Test Kingston KC2500 : la sécurité avant les performances

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
10 août 2020 à 12h01
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Le vaste catalogue de SSD du fabricant américain Kingston s’étoffe encore un peu plus avec la sortie des KC2500. Une gamme complète de solutions NVMe pour laquelle Kingston met en avant des performances de « premier plan » et un penchant pour la protection des données.

De son vrai nom Kingston Technologies Company, Inc., Kingston est une société américaine bien connue dans le monde du stockage. Elle produit aussi bien des clés USB que des barrettes de mémoire vive ou des cartes SIM. Bien sûr, aujourd’hui ce qui nous intéresse ce sont ses SSD et, en particulier, son tout dernier modèle qui fait l’impasse sur le dispendieux PCIe Gen 4. Malgré cette limitation à la « génération précédente », le KC2500 n’est clairement pas le moins coûteux des SSD NVMe sur le marché : comment Kingston le justifie-t-il ?

PCB noir pour ce SSD NVMe au format « 2280 » © Nerces pour Clubic

Fiche technique du Kingston KC2500

Afin de s’adapter à différents types de scénario, le KC2500 nous arrive en réalité en quatre versions depuis le Petit Poucet et ses 250 Go jusqu’au plus costaud, le SKC2500M8 et sa capacité totale de 2 To avec, entre les deux, un modèle 500 Go et un autre à 1 To. C’est ce dernier produit que nous avons eu effectivement entre les mains pour ce test.

Le Kingston KC2500, c’est :

  • Format : NVMe M.2 2280
  • Interface : PCIe NVMe Gen 3 4x
  • Contrôleur : Silicon Motion 2262EN
  • Puces mémoire : Kingston TLC 3D sur 96 couches
  • Capacité : 250 Go, 500 Go, 1 To ou 2 To
  • Endurance annoncée en écriture : 150 To (version 250 Go), 300 To (version 500 Go), 600 To (version 1 To) ou 1 200 To (version 2 To)
  • Débits annoncés en lecture séquentielle : 3 500 Mo/s (toutes versions)
  • Débits annoncés en écriture séquentielle : 1 200 Mo/s (version 250 Go), 2 500 Mo/s (version 500 Go) ou 2 900 Mo/s (versions 1 To / 2 To)
  • Dimensions : 22 x 80 x 3,5 mm
  • Température opérationnelle : entre 0°C et 70°C
  • Logiciel : oui, Kingston SSD Manager
  • Prise en charge du Trim : oui
  • Garantie : 5 ans
  • Prix et disponibilité : déjà disponible, à 81,36 € (version 250 Go), 136,80 € (version 500 Go), 239,40 € (version 1 To) ou 478,80 € (version 2 To)

À la lecture de la fiche technique, le KC2500 ne semble être qu’un SSD NVMe de plus sur un marché très encombré. Pas particulièrement mauvais, il est toutefois sensiblement plus cher que ses concurrents PCIe Gen 3 et même que certains modèles Gen 4. Un point déroutant, et ce, alors même qu’il ne peut se prévaloir d’une endurance exceptionnelle ou d’une garantie hors-normes : les cinq ans proposés par Kingston sont en quelque sorte devenus la norme aujourd’hui.

Un emballage inhabituel pour un SSD NVMe © Kingston

Chiffrement XTS-AES 256-bit

Livré dans une de ces « pochettes » auxquelles nous sommes plus habitués pour des clés USB ou des cartes microSD par exemple, le KC2500 ne paie évidemment pas de mine. Au format M.2 dit « 2280 », il affiche des mensurations on ne peut plus classiques avec ses 22 millimètres de large pour 80 mm de long. Notons toutefois qu’il est sensiblement plus épais que ses concurrents avec 3,5 mm. Il est pourtant livré nu, sans le moindre dissipateur, mais cet embonpoint s’explique très rapidement : Kingston a placé quatre de ses puces mémoires sur le dos du SSD. On se retrouve avec des composants des deux côtés et, donc, une épaisseur plus importante.

Nous l’avons dit, Kingston n’a en revanche pas jugé bon de mettre en place un quelconque dissipateur thermique. Un choix qui se justifie par l’orientation davantage « entreprise » de son SSD NVMe. Cela dit, en réalité, Kingston ne distribue aucun de ses NVMe avec un dissipateur, même lorsqu’il s’agit de produits grands publics. Aux utilisateurs de faire attention à l’échauffement et à la protection de la bête, mais nous y reviendrons. En dehors de ces quelques commentaires, le KC2500 est un SSD classique si ce n’est, peut-être, la couleur - noire - de son PCB. Comme chez la plupart des concurrents, une étiquette est présente. Attention à ne pas la retirer, cela annulerait la garantie.

Kingston n'a pas jugé bon d'adjoindre un dissipateur à son SSD © Nerces pour Clubic

Une garantie qui s’établit comme chez les autres constructeurs à 5 ans. Notez toutefois que, comme toujours, la prise en charge par le fabricant s’arrête au premier des deux termes échus : la garantie de 5 ans ou l’endurance du SSD. Sur ce dernier point, Kingston déçoit un peu puisque son KC2500 va moins loin que la concurrence avec « seulement » 600 To d’écriture pour la version 1 To quand Corsair ou Sabrent propose trois fois cette capacité sur des modèles à des tarifs équivalents. Kingston semble pourtant utiliser un type de mémoire assez proche, de la NAND 3D TLC sur 96 couches estampillée Kingston et, vraisemblablement, fabriquée par Kioxia.

Kingston associe un contrôleur Silicon Motion 2262EN et annonce des performances dans la norme pour un modèles Gen 3 : 3,5 Go/s en lecture et 2,9 Go/s sur notre 1 To, mais un décrochage en écriture pour le 250 Go (1,2 Go/s). Terminons ce tour d’horizon avec un mot sur LA caractéristique qui distingue le KC2500. Il propose effectivement un chiffrement XTS-AES 256-bit automatique des données. Kingston précise qu’il va de paire avec des solutions de gestion de sécurité TCG Opal 2.0 (Symantec, McAfee, WinMagic…) et insiste sur la prise en charge de Microsoft eDrive. Autant d’éléments qui ne parleront pas au particulier, mais séduiront certains professionnels.

Au dos du KC2500, on retrouve plusieurs puces © Nerces pour Clubic

Débits en lecture / écriture et échauffement

Nous venons d’évoquer les débits officiellement annoncés par Kingston et il faut reconnaître qu’ils sont tout à fait conformes à que l’on attend d’un SSD NVMe PCIe Gen 3 aujourd’hui. Notons cependant que le décrochage du modèle 250 Go ne pourra faire l’objet d’un test dans la mesure où nous ne l’avons pas reçu. Prudence donc avec cette version.

Nous débutons avec le logiciel ATTO Disk Benchmark qui détaille les performances enregistrées en fonction de la taille des fichiers. Le KC2500 est moins à son aise avec les petits fichiers, mais notons que sur le 512 octets, il offre les meilleures performances étant le seul à dépasser les 42 Mo/s : par rapport à d'autres Gen 3, cela peut représenter des débits 25% supérieurs.

Dans le même ordre d’idée, il est l’un des plus rapides à atteindre sa vitesse de croisière dès que la taille des fichiers atteint 64 Ko. En revanche, sans surprise, il ne peut rivaliser avec les Gen 4 et plafonne à 2,2 Go/s en écriture pour 2,9 Go/s en lecture, un cran en-dessous des performances officielles.

Sur CrystalDiskMark, le KC2500 est davantage en phase avec les débits annoncés par Kingston, même si on est encore un ton en-dessous. On dépasse légèrement les 3,1 Go/s et les 2,4 Go/s en lecture et écriture séquentielle. La lecture et l’écriture aléatoires avec de nombreuses instructions en file d’attente ne lui réussissent guère. En revanche, il est le meilleur sur la mesure RND4KQ1T1 confirmant ses plutôt bonnes dispositions sur de petits fichiers… en tout cas par rapport aux autres.

Enfin, pour achever nos mesures, nous avons effectué une classique copie de fichiers sous Windows 10, l’idée étant de confirmer / infirmer les résultats obtenus précédemment. Rien à redire à ce niveau : le KC2500 ne peut rivaliser avec les modèles Gen 4 qui flirtent généralement avec les 2,4 ou même 2,5 Go/s. En revanche, il se situe dans la moyenne haute des modèles Gen 3 à être passés entre nos mains et s’installe de manière stable au-dessus des 1,7 Go/s.

Nous l’avons souligné au moment de présenter le SSD, Kingston destinant son KC2500 à des entreprises, il n’a pas pris soin de lui adjoindre un dissipateur. Une précaution qui nous semble toutefois indispensable. Ce SSD n’est pas le vilain petit canard en matière de gestion thermique, mais il chauffe malgré tout rapidement et d’à peine plus de 30°C au repos complet, il passe vite au-dessus des 65°C malgré la très bonne ventilation de notre boîtier. Au maximum de son activité, il plafonne autour des 74°C : pas d’effet de throttling à signaler, mais nous sommes au-dessus des recommandations opératoires de Kingston alors, encore une fois, que notre boîtier est très bien ventilé. Prudence donc.

L'esthétique de l'interface n'est pas une grande réussite © Nerces pour Clubic

L'interface « brute » du Kingston SSD Manager

Avant de conclure sur les qualités et les défauts du KC2500, il nous faut encore faire un petit tour du côté de l’applicatif livré par son fabricant. Le Kingston SSD Manager n’a rien de spécifique au KC2500 et il accompagne en réalité tous les SSD de la marque. Son interface peut paraître « brut de décoffrage », presque rudimentaire. Il vrai que nous sommes très loin du flat design cher à Apple, mais avec un avantage direct : toutes les fonctionnalités sont aisément identifiables avec, même, un cartouche dans la partie inférieure pour afficher en permanence les informations les plus importantes.

Le cartouche dans la partie inférieure affiche toutes les informations utiles © Nerces pour Clubic

C’est sur ce cartouche que l’on retrouve le détail des partitions dudit SSD et l’espace de stockage encore disponible. On y retrouve également les avertissements et un commentaire sur la santé générale du disque. Un indicateur de température et un décompte du temps de fonctionnement viennent compléter ce cartouche. Pour le reste, on a surtout droit à des fonctionnalités classiques afin, par exemple, de gérer la mise à jour micrologiciel. Aucun logiciel de mesure, aucune option un peu originale, mais comme sur la plupart des logiciels de la concurrence c’est la même chose, on ne s'en formalisera pas.

Un bon SSD plutôt destiné au monde de l'entreprise © Kingston

Kingston KC2500 : l’avis de Clubic

Sensiblement plus cher que les autres SSD NVMe passés entre nos mains, le KC2500 n’est finalement dépassé que par les modèles les plus modernes / les plus performants, les PCIe Gen 4, un monde auquel il n’appartient pas. Plus embarrassant, la marque Sabrent parvient à proposer des PCIe Gen 4 moins coûteux que le KC2500. Est-ce à dire que le dernier né de chez Kingston n’a aucun intérêt ? Non, bien sûr. D’abord, il nous faut souligner ses performances sur les petits fichiers qui le placent jusqu’à 25% au-dessus de ses concurrents. Ensuite, il faut surtout évoquer sa gestion du chiffrement des données. Il ne s’agit pas d’un point très intéressant pour un usage domestique. En revanche, dans le monde de l’entreprise cela s’intégrera très bien avec des solutions de gestion de la sécurité. Un produit intéressant qui ne destine clairement pas à M. Tout-le-monde.

Kingston KC2500

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Le KC2500 n'est ni le moins cher, ni le plus performant des SSD NVMe actuellement sur le marché. Il se montre en revanche plus à son aise que la majorité de ses concurrents sur les petits fichiers. Enfin, il se destine plus particulièrement au monde de l'entreprise avec sa gestion du chiffrement des données.

Les plus

  • Bonnes performances générales
  • Comportement sur les petits fichiers
  • Aucun throttling, même à +70°C
  • Garantie de 5 ans
  • Chiffrement XTS-AES 256-bit

Les moins

  • Tarif plus élevé que la moyenne
  • Limité au PCIe Gen 3
  • Puces de deux côtés
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