MariaDB lance ce mardi Enterprise Platform 2027, la dernière version de sa plateforme de base de données, pensée pour les agents IA. L'éditeur open source en profite pour dévoiler une nouvelle identité visuelle et affiche des performances en nette hausse.

Avec Enterprise Platform 2027, dévoilé ce mardi 3 novembre 2026, MariaDB veut devenir le socle sur lequel les entreprises bâtiront leurs agents IA, ces programmes capables d'enchaîner des tâches sans qu'on leur tienne la main. L'éditeur est né en Finlande sous l'impulsion du cofondateur de MySQL et s'est depuis installé entre la Californie et l'Irlande. Il promet plus de vitesse, une mémoire pour les agents et des données enfin réunies au même endroit. Pour marquer l'occasion, il s'offre aussi un sérieux coup de jeune.
Des agents IA mieux nourris, et qui gardent la mémoire
Un agent IA ne vaut que ce que valent ses données. Or, dans la plupart des entreprises, elles sont éparpillées entre plusieurs bases, un entrepôt, des outils de recherche et de transfert, des caches… Chaque passerelle entre ces briques ralentit l'ensemble, crée des décalages et ajoute un risque de panne. « Chaque système que vous ajoutez pour l'IA crée une nouvelle jonction, et les jonctions finissent par céder », résume Rohit de Souza, PDG de MariaDB.
D'où une série d'outils taillés pour ces nouveaux assistants, présents dans la version 2027 de l'Enterprise Platform de MariaDB. Parmi eux, AI Retrieval permet aux agents de puiser dans des documents et des données à jour. Il traduit une question posée en langage courant en requête de base de données, uniquement en lecture, sans rien pouvoir modifier. Agent Memory donne aux agents un carnet de notes qui survit d'une session à l'autre, pour reprendre une longue tâche là où ils l'avaient laissée. Et le Semantic Cache reconnaît une question déjà posée, même reformulée, et ressort la réponse plus vite et à moindre coût. Les développeurs ne sont pas oubliés, puisque des plugins glissent l'expertise maison dans des assistants de code comme Claude Code ou Codex, avec la promesse d'un code juste du premier coup.

Selon le cabinet IDC, l'usage des agents sera multiplié par dix d'ici 2027 dans les 2 000 plus grandes entreprises mondiales, donc autant dire que la pression ne va pas retomber tout de suite. La charge liée aux tokens (ou jetons en français, ces morceaux de texte que traitent les IA) et aux appels entre logiciels sera, elle, multipliée par mille. Pour suivre, MariaDB revendique un débit de pointe en hausse de 56 % par rapport à sa précédente version majeure. La recherche vectorielle, celle qui retrouve des contenus par le sens plutôt que par les mots exacts, traite jusqu'à 30 % de requêtes par seconde en plus. Le chiffre de débit vient d'un test mené par un cabinet tiers, mais financé par l'éditeur lui-même.
Une base de données qui voit plus grand
La stratégie de MariaDB consiste à partir de son cœur transactionnel, qui fait déjà tourner des systèmes critiques dans la banque, les télécoms, le commerce ou le secteur public. Deutsche Bank, Nokia et Samsung figurent d'ailleurs parmi ses clients. Plutôt que de copier les données ailleurs, son module Exa les analyse en direct. Sanjeev Mohan, analyste chez SanjMo, approuve, estimant que « les agents ont besoin d'une base solide qui ne cède pas sous leurs pieds ». Le patron, lui, enfonce le clou : « MariaDB est bien plus qu'une simple base de données. »
L'argument qui pèsera le plus est qu'il n'y a pas besoin de tout reconstruire. La plupart des entreprises « ajouteront des agents aux systèmes qui gèrent déjà leurs activités », prédit Devin Pratt, directeur de recherche chez IDC. La plateforme s'installe sur site, dans n'importe quel cloud ou en service géré. Grâce au clustering Raft, elle grandit plus facilement et résiste mieux aux pannes lorsqu'elle est répartie sur plusieurs régions du globe. Côté sécurité, les mêmes règles d'accès s'appliquent partout, et l'option BYOC permet de garder ses données là où on le souhaite. La norme de cryptographie FIPS 140-3 devrait aussi rassurer les organismes fédéraux américains et les secteurs réglementés. Le code reste ouvert, et MariaDB vérifie les contributeurs avant de livrer des versions renforcées.
Puis il y a ce nouvel habit pour MariaDB, avec un logo redessiné, des couleurs vives et un site repensé. « La nôtre racontait une histoire d'autrefois », reconnaît Tracy Strauss, sa directrice marketing, en parlant de l'ancienne marque.La plateforme Enterprise Platform 2027, qui est le fruit de deux années d'investissements, est disponible dès aujourd'hui et réunit notamment Enterprise Server 12.3, Exa et GridGain. AI Retrieval reste en préversion publique sur MariaDB Cloud.