La montée en puissance du couple Proton/SteamOS se confirme jour après jour et avec plus de 30 000 au moins « Jouables », on ne peut plus parler de simple succès d'estime.

Le succès du Steam Deck est aussi, et surtout, celui de Proton et de SteamOS. © Valve
Le succès du Steam Deck est aussi, et surtout, celui de Proton et de SteamOS. © Valve

Le Steam Deck vient de franchir un cap symbolique : plus de 30 000 jeux Steam sont désormais classés « Vérifiés » ou « Jouables » par Valve. Une performance qui illustre surtout le chemin parcouru par SteamOS et Proton depuis le lancement de la machine.

Plus de 30 000 jeux compatibles : un franc succès

Il y a encore quelques années, jouer sur Linux relevait parfois du parcours du combattant. Aujourd’hui, Valve peut se targuer d’avoir rendu compatibles plus de 30 000 jeux avec son Steam Deck. Le compteur vient tout juste de franchir cette barre avec 21 078 titres classés « Jouables » et 8 975 estampillés « Vérifiés ». Un total qui dépasse donc légèrement les 30 000 références, et qui continuera évidemment d’évoluer au fil des nouveaux tests et des mises à jour.

La nuance entre les deux catégories reste toutefois importante. Un jeu « Vérifié » est censé fonctionner correctement sur le Steam Deck sans intervention particulière de l’utilisateur : contrôleur reconnu, interface lisible, résolution adaptée et expérience suffisamment fluide pour répondre aux critères de Valve. À l’inverse, la mention « Jouable » signifie généralement qu’une petite manipulation peut être nécessaire. Il peut par exemple s’agir de sélectionner une configuration de commandes, d’utiliser ponctuellement le clavier virtuel ou de composer avec un lanceur externe.

Via SteamDB, on voit clairement que plus de 30 000 jeux sont maintenant au moins jouables. © VideoCardz
Via SteamDB, on voit clairement que plus de 30 000 jeux sont maintenant au moins jouables. © VideoCardz

Et c’est précisément là que le chiffre des 30 000 mérite d’être regardé avec un minimum de recul. Il ne signifie pas que 30 000 jeux offrent une expérience parfaitement identique à celle d’une console traditionnelle. Valve teste divers paramètres avant d’attribuer son précieux sésame : compatibilité avec les commandes, lisibilité des textes, fonctionnement des menus, prise en charge des logiciels intermédiaires ou encore compatibilité des systèmes anti-triche. Autrement dit, le petit logo vert est davantage une indication de l’expérience attendue qu’une garantie absolue.

Ce résultat n’en reste pas moins remarquable. Derrière cette impressionnante liste se trouve surtout le travail accompli autour de Proton, la couche de compatibilité qui permet à SteamOS de faire tourner quantité de jeux conçus à l’origine pour Windows. Le pari de Valve était loin d’être gagné d’avance : plutôt que d’attendre que les développeurs portent massivement leurs jeux sur Linux, l’entreprise a choisi de s’attaquer directement au problème de compatibilité. Il est aujourd'hui possible, quelques années plus tard, de parler de réussite.

Une compatibilité pas encore universelle

Pour mesurer l’importance de cette progression, il suffit de regarder du côté des jeux les plus populaires sur Steam. Parmi les dix jeux les plus joués, 40 % disposent ainsi d’une classification « Vérifié » ou « Jouable » sur Steam Deck. En élargissant l’échantillon aux 100 jeux les plus populaires, cette proportion grimpe à 46 %. Presque un jeu sur deux : un succès difficile à ignorer.

Il reste pourtant un gros morceau à avaler. Plusieurs milliers de jeux sont encore considérés comme « Non pris en charge » sur Steam Deck (6 848 pour être tout à fait exacts), tandis que d’autres rencontrent des incompatibilités avec SteamOS. Les chiffres peuvent d’ailleurs évoluer rapidement : un jeu peut changer de statut à la faveur d’une mise à jour, d’une évolution de Proton ou de la correction d’un problème particulier. La compatibilité sur Steam Deck est donc tout sauf un jugement définitif.

La base ProtonDB offre un panorama intéressant des jeu compatibles Steam Deck. © VideoCardz

Le cas du Steam Deck rappelle ainsi une réalité assez particulière du jeu sur PC : la compatibilité n’est jamais tout à fait figée. Un titre parfaitement fonctionnel aujourd’hui peut rencontrer un problème demain à la suite d’une mise à jour, tandis qu’un jeu autrefois récalcitrant peut devenir parfaitement jouable après une évolution de Proton ou de SteamOS. Les utilisateurs disposent d’ailleurs d’un éventail toujours plus large de solutions pour contourner certains obstacles, même si cela demande parfois davantage de patience que sur une console classique.

Reste enfin une question : faut-il encore considérer le Steam Deck comme une machine Linux qui essaie de jouer aux jeux Windows, ou comme une véritable plateforme de jeu à part entière ? À mesure que le catalogue compatible grossit, la seconde réponse semble de plus en plus pertinente. Le Steam Deck ne dispose évidemment pas de la totalité de la ludothèque Steam, et certains titres majeurs peuvent encore se heurter à des problèmes d’anti-triche ou à des logiciels propriétaires récalcitrants. Mais avec plus de 30 000 jeux dans les catégories « Vérifié » et « Jouable », l’argument de la compatibilité devient nettement moins facile à balayer d’un revers de main.

Le plus intéressant dans cette histoire n’est donc peut-être pas le nombre lui-même. C’est la démonstration qu’une machine basée sur Linux peut progressivement s’affranchir de l’un des principaux obstacles historiques du jeu sur cet environnement : l’accès aux jeux Windows. Valve avait fait un pari ambitieux avec Proton et SteamOS : le compteur, désormais passé au-dessus des 30 000 titres, confirme que le pari est remporté. Haut la main.