Dès le 1er octobre, la Région bruxelloise facturera 0,06 € par minute aux véhicules électriques restés branchés plus de six heures sur une borne publique entre 9 h et 22 h. Cette redevance de rotation doit accélérer la libération des points de recharge, alors que près d’une voiture neuve sur quatre immatriculée dans la capitale belge roule déjà à l’électricité.

Audrey Henry, secrétaire d'État bruxelloise à l'Énergie, a déclaré que « les bornes de recharge ne sont pas des places de parking » - ©Aliaksei Kaponia / Shutterstock
Audrey Henry, secrétaire d'État bruxelloise à l'Énergie, a déclaré que « les bornes de recharge ne sont pas des places de parking » - ©Aliaksei Kaponia / Shutterstock

Trop, c’est trop ! La Région de Bruxelles-Capitale innove dans la tarification sur les bornes de recharge publiques. Chaque fois qu’un conducteur laissera son véhicule branché après la fin de sa charge, il devra débourser 3,60 euros par heure supplémentaire, dès que le branchement dépasse six heures continues entre 9 h et 22 h. Selon l’opérateur régional Sibelga, la durée moyenne de branchement est de six heures et trente minutes sur les bornes bruxelloises, alors qu’une charge de 18 à 20 kWh se fait en environ deux heures et vingt minutes. Le temps de branchement excède donc largement la durée de charge nécessaire. Audrey Henry, secrétaire d’État bruxelloise à l’Énergie, a déclaré que « les bornes de recharge ne sont pas des places de parking ». Ans Persoons, secrétaire d'État bruxelloise à l’Environnement, a soutenu cette mesure pour accélérer la transition climatique de la capitale.

La Belgique prend le train de la France qui applique déjà des dispositifs comparables

D’autres villes belges appliquent déjà le même tarif dans les mêmes conditions. À Anvers, la sanction est appliquée par minute dès que la batterie des voitures atteint sa pleine charge. Quant aux automobilistes gantois c’est 3,60 euros par heure au-delà de quatre heures de stationnement après la recharge. Il y a 9 779 bornes publiques accessibles à Bruxelles, et la Région prévoit 22 000 bornes actives d’ici à 2035. Dans les flottes d’entreprise bruxelloises, les véhicules électriques représentent 61 % des nouvelles immatriculations.

Mais la France s’y met aussi. Comme on vous en avait parlé, chez l’opérateur Electra, des frais d’occupation sont appliquée aux véhicules restés branchés plus de cinq minutes après 80 % de charge, à raison de 0,40 euro par minute jusqu’à un plafond de 50 euros. Depuis juin 2024, Lyon facture aussi le stationnement des véhicules électriques sur ses places dédiées.

En France, Electra applique des frais d'occupation aux véhicules restés branchés plus de cinq minutes après 80 % de charge, à raison de 0,40 euro par minute jusqu'à un plafond de 50 euros - ©Aliaksei Kaponia / Shutterstock
En France, Electra applique des frais d'occupation aux véhicules restés branchés plus de cinq minutes après 80 % de charge, à raison de 0,40 euro par minute jusqu'à un plafond de 50 euros - ©Aliaksei Kaponia / Shutterstock

Le réseau européen grandit sous contrainte réglementaire

Mais c’est l’Europe qui tire les ficelles. Le règlement européen AFIR impose déjà une station délivrant 400 kW tous les 60 kilomètres sur le réseau routier central européen, une obligation entrée en vigueur fin 2025. On passera d’ailleurs à 600 kW d’ici à 2028. Ce texte européen encadre la construction de nouvelles bornes sur les grands axes, tandis que la redevance bruxelloise agit sur l’usage des bornes déjà en service dans la capitale.

Seuls 10 % des foyers bruxellois disposent d’un garage privé. La majorité des conducteurs électriques de la capitale dépend donc du réseau public pour recharger leur véhicule.