Sony exige désormais une mise à jour incompatible avec le jailbreak Relapse pour accéder au PlayStation Network. GTA VI pourrait imposer la même contrainte, obligeant les joueurs concernés à renoncer à leurs applications non officielles pour profiter du prochain blockbuster de Rockstar.

Sony et Rockstar ont tout intérêt à ce que GTA 6 arrive sur un système encore protégé contre les outils publics de jailbreak. ©Vardanyan Karen x Shutterstock
Sony et Rockstar ont tout intérêt à ce que GTA 6 arrive sur un système encore protégé contre les outils publics de jailbreak. ©Vardanyan Karen x Shutterstock

Jailbreak ou PlayStation Network, il faut désormais choisir. Comme le rapporte El Chapuzas Informático, Sony impose le firmware 14.10 pour accéder au PSN sur PlayStation 5. Les consoles restées sur une version plus ancienne pourront continuer à faire tourner Relapse, mais elles seront privées du PlayStation Store et des fonctions en ligne qui dépendent du réseau de Sony.

Pour les amateurs de homebrew, ce compromis restait encore supportable tant qu’il suffisait d’accepter de jouer hors ligne. L’arrivée imminente de GTA 6 pourrait sérieusement rebattre les cartes.

Comment Relapse a ouvert le coffre-fort

Publié fin septembre, Relapse fonctionne sur les firmwares compris entre 7.00 et 13.60, y compris sur PS5 Pro. Le jailbreak combine une faille WebKit avec une vulnérabilité du noyau permettant d’obtenir un accès en lecture et en écriture à sa mémoire.

Cette seconde faiblesse repose sur un défaut de type use-after-free, qui intervient lorsqu’un programme continue d’utiliser une zone mémoire après sa libération. Exploitée correctement, elle ouvre la voie à l’exécution de logiciels que Sony n’autorise normalement pas sur sa console.

Les développeurs ont rapidement profité de cette ouverture pour proposer des applications maison, des mods et des émulateurs. PS5SX2 permet, par exemple, de faire tourner des jeux PS2 avec un rendu pouvant grimper jusqu’en 4K.

Le jailbreak a aussi ouvert une porte beaucoup moins défendable à des boutiques diffusant des copies piratées. Overdrive en faisait partie avant son retrait, rapidement suivi par l’apparition de clones.

GTA 6 pourrait forcer les joueurs à choisir

Le firmware 14.00 échappait déjà à Relapse. Avec la version 14.10, Sony ajoute de nouvelles modifications de sécurité sans faire référence publiquement au jailbreak ni à GTA 6.

Le problème pourrait venir du jeu lui-même. Selon des données attribuées à PlayStation Game Size et récupérées sur le PlayStation Store, GTA 6 demanderait au minimum le firmware 14.10 lors de sa sortie prévue le 19 novembre 2026. Rockstar n’a pas confirmé cette exigence.

Si elle se vérifie, les possesseurs d’une PS5 jailbreakée devront choisir entre conserver Relapse ou mettre leur console à jour pour lancer GTA 6. Même l’achat légal du jeu ne permettrait alors pas d’échapper au dilemme.

GTA VI

    Les hackers n’ont pas forcément dit leur dernier mot

    Sony et Rockstar auraient évidemment tout intérêt à ce qu’un titre aussi attendu arrive sur un système encore protégé contre les outils publics de jailbreak. Rien ne permet cependant d’affirmer que le firmware 14.10 a été conçu spécialement pour bloquer le piratage de GTA 6.

    Alors, quelles pistes permettraient de conserver les possibilités du jailbreak tout en accédant aux jeux vidéo qui sortent actuellement ? La première option consisterait à trouver de nouvelles vulnérabilités capables de fonctionner sur les versions récentes du système. C’est le jeu du chat et de la souris habituel entre Sony et la scène jailbreak.

    Une autre piste passerait par le backport (voir notre FAQ). Le projet BackPork permet déjà de charger des bibliothèques système de remplacement, préalablement adaptées à un firmware plus ancien. Cette technique peut aider certains jeux récents à fonctionner sans mise à jour, mais rien ne garantit qu’elle sera applicable à GTA 6.

    Sony PlayStation 5 Slim
    • Une PS5 plus compacte, plus légère
    • Le repositionnement du bouton Eject
    • Un SSD de 1 To (822 Go d’espace disponible au déballage)
    Sony PlayStation 5 Pro
    • Améliorations graphiques significatives
    • Technologie PSSR efficace quand bien implémentée
    • Efficacité énergétique
    8  / 10
    Sony PlayStation 5
    • La DualSense qui pourrait changer la donne si les jeux l'exploitent
    • L'interface efficace tout en étant belle et futuriste
    • Une console très silencieuse et bien refroidie
    9  / 10
    Foire aux questionsContenu généré par l’IA
    Qu’est-ce qu’un jailbreak de PS5 (comme Relapse) permet techniquement de faire ?

    Un jailbreak vise à contourner les mécanismes de sécurité de la console pour obtenir des privilèges élevés (jusqu’au niveau système), au-delà de ce qu’autorise Sony. Concrètement, cela peut permettre d’exécuter du code non signé : homebrew, outils de debug, mods ou émulateurs. La contrepartie est que la console reste souvent bloquée sur un firmware vulnérable, ce qui limite la compatibilité avec les jeux récents et expose à des restrictions côté réseau. Sur PS5, ces jailbreaks s’appuient généralement sur une chaîne d’exploit, où plusieurs failles sont enchaînées pour passer d’un point d’entrée limité à un contrôle plus profond du système.

    À quoi servent une faille WebKit et une vulnérabilité du noyau dans une chaîne d’exploit ?

    Une faille WebKit sert fréquemment de point d’entrée, car WebKit est le moteur du navigateur intégré et traite du contenu potentiellement hostile (pages web). Elle donne souvent une exécution de code dans un contexte "utilisateur", limité et sandboxé, insuffisant pour modifier durablement le système. Une vulnérabilité du noyau (kernel) permet ensuite une élévation de privilèges, en passant au niveau le plus sensible de l’OS, là où se gèrent mémoire, permissions et isolation. L’enchaînement des deux transforme un accès initial fragile en contrôle système beaucoup plus complet. C’est cette combinaison qui rend possibles des modifications et chargements de code impossibles via les voies officielles.

    Qu’est-ce qu’un bug "use-after-free" et pourquoi est-il dangereux sur une console ?

    Un "use-after-free" se produit quand un programme continue d’utiliser un objet ou une zone mémoire après l’avoir libérée, alors que cet espace peut avoir été réalloué pour autre chose. Si un attaquant parvient à influencer ce qui est réécrit à cet emplacement, il peut détourner le flux d’exécution ou lire/écrire des données sensibles. Dans un noyau (kernel), l’impact est souvent critique : cela peut mener à une exécution de code avec des privilèges maximaux. Sur une console, ce type de faille peut permettre de contourner les contrôles d’intégrité, le modèle de permissions et, in fine, les barrières contre le code non autorisé.

    Qu’appelle-t-on "backport" sur PS5, et en quoi cela peut éviter une mise à jour système ?

    Un backport consiste à adapter des composants logiciels prévus pour un firmware récent (bibliothèques, dépendances, fonctions) afin qu’ils tournent sur un firmware plus ancien. L’objectif est de faire fonctionner un jeu ou une application sans installer la mise à jour officielle, en comblant les écarts d’API et de versions attendues. Techniquement, cela peut impliquer de remplacer ou patcher des bibliothèques, et parfois de répliquer des comportements manquants du système. Cela reste toutefois fragile : si un jeu dépend de changements profonds du noyau, de nouvelles protections ou d’appels système inexistants, le backport peut devenir impraticable ou incomplet.