Apple termine son année fiscale sur des résultats vertigineux. Mais derrière les records, plusieurs difficultés pourraient bien gâcher la fête à Cupertino.

Les milliards continuent de pleuvoir à Cupertino. Apple vient d’annoncer un chiffre d’affaires de 114,5 milliards de dollars pour son quatrième trimestre fiscal 2026, en hausse de 12 % sur un an. Sur l’ensemble de l’exercice, la marque à la pomme atteint 478,8 milliards de dollars de revenus (+15 %) et un bénéfice net de 132,2 milliards. Autant dire que la machine à cash fonctionne toujours à plein régime.
Ces résultats ont une saveur particulière pour John Ternus. Arrivé à la tête d’Apple en septembre, le successeur de Tim Cook présentait pour la première fois les comptes de l’entreprise devant les investisseurs. « Nous avons réalisé un excellent trimestre chez Apple », s’est félicité le nouveau patron. Et pour ses débuts, difficile de rêver meilleure copie.
L’iPhone et le Mac cartonnent, l’iPad fait grise mine
Sans surprise, l’iPhone reste la locomotive d’Apple. Avec 57,6 milliards de dollars de revenus, il enregistre une croissance de 17 % sur un an. Une performance d’autant plus remarquable que les iPhone 18 Pro n’ont été commercialisés que durant les derniers jours du trimestre, tandis que l'iPhone Duo pliant, lancé en octobre, n’apparaît pas encore dans les comptes.
Le Mac signe lui aussi un excellent trimestre, avec 10,8 milliards de dollars de revenus (+24 %), porté notamment par les MacBook Neo et Pro. Les services poursuivent leur ascension avec 31,6 milliards de dollars engrangés (+10 %). Autre satisfaction pour Apple : la Chine, où les revenus rebondissent de 21 % sur le trimestre, après deux années difficiles.
Mais tout le catalogue ne profite pas de cette embellie. Le chiffre d’affaires de l’iPad recule de 10 %, à 6,2 milliards de dollars, tandis que les montres, produits pour la maison et accessoires perdent 8 %, à 8,3 milliards. Apple invoque des contraintes d’approvisionnement et des comparaisons défavorables avec les lancements de 2025. Sur l’ensemble de l’année, ces deux activités restent d’ailleurs quasiment stables. De quoi relativiser ces contre-performances.

Des composants toujours plus chers, et des marges sous pression
C’est l’autre enseignement de cette conférence financière. Alors qu’Apple pulvérise ses records, la flambée du prix de la mémoire commence sérieusement à compliquer ses affaires. La direction évoque une situation « sans précédent » et reconnaît avoir déjà dû revoir ses tarifs.
« Nous avons pris, à contrecœur, la décision de modifier les prix de plusieurs de nos produits », a expliqué la direction, en rappelant les augmentations appliquées aux Mac et iPad en juin, puis aux iPhone en septembre. Certains modèles ont ainsi subi des hausses de 100 à 150 euros à la rentrée. Ces tarifs plus élevés participent également à la croissance du chiffre d’affaires, même si Apple refuse de préciser dans quelle proportion.
Malgré ces ajustements, le groupe prévoit une marge brute comprise entre 45 et 46 % pour le trimestre de Noël, contre 47,9 % au trimestre écoulé. Ce dernier avait toutefois bénéficié de remboursements de droits de douane. La hausse du coût de la mémoire devrait continuer de peser, tout comme les investissements dans l’IA. Apple a consacré 45,77 milliards de dollars à la recherche et au développement en 2026, soit 32 % de plus qu’en 2025.
Apple vise déjà un nouveau record à Noël
Ces difficultés n’empêchent pas Apple d’afficher un optimisme débordant. Le groupe prévoit une croissance de 7 à 10 % de son chiffre d’affaires au trimestre de décembre, qui pourrait devenir le meilleur de son histoire. Les services devraient toutefois ralentir légèrement, avec une progression attendue de 8 à 9 %.
Reste la question des approvisionnements. Les tensions sur la production des puces commencent à s’atténuer, mais la mémoire pourrait encore freiner les ventes de Mac et d’iPad. Quant à l'iPhone Duo, John Ternus reconnaît ne pas savoir quand la production pourra satisfaire la demande : « À ce stade, nous ne sommes pas en mesure de prévoir quand l’offre et la demande retrouveront leur équilibre ».
Apple aborde donc cette première fin d’année sous sa nouvelle direction avec des comptes qui feraient pâlir d’envie n’importe quel constructeur. Mais entre des composants toujours plus chers et des marges sous pression, John Ternus va devoir prouver que la machine à records peut continuer de tourner à ce rythme.