Longtemps raillé pour son physique, le Multipla revient hanter les souvenirs avec un concept beaucoup plus séduisant. Présenté au Mondial de Paris, le Multiplay conserve l’idée des six places tout en ajoutant une carrosserie capable de se transformer selon les usages.

Le concept-car Multiplay. ©Fiat
Le concept-car Multiplay. ©Fiat

Le Multipla n’avait peut-être pas dit son dernier mot. Présenté hier, le dimanche 11 octobre, à la veille du Mondial de l’Auto 2026, le Fiat Multiplay remet au goût du jour quelques-unes des idées qui avaient fait la singularité du célèbre monospace italien. Il mélange cette fois les codes du monospace, du SUV et même du pick-up.

Pas question toutefois de commencer à économiser pour le commander. Fiat présente pour l’instant un laboratoire roulant et n’annonce aucun modèle de série directement dérivé de ce concept.

Un physique moqué, mais une vraie intelligence de conception

Difficile d’oublier son étrange bourrelet sous le pare-brise, ses phares haut perchés et sa silhouette qui semblait avoir été dessinée pour déclencher les commentaires. Lancé en 1998, le Fiat Multipla est rapidement devenu l’une des voitures les plus moquées de son époque. Chez Clubic, il s’est même offert une seconde carrière en illustrant notre page d’erreur 404.

Fini la configuration 2x3 du Multipla, on passe en 3x2 avec le Multiplay. ©Fiat
Fini la configuration 2x3 du Multipla, on passe en 3x2 avec le Multiplay. ©Fiat

Derrière son physique compliqué à défendre se cachait pourtant une voiture particulièrement astucieuse. Avec moins de quatre mètres de long, elle accueillait six passagers sur deux rangées de trois sièges et offrait une habitabilité remarquable pour son gabarit.

Fiat renouait alors avec une idée déjà explorée par la 600 Multipla de 1956, capable elle aussi d’embarquer six personnes dans environ 3,50 mètres. L’originalité du modèle ne se limitait donc pas à son dessin.

Six places et un arrière qui se transforme

Le Multiplay reprend cette volonté de faire beaucoup avec un seul véhicule, même si ses 4,45 mètres l’éloignent nettement de la compacité de son ancêtre. Ses six places sont désormais réparties sur trois rangées de deux sièges.

Quelques clins d’œil subsistent malgré tout. Le bandeau lumineux installé sous le pare-brise rappelle notamment la fameuse double ligne de l’ancien Multipla, tandis que les proportions plus hautes et les grandes roues inscrivent clairement le concept dans l’époque actuelle.

Avant de démarrer le Multiplay, mieux vaut vérifier que le toutou est bien attaché. ©Fiat

La principale curiosité se trouve cependant à l’arrière. Grâce à un module coulissant baptisé Metamorfosi, la voiture peut abandonner sa configuration fermée pour devenir un pick-up à quatre places doté d’une benne ouverte. Le becquet pivote alors pour faire office de porte-vélos.

L’habitacle réserve lui aussi quelques idées inhabituelles. Le siège passager avant peut se retourner et former une méridienne lorsque la voiture est arrêtée. Fiat a également imaginé le Petsenger seat, un module qui peut accueillir un animal, servir de point d’ancrage pour un siège enfant ou se transformer en rangement ou en tablette. C’est cet élément multifonction qui explique le 6+1 fièrement annoncé par la marque.

Même les vilains petits canards ont droit au néo-rétro

La Mini moderne avait contribué à populariser le néo-rétro en 2001, avant que Fiat ne frappe très fort avec la nouvelle 500 en 2007. Depuis, les constructeurs ont largement compris l’intérêt de remettre sur la route des formes et des noms qui parlent immédiatement au public.

Renault a poussé la recette encore plus loin avec les R5, R4 et Twingo électriques. Citroën travaille de son côté sur une renaissance électrique de la 2 CV. Dans tous les cas, l’idée reste la même, partir d’un souvenir automobile fort pour rendre immédiatement familière une voiture pourtant entièrement nouvelle.

Le Multiplay ajoute une petite différence à cette vague nostalgique. Fiat ne remet pas en lumière une icône unanimement aimée, mais un modèle dont les lignes avaient presque fait oublier les bonnes idées.