Airbus annonce jeudi avoir finalisé le rachat de Quarkslab, entreprise française de cybersécurité connue pour sa solution QShield, qui protège les logiciels face à l'IA. L'opération, révélée en avril, renforce la stratégie cyber du groupe européen.

Le rachat de Quarkslab par Airbus a franchi la ligne d'arrivée ce jeudi 1er octobre, puisqu'Airbus Defence and Space a annoncé avoir finalisé l'opération, sous réserve comme le veut la règle des ultimes autorisations réglementaires. Un peu plus de cinq mois se sont écoulés depuis l'annonce d'avril, et le prix de la transaction n'a toujours pas été dévoilé. Mais pour l'avionneur européen, il s'agit de consolider sa position de partenaire de confiance et souverain des autorités françaises, tout en gagnant du terrain sur le marché européen de la cybersécurité.
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Quarkslab, la cybersécurité qui ne se laisse pas démonter
Alors quelle est cette société que s'offre Airbus ? Quarkslab, fondée en 2011 par Fred Raynal, ce dernier n'étant plus que le conseiller stratégique de l'entreprise, compte une centaine de salariés, installés principalement à Paris et à Rennes, la capitale française de la cybersécurité. Elle est soutenue depuis 2020 par le gestionnaire d'actifs Tikehau Capital, lui aussi très présent dans la cyber. Sa spécialité est de protéger les utilisateurs, données et actifs critiques contre les cyberattaques. Avec son équipe d'experts maison, QLab, elle conçoit des protections sur mesure pour des États comme pour des entreprises. Ses ingénieurs et développeurs ont la particularité de faire dialoguer recherche universitaire et applications concrètes.
Le produit phare que vend Quarkslab, QShield, s'adresse aux éditeurs de logiciels. Il protège leurs programmes contre les menaces liées à l'intelligence artificielle et met sous clé code, données et secrets. Il défend aussi les composants dits « périphériques », installés au plus près du terrain plutôt que dans un centre de données, contre la rétro-ingénierie.
Cette technique consiste à démonter un système pour comprendre son fonctionnement, un peu comme on ouvrirait une montre pour copier son mouvement, si l'on devait comparer. Les pirates, comme l'IA, peuvent s'y livrer, notamment dans la défense et l'aérospatiale.
Airbus coud son bouclier numérique à l'échelle européenne
Pour Airbus, il faut savoir que Quarkslab n'est pas une entreprise inconnue, loin de là. L'entreprise faisait déjà partie de ses fournisseurs et partenaires. Fred Raynal a même fait ses premières armes dans la cyber au sein du groupe. Lors de l'annonce du mois d'avril, il avait reconnu que l'Europe avait besoin d'acteurs plus solides. Selon lui, Airbus faisait partie des rares capables d'aider Quarkslab à grandir pour servir à la fois les États et les infrastructures critiques.
François Lombard, le directeur de la division Connected Intelligence d'Airbus Defence and Space, voit les équipes de Quarkslab renforcer des activités cyber en pleine croissance. Selon lui, l'acquisition aide à bâtir le « bouclier numérique » qui doit garder les pays d'origine du groupe et leurs alliés en avance dans ce domaine.
Après l'allemand Infodas en 2024 et le britannique Ultra Cyber, dont le rachat a été annoncé en mars dernier, Airbus dispose d'équipes cyber en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Finlande. Elles sécurisent les systèmes et réseaux complexes que le groupe fournit principalement aux États, aux armées et aux institutions.