer les tests © Nerces

En conservant le PCI Express 4.0 et le contrôleur Phison PS5018-E18, il est clair que Kingston cherche à bien figurer, mais sans bouleverser le monde du SSD NVMe. Le fabricant affiche 7,3 Go/s et 7 Go/s en lecture et écriture séquentielle, des valeurs dignes des meilleurs.

En revanche, soulignons une endurance en écriture encore plus élevée que sur le KC3000, pourtant très solide à niveau : notre SSD de 4 To est certifié pour 4 000 To ! La chose s’accompagne d’une garantie de 5 ans alors que, selon la formule consacrée, la prise en charge s’interrompt au premier des deux termes échus.

Kingston FURY Renegade © Nerces
Débits mesurés avec ATTO Disk Benchmark © Nerces

Vous en avez l’habitude, notre premier test repose sur le logiciel ATTO Disk Benchmark que nous apprécions pour sa faculté à présenter des résultats détaillés en fonction de la taille des fichiers. Compte tenu des composants embarqués, il n’est pas surprenant de remarquer des débits pratiquement identiques entre le KC3000 et le FURY Renegade.

Notre cobaye du jour se classe donc lui aussi parmi les meilleurs jamais passés entre nos mains sur des fichiers de 512 octets avec 75 / 88 Mo/s en lecture / écriture. Là encore, le bilan est un peu moins rose sur les plus gros fichiers et nous avons par exemple du mal à retrouver les 7,3 Go/s vantés par Kingston. Cela dit, avec 6,42 / 6,45 Go/s respectivement en lecture et en écriture, le FURY Renegade reste dans le peloton de tête.

Kingston FURY Renegade © Nerces
Kingston FURY Renegade © Nerces

Mesures (débits et IOPS) réalisées avec CrystalDiskMark sur des fichiers de 1 Go © Nerces

Le passage à CrystalDiskMark ne permet pas encore de retrouver les valeurs avancées par Kingston, même si nous nous en rapprochons. En écriture séquentielle, l’écart est pour ainsi dire nul (6,9 Go/s vs 7 Go/s), mais en lecture séquentielle, on est toujours un peu éloigné des 7,3 Go/s du fabricant : nous plafonnons à 7 Go/s, ce qui le place au même niveau que le KC3000.

Jusqu’à présent, les deux SSD de Kingston proposent des performances quasi identiques. Surprise cependant en passant aux tests aléatoires. On garde un débit similaire en écriture (autour de 350 Mo/s), mais l’écart se creuse nettement en lecture aléatoire sans que l’on ait d’explication : le KC3000 délivre plus de 80 Mo/s quand le FURY Renegade se limite à 65 Mo/s. Étrange.

Kingston FURY Renegade © Nerces
Kingston FURY Renegade © Nerces

Mesures (débits et IOPS) réalisées avec CrystalDiskMark sur des fichiers de 64 Go © Nerces

Suite aux commentaires avisés de certains lecteurs, nous avons décidé de présenter d’autres valeurs des tests que nous menons sur les différents logiciels de mesure. Ainsi, CrystalDiskMark est en plus utilisé pour vérifier les opérations d’entrée-sortie par seconde (les fameuses IOPS) et nous doublons les tests en 1 Go avec des tests en 64 Go.

Pour être honnête, nous n’avons que rarement enregistrés de différences entre les mesures en 1 Go et celles en 64 Go, surtout sur les SSD les plus récents. Certains modèles « économiques » affichent toutefois des écarts notables. Pour les IOPS, il nous faudra multiplier les mesures avec d’autres SSD, mais sachez que le FURY Renegade compte parmi les plus performants.

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Débits observés en écriture sur une copie « simple » via l'explorateur de Windows © Nerces

Comme pour chaque test de SSD, nous avons pris l’habitude de vérifier le bon fonctionnement du produit « au quotidien ». Il est pour cela utilisé comme unité système sur notre PC et se trouve alors employé sur des tâches de bureautique, de la retouche photo, du jeu vidéo… Nous vous présentons le résultat de ces tâches avec un petit test de copie de fichiers via l’explorateur de Windows.

Il est amusant de noter que nous obtenons avec le FURY Renegade des résultats strictement identiques à ceux du KC3000. L’écriture de plus de 200 Go de données se fait à 2,82 Go/s quand la lecture de ces données permet de flirter avec les 3,3 Go/s. Deux valeurs qui placent notre cobaye du jour parmi les meilleurs SSD actuellement sur le marché.

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Test d'écriture sur la totalité du SSD avec AIDA64 © Nerces

Nous terminons une fois encore nos mesures de performances avec l’étude de la question du cache disque. Pour ce faire, nous faisons confiance au test d’écriture linéaire d’AIDA64 sachant que les blocs sont configurés sur 8 Mo : le test vient saturer l’intégralité du SSD et nous rend compte de la plus petite chute de débit signe que le cache, débordé, ne fait plus correctement son office.

À ce petit jeu, le FURY Renegade est moins à son aise que le KC3000, mais ce dernier était un modèle 2 To quand nous testons aujourd’hui une version 4 To. Sur les premiers 40% de sa capacité, le FURY Renegade est irréprochable (stable à 4,9 Go/s), mais les débits baissent ensuite même s’ils restent stables à 1,2 Go/s. Ils sont ainsi très proches de ceux du Corsair MP600 Pro XT 2 To et on observe la même remonté en fin de test, autour de 3,5 Go/s. Inférieures à celles du KC3000, les performances restent excellentes.

Kingston FURY Renegade © Nerces
Relevé des températures à gauche au repos et, à droite, en charge © Nerces

Comme tous les SSD NVMe PCI Express 4.0, le FURY Renegade est un produit qui chauffe. Kingston ne s’en cache pas et l’affuble d’un tout fin dissipateur au graphène qui semble pouvoir être suffisant dans un boîtier parfaitement ventilé. Pour notre test, nous avons coiffé le FURY Renegade du dissipateur be quiet! MC1 qui nous sert à comparer tous les SSD.

Ainsi équipé, le FURY Renegade n’est entaché d’aucun throttling, mais à la manière de ce que nous avions observé sur le KC3000, le test d’écriture sous AIDA64 le met à rude épreuve. Là, nous atteignons – sans jamais les dépasser cependant – les 65°C. Il ne faut pas nier l’échauffement du SSD, mais il n’y a rien d’horrifiant compte tenu de ses performances.

Kingston FURY Renegade © Nerces
Le panneau principal d'informations du Kingston SSD Manager © Nerces

Avant de conclure, il nous faut faire un petit tour du côté de l’application compagnon développée par le fabricant, le Kingston SSD Manager. Inutile de tourner autour du pot, si le programme fait honorablement le job, on reste loin de logiciels aboutis comme peuvent nous fournir des entreprises telles que Samsung (Magician) ou Western Digital (Dashboard).

Kingston FURY Renegade © Nerces
Kingston FURY Renegade © Nerces

L'outil manque de quelques options évoluées, mais assure malgré tout l'essentiel © Nerces

Le SSD Manager de Kingston est une application un peu fruste, doté d’une interface ancienne mode et dont les outils sont assez limités. Il n’est par exemple pas question d’avoir un outil pour constater les performances du SSD ou vérifier, sur la durée, sa température. Il reste cependant possible de voir son ’échauffement à l’instant T et de mettre à jour le micrologiciel. Une sorte de minimum syndical.

Kingston FURY Renegade © Kingston
Sans doute l'un des meilleurs SSD NVMe M.2 du moment © Kingston

Kingston FURY Renegade, l’avis de Clubic

Kingston FURY Renegade PCIe 4.0

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Alors que l’on attend les premiers SSD PCI Express 5.0 de la marque, Kingston préfère encore capitaliser sur le succès de ses très bons modèles PCI Express 4.0. Au regard des performances obtenues sur le FURY Renegade et sur l’endurance que le fabricant avance, on peut le comprendre. Sur ce dernier point, Kingston n’a pas de concurrent sur ce segment du marché.

Côté performances, le bilan est un tout petit peu moins bon, mais on reste dans le petit groupe de tête et il n’y a clairement pas à se plaindre. On apprécie bien sûr la garantie de 5 ans et la fourniture d’un fin dissipateur au graphène, mais ce dernier sera malgré tout insuffisant sur les travaux soutenus. Enfin, impossible de ne pas regretter le relatif flou autour des composants embarqués et une tarification sans doute justifiée, mais limite nettement le public du FURY Renegade.

Les plus

  • Performances au top
  • Endurance remarquable
  • Bonne efficacité du cache
  • Jusqu'à 4 To de capacité
  • Garantie de 5 ans

Les moins

  • Tarification élevée
  • Attention à la chauffe
  • Flou autour des composants
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Pernel
Aucun intérêt sur PS5, sur PC c’est déjà rare d’en avoir besoin.
SPH
Heu, une grosse capacité sur PS5, c’est utile !<br /> Ainsi, on peut installer plus de jeux.
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