La startup portugaise Amble dévoile l'Amble One, un buggy électrique homologué sur route à 20 000 euros, conçu par d'anciens cadres d'Apple, Audi et Cowboy. Moins de 450 kg sur la balance, 100 km d'autonomie, 65 km/h en pointe, le véhicule entre dans la catégorie L7e européenne. Les premières livraisons aux hôtels de luxe sont prévues pour 2027.

Adrien Roose a cofondé Cowboy, la marque belge de vélos électriques premium, avant de quitter l'entreprise pour lancer Amble. Julian Hoenig a travaillé chez Audi sur les modèles A4, R8 et Q3, puis chez Apple, sur l'Apple Watch, le Vision Pro et le programme automobile abandonné Project Titan. Michael Tropper a fondé l'agence créative londonienne forpeople, 120 collaborateurs, dont les clients incluent InterContinental Hotels. José António Uva, président d'Amble, a consacré quatorze ans à la restauration du domaine São Lourenço do Barrocal, un estate de 780 hectares dans l'Alentejo portugais devenu l'un des hôtels ruraux les plus reconnus d'Europe. Rien, a priori, ne devait réunir ce quartet et pourtant, ils ont donné naissance à ce véhicule électrique de luxe. Une sorte de croisement entre la Mini Moke, rendue célèbre par notre BB nationale, et un des buggies de Mad Max.
Julian Hoenig s'est inspiré du rover lunaire de la NASA
Pour le châssis, Julian Hoenig a regardé du côté du rover lunaire LRV, mis en service par la NASA en 1971 pour 38 millions de dollars. Sur cet engin, rien n'est caché : quatre roues, une plateforme, tout est visible. Il a imité le concept épuré sur l'Amble One. Batterie et moteur électrique restent apparents sous l'habitacle, sans carrosserie pour les envelopper. « On part du chassis-plancher. Et on met des garnitures dessus », dit-il dans Wired.
L'habitacle est ouvert, sans portières. Le pare-brise est plat, en référence au Mercedes Classe G. L'habitacle est habillé d'aluminium, de cuir, decoton et de liège, des matériaux choisis pour vieillir sans se dégrader. La barre du tableau de bord a été taillée au diamètre des guidons de moto standard, de façon que le conducteur puisse y clipser tout accessoire cycliste sans outil. Les sièges arrière sont rabattables à plat. Et pour les clients citadins, le panier ouvert sera remplacé par un coffre avant verrouillable.
Enfin, la structure est parsemée dd vis orange pour désigner les élements démontables.
Pour l'homologation L7e, Amble a réussir à passer sous 450 kg. « Si vous prenez une voiture et que vous la réduisez, ça ne marche pas », dit Adrien Roose, PDG d'Amble.
Sous le capot, on trouve un moteur de 15 kW, une batterie lithium-ion de 12 kWh, pour 100 km d'autonomie et 5h30 de recharge sur prise domestique 220 V.
Amble livre d'abord aux complexes hôteliers avant d'ouvrir les commandes aux particuliers
Douze établissements ont signé des contrats, pour plus de 500 véhicules et plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires engagé, selon Adrien Roose. L'Amangiri dans l'Utah, le Six Senses Les Bordes dans la Loire, l'île privée de Mustique dans les Caraïbes et le Na Praia à Comporta ont passé commande. Les premières livraisons hôtelières sont prévues à la mi-2027. Les particuliers en Europe et aux États-Unis peuvent précommander dès maintenant, pour des livraisons en 2028.
Amble annonce un deuxième modèle, l'Amble Two, attendu pour 2029, avec portières amovibles, toit rigide et profil plus bas. Adrien Roose l'a conçu pour remplacer le deuxième véhicule familial, pas le principal. « La plupart des familles n'ont pas besoin de deux BYD ou une Tesla à 45 000 euros », dit-il.
La Citroën Ami, bridée à 45 km/h avec 75 km d'autonomie, occupe déjà ce créneau des quadricycles électriques légers. Stellantis, maison mère de Citroën, a annoncé récemment une augmentation des capacités de production pour ses mini-citadines électriques. Adrien Roose a choisi de construire la marque dans le luxe hôtelier avant d'adresser les marchés urbains. Pour l'instant, il a réussi à séduire des investisseurs comme Peter Rive, cofondateur de SolarCity, et Joe Zadeh, ancien vice-président produit d'Airbnb.
Source : Wired (accès payant)