NymVPN expérimente une nouvelle forme de split tunneling. Baptisée Geo Exclusion, elle permet d’adapter automatiquement le routage du trafic à sa destination géographique, sans avoir à définir chaque exception individuellement.

NymVPN imagine une nouvelle façon de concilier VPN et Internet censuré. © NymVPN
NymVPN imagine une nouvelle façon de concilier VPN et Internet censuré. © NymVPN

Contourner la censure avec un VPN peut avoir un effet pervers : l’adresse IP étrangère qu’il vous attribue risque aussi de vous fermer la porte de certains sites et services du pays. Plutôt que de multiplier les exceptions site par site ou appli par appli, comme le ferait un split tunneling classique, NymVPN permet désormais d’acheminer automatiquement hors du VPN le trafic destiné à une région donnée, tandis que le reste de la connexion continue de circuler via le tunnel. Encore en bêta, Geo Exclusion ne concerne pour l’instant que les plages d’adresses IP chinoises.

Un split tunneling qui raisonne par destination

Dans le détail, Geo Exclusion s’appuie sur un proxy SOCKS5 local lancé par NymVPN en parallèle de la connexion VPN. C’est par son intermédiaire que le client peut appliquer deux routes différentes au trafic d’une même application, selon l’adresse IP qu’elle cherche à joindre.

Le proxy compare ainsi chaque destination aux plages d’adresses IP associées à la région exclue. En cas de correspondance, la connexion est établie sans passer par le VPN. Dans le cas contraire, elle continue d’être acheminée par NymVPN. Le choix est donc fait automatiquement, sans demander à l’internaute de renseigner les sites concernés un par un.

Comme avec le split tunneling classique, tout trafic ainsi redirigé hors du VPN échappe logiquement à sa protection et expose l’adresse IP réelle de l’internaute.

À cette limite inhérente au principe s’ajoutent encore quelques contraintes techniques. Geo Exclusion nécessite que le trafic de l’application puisse être dirigé vers un proxy SOCKS5, lequel doit être configuré manuellement après activation de la fonction dans NymVPN. En pratique, le service vise donc essentiellement les navigateurs de bureau, Firefox et Mullvad Browser en tête.

Sur Chrome, Edge et Brave, qui ne disposent pas de réglages SOCKS5 intégrés, il faut en revanche recourir à la configuration proxy du système d’exploitation, directement sur macOS ou à l’aide d’un client tiers comme Proxifier sur Windows.

La prise en charge est plus restreinte sur mobile. NymVPN ne propose pas encore Geo Exclusion sur iOS et, sur Android, seules les applications capables de gérer elles-mêmes un proxy SOCKS5 peuvent en profiter.

Comment activer facilement Geo Exclusion dans NymVPN

La configuration de Geo Exclusion s’effectue en deux temps. Après avoir connecté NymVPN, il faut activer la fonction dans les paramètres du client, puis relever l’adresse 127.0.0.1 et le port 1081 affichés par l’application.

Dans Firefox et Mullvad Browser, rendez-vous ensuite dans les paramètres réseau, choisissez une configuration manuelle du proxy, saisissez 127.0.0.1 dans le champ SOCKS Host et 1081 dans celui du port, puis sélectionnez SOCKS v5. Il est également recommandé d’activer l’option qui fait transiter les requêtes DNS par le proxy, afin qu’elles suivent le même routage que le reste du trafic. Les champs HTTP et HTTPS doivent rester vides.

Configurez Geo Exclusion dans les paramètres proxy de Firefox ou Mullvad Browser. © NymVPN
Configurez Geo Exclusion dans les paramètres proxy de Firefox ou Mullvad Browser. © NymVPN

Une fois ces réglages appliqués, vous pouvez vérifier que Geo Exclusion fonctionne correctement en comparant votre adresse IP sur deux services, l’un hébergé dans la région exclue (en Chine à l’heure actuelle) et l’autre à l’extérieur. Le premier doit afficher votre adresse IP réelle, le second celle du serveur de sortie NymVPN.

NymVPN
  • storage750 serveurs
  • language72 pays couverts
  • lan10 connexions simultanées
  • mood7 jours d'essai gratuit
  • thumb_upAvantage : protection des métadonnées
7.7 / 10

NymVPN utilise une architecture décentralisée basée sur le mixnet pour une confidentialité accrue, notamment sur les métadonnées. Le service est open source et a progressé depuis son lancement, offrant un mode rapide pour un usage quotidien. Cependant, son utilisation reste complexe et moins mature que celle des VPN populaires.

Les plus
  • Architecture vraiment à part sur le marché
  • Mixnet pour protéger contenus et métadonnées
  • Mode rapide déjà solide pour un usage courant
  • Open source et audité
Les moins
  • Interface encore assez brute
  • Mode anonyme trop lent pour un usage polyvalent
  • Service encore en construction sur plusieurs aspects