À VivaTech 2026, Ovomind présente une IA capable d'analyser les émotions en temps réel depuis des montres Samsung ou Google. Le premier terrain d'application est évident, le jeu vidéo. Le second pourrait bien être la voiture.

©Ovomind
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Et si votre prochain jeu vidéo comprenait que vous avez peur avant même que vous ne lâchiez la manette ? À la porte de Versailles à Paris, la start-up suisse Ovomind présente jusqu'au samedi 20 juin une technologie d'analyse émotionnelle en temps réel, compatible avec les montres connectées Samsung Galaxy Watch 8 et modèles ultérieurs, ainsi qu’avec la Google Pixel Watch 4.

Son principe est simple à énoncer, plus complexe à mettre en œuvre : utiliser les signaux biométriques d'une montre connectée pour transformer le stress, le calme ou l'engagement d'un utilisateur en donnée exploitable par une application, un jeu vidéo ou un cockpit automobile. « L'émotion est la prochaine frontière de l'interaction homme-machine », résume Yann Frachi, cofondateur et CEO/CTO d'Ovomind.

La montre devient un capteur d'émotions

La technologie d'Ovomind ne repose pas seulement sur du logiciel. Elle s'appuie sur plusieurs signaux physiologiques, comme le rythme cardiaque, la température corporelle et surtout l'activité électrodermale, ce micro-changement de la peau souvent associé à l'activation émotionnelle. « Ce qui me manquait majoritairement, c'est ce capteur-là, l'activité électrodermale. Sur les dernières générations de montres, ils l'ont enfin intégré », explique Yann Frachi.

Avec une simple montre connectée, on pourra bientôt monitorer nos émotions. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Avec une simple montre connectée, on pourra bientôt monitorer nos émotions. ©Nicolas Guyot pour Clubic

Pour l'entreprise, cette évolution change l'échelle du projet. Ce qui nécessitait auparavant un bracelet propriétaire peut désormais passer par des montres grand public déjà portées au poignet. Les données sont envoyées vers le cloud d'Ovomind, qui revendique une latence inférieure à 300 ms et une précision supérieure à 81% en temps réel. L'analyse s'appuie sur le modèle de Russell, avec deux axes : l'intensité de l'émotion et sa valence, positive ou négative.

Samsung Galaxy Watch 8
  • Un design très élégant
  • Gemini intégré
  • Performances globales
9  / 10
Samsung Galaxy Watch 8 Classic
  • Boitier en acier inoxydable
  • Couronne rotative pour naviguer dans les interfaces
  • Bouton action
8  / 10
Google Pixel Watch 4

Dans le jeu vidéo, les ennemis pourraient lire votre peur

C'est dans le jeu vidéo que la promesse devient la plus parlante. Dans sa démonstration, Ovomind montre qu'un jeu peut adapter son comportement à l'état émotionnel du joueur. « Si on va avoir peur, les ennemis changent de comportement », illustre Yann Frachi.

L'émotion n'est alors plus seulement un effet recherché par le game design. Elle devient une commande à part entière, au même titre qu'un bouton, un stick ou un gyroscope. Un pic de stress, une baisse d'attention ou un niveau d'engagement plus élevé pourraient ainsi modifier le rythme d'une partie, la réaction des adversaires ou la manière dont une scène se déroule.

Le bracelet d'activité conçu par Ovomind à la création de la start-up. ©Nicolas Guyot pour Clubic

Selon le dirigeant, une trentaine de studios auraient déjà accès au dashboard de la société, avec une dizaine de jeux ou d'expériences en développement. Ovomind évoque aussi des contacts avec de grands noms du secteur, dont Ubisoft, Sony ou Kojima, sans détailler les projets concernés. « On parle de nouvelle génération d'interactions dans les jeux », glisse Yann Frachi.

L'automobile regarde aussi le conducteur

L'autre marché visé est l'automobile. Ovomind évoque des échanges avec Panasonic autour des nouvelles générations de cockpits. Là encore, les usages peuvent prendre plusieurs formes. Certains seraient très visibles, comme une ambiance lumineuse qui s'adapte, une interface plus apaisante ou une expérience embarquée modulée selon l'état du conducteur. D'autres seraient plus discrets, avec une analyse du stress, de la fatigue ou de la charge cognitive afin d'améliorer le véhicule sur la durée.

Imaginez un tableau de bord qui s'adapte automatiquement à vos émotions au volant. ©Ovomind

Ovomind ne vend donc pas seulement une brique IA pour montres connectées. La start-up défend une nouvelle couche d'interaction homme-machine, celle du ressenti. Après le tactile, la voix ou le regard, l'industrie commence à tester le pouls, la peau et les signaux faibles du corps.

La promesse est fascinante, mais elle demande aussi un peu de prudence. Des jeux capables de réagir à la peur ou des voitures attentives à la fatigue peuvent ouvrir des usages très concrets. À condition que cette lecture émotionnelle reste un outil au service de l'utilisateur, et non une nouvelle manière de l'observer en permanence.

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