Vous aviez l’habitude de recharger gratuitement votre voiture électrique sur le parking du supermarché ou du restaurant, le temps d’une course ou d’un repas. Fini. IKEA et Lidl ont déjà coupé les compteurs entre 2021 et 2025. Leclerc facture depuis janvier dernier, Carrefour depuis le 1er avril. À Lyon, les conducteurs règlent aussi leur stationnement depuis juin 2024.

Vous mangez pendant que votre véhicule se recharge  gratuitement ? C'est devenu extrêmement rare - ©Irene Miller / Shutterstock
Vous mangez pendant que votre véhicule se recharge gratuitement ? C'est devenu extrêmement rare - ©Irene Miller / Shutterstock

Longtemps, les enseignes ont joué le jeu parce que l’électricité ne coûtait pas grand-chose et que c’était gagnant-gagnant pour elles et leurs clients. Mais avec la hausse des tarifs de l’électricité, les distributeurs ont revu leurs conditions les uns après les autres. Idem pour les collectivités locales, plusieurs grandes villes françaises ont réduit ou supprimé l’avantage de stationnement gratuit pour les véhicules électriques. Et chez Electra, depuis peu, vous payez à la minute si vous restez branché trop longtemps après avoir rechargé.

Dans les supermarchés, on passe de la gratuité au cagnottage conditionné

Avec l’inflation énergétique, les enseignes n’y trouvent plus leur compte. Chez IKEA, IZIVIA gère désormais le réseau à des tarifs entre 0,35 et 0,60 €/kWh selon le badge utilisé, contre zéro euro auparavant. Chez Lidl, comptez 0,29 euro le kWh en courant alternatif et 0,39 euro/kWh en courant continu. En janvier dernier, Leclerc a ouvert « Charge E-Lec » en partenariat avec Freshmile, à partir de 0,25 euro /kWh.

Chez Carrefour, on joue sur les mots. Depuis le 1er avril dernier, seuls les porteurs de la Carte Pass, à 20 euros par an, bénéficient d’une heure gratuite sur bornes 22 kW. Avec la Carte Club gratuite, il ne reste plus qu’une remise de 10 %. En clair, exit l’accès libre : il faut désormais un abonnement payant, puis calculer la valeur du cagnottage selon vos habitudes d’achat.La recharge gratuite poursuit donc son recul en France. D’après des données issues de Chargemap, il resterait environ 6 233 points de recharge gratuits dans l’Hexagone. Quelques Intermarché et Super U indépendants continuent néanmoins de proposer ce service, à la discrétion de chaque magasin.

Depuis le 1er avril dernier, seuls les porteurs de la Carte Pass, à 20 euros par an, bénéficient d’une heure gratuite sur bornes 22 kW - ©PH888 / Shutterstock
Depuis le 1er avril dernier, seuls les porteurs de la Carte Pass, à 20 euros par an, bénéficient d’une heure gratuite sur bornes 22 kW - ©PH888 / Shutterstock

Rester branché trop longtemps coûte aussi de l’argent

Chez Electra, vous payez aussi si vous restez branché trop longtemps. Le réseau applique des frais d’occupation dès que votre batterie dépasse 80 % et que la station affiche complet. Cinq minutes de grâce, puis 0,40 euros par minute, plafonné à 50 euros. Au-delà de 80 %, vous ne récupérez plus que 20 % de la puissance maximale de charge. Gagner les derniers pourcents vous prend beaucoup de temps pour un gain d’autonomie négligeable, et la borne reste bloquée pour les conducteurs suivants.

En ville, les règles varient selon les communes. À Lyon, les conducteurs de voitures électriques paient leur stationnement depuis juin 2024. À Paris, les véhicules de moins de 2 000 kg se garent gratuitement en surface depuis octobre 2024. En revanche, avec un Tesla Model X ou un BMW iX au-delà de ce seuil, vous réglez jusqu’à 18 euros de l’heure dans les arrondissements centraux.

Mais il reste quelques îlots de gratuité. À Montpellier, les résidents des 31 communes de la Métropole peuvent recharger sans frais sur les bornes e-City de 3 kW via l’application M’Ticket TaM. À Nantes, sur certains parkings payants, c’est gratuit aussi sur des bornes de 3 kW. Mais 3 kW, c'est insuffisant pour une recharge rapide en déplacement. Et sur une même borne Carrefour, si vous passez par un badge d’itinérance tiers, vous devrez payer jusqu'à six fois plus cher qu’avec l'application native : 27 euros pour 42 kWh via un pass externe, contre 4,20 euros via l'application officielle par mois.

Source : AutoPlus