Hier, le ministère des Transports a publié un arrêté pour classer les robots de livraison autonomes dans la catégorie L des véhicules à moteur. Les constructeurs pourront désormais faire homologuer ces robots et les mettre en circulation sur la chaussée. En France, c’est inédit pour ce type d’engin.

Ces robots roulaient jusque-là dans un vide juridique. Faute de catégorie de véhicule adaptée, l’État n’avait encore établi aucun statut pour eux sur la chaussée. Le ministère des Transports vient d’intégrer ces robots à la catégorie L des véhicules à moteur, celle des cyclomoteurs, des tricycles et des quadricycles. Homologués selon les mêmes principes que ces véhicules, ils pourront désormais rouler hors des trottoirs, réservés aux piétons. L’ONU et l'Union européenne travaillent encore à un cadre commun pour ce type d'engin. La France prend les devants avec sa mouture. Compacts et électriques, ces robots parcourront de courtes distances pour la logistique urbaine, notamment son dernier kilomètre, dernière étape entre un entrepôt et le client.
Le ministère des Transports encadre techniquement ces nouveaux véhicules
Les cyclomoteurs, les motos, les tricycles et les quadricycles à moteur appartenaient déjà à la catégorie L des véhicules à moteur. Le ministère des Transports a choisi cette catégorie existante, plutôt qu’un statut inédit, pour accélérer la mise en circulation des robots de livraison, et a signé ce texte le 28 juillet avant de le publier six jours plus tard au Journal officiel. Il modifie un arrêté de 2016 relatif à la réception des véhicules de catégorie L. Le terme de « réception » désigne la procédure administrative que chaque modèle de robot devra franchir avant sa mise sur le marché.
Ces robots pourront circuler sur la chaussée, hors des trottoirs réservés aux piétons. Après homologation, chacun d’entre eux embarquera des caméras, des radars et des lidars pour repérer les obstacles sur son parcours. Il exploitera ensuite ces données, grâce à des logiciels embarqués parfois dotés d’intelligence artificielle, pour ajuster sa trajectoire, sous la supervision à distance d’un opérateur. Contrairement aux autres véhicules classés dans cette catégorie, ces robots circuleront sans personne à leur bord. Avec ce texte, la France agrandit un petit cercle de pays dotés d'un tel cadre pour des robots de cette dimension. Le ministère avait fixé une stratégie nationale pour la mobilité automatisée en 2018. On y est, huit ans plus tard, après plusieurs années de travaux menés notamment au sein de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe.

Les constructeurs français en route vers un déploiement commercial
Cette homologation attire les convoitises d'autres fabricants, mais ils sont encore prudents sur leurs projets avant de proposer leurs robots en France. Aux États-Unis, Amazon s’est cassé les dents avec son robot Scout, trop lent et trop cher avant son retrait en 2022. Les constructeurs français devront donc résoudre les mêmes équations de vitesse et de coût, tout en supervisant chaque robot à distance pour intervenir en cas d’incident. Ensuite, les collectivités locales décideront des rues et des quartiers où ces robots pourront circuler.
Participer à la discussion
Partagez votre avis avec la communauté Clubic.