Dans l'industrie de l'intelligence artificielle, on prépare déjà les prochaines élections américaines, à savoir la présidentielle de 2028. OpenAI entend ainsi influer sur le discours politique à ce moment.

Parmi les sujets qui ont permis aux démocrates de triompher à l'occasion des élections de mi-mandat, on retrouve la question des data centers - qui créent de plus en plus d'opposition au sein du pays. Autant dire que du côté des entreprises de l'intelligence artificielle, on peut déjà craindre ce qui sera proposé lors des prochaines présidentielles de 2028. Raison pour laquelle une firme comme OpenAI commence déjà son lobbying.
OpenAI prévient les candidats qu'ils doivent trouver un discours médian entre une IA sans entraves et une régulation trop contraignante
On ne perd pas de temps du côté d'OpenAI, si l'on en croit des informations obtenues par Politico. D'après nos confrères américains, le top lobbyiste d'OpenAI, Chris Lehane (ancien porte-parole du vice-président Al Gore) s'active auprès d'hommes politiques. Il a ainsi envoyé un memo à une demi-douzaine de potentiels candidats et à des grands pontes du monde politique, pour discuter de cette question.
« Le candidat qui saura proposer une troisième voie convaincante, entre ceux qui laisseraient l’IA se développer sans aucune restriction et ceux qui souhaiteraient confier le contrôle de cette technologie à une élite autoproclamée, aura l’occasion de définir un nouveau contrat pour cette nouvelle ère » a-t-il ainsi défendu.
Laisser la Chine prendre la tête de la course à l'IA, une erreur similaire au « vote de 2002 en faveur de la guerre en Irak »
Son action de lobbyiste est particulièrement dirigée du côté des démocrates, qui sont ceux comptant les voix les plus critiques sur la façon dont la technologie se développe. Chris Lehane leur conseille ainsi de mettre de l'eau dans leur vie, et de plutôt mettre l'accent sur le fait que l'humain restera en contrôle au sommet de la technologie IA ou sur comment son développement pourrait rendre la vie plus abordable. Surtout, il agite la menace de la Chine.
« Un monde dirigé par les États-Unis sera très différent de celui où c’est le Parti communiste chinois qui donne le ton » prévient-il. Et pour bien marquer le menace, le lobbyiste fait appel à souvenir cuisant aux États-Unis. Le combat contre les data centers pourrait ainsi finir par faire dérailler l'industrie, ce qui « pourrait bien être la version 2028 du vote de 2002 en faveur de la guerre en Irak. » De quoi convaincre ?
Source : Politico