easyJet et l'aéroport d'Amsterdam Schiphol viennent de déployer le TaxiBot électrique sur quatre Airbus A320neo. Ce tracteur semi-robotisé permet aux avions de rouler jusqu'à la piste sans allumer leurs moteurs, réduisant carburant, CO2 et bruit au sol.

Le TaxiBot d'easyJet tracte un A320neo. © easyJet
Le TaxiBot d'easyJet tracte un A320neo. © easyJet

Le roulage automatisé fait son entrée dans l'aviation commerciale européenne. Testé avec succès en mars sur l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, le TaxiBot électrique a tracté ses premiers avions commerciaux. Quatre Airbus d'easyJet sont désormais équipés en permanence de ce système, qui promet 95 kg de carburant et 299 kg de CO₂ économisés par vol, avec de grandes ambitions d'ici 2030.

Le roulage automatisé fait ses débuts en Europe sur le tarmac de Schiphol, grâce à easyJet et Airbus

Le fameux TaxiBot, imaginé dans le cadre du projet européen SESAR HERON, est un tracteur semi-robotisé qui prend littéralement l'avion en remorque pour le conduire de la porte d'embarquement jusqu'à la piste, sans que les réacteurs ne soient jamais allumés. Seul le groupe auxiliaire de puissance, un petit générateur embarqué qui alimente les systèmes de bord, continue de tourner pendant la manœuvre.

Amsterdam-Schiphol est le premier aéroport européen à avoir franchi le pas sur des avions Airbus. Le vol inaugural a eu lieu le 30 avril, avec un premier vol commercial TaxiBot passagers à bord. Dans la foulée, trois autres A320neo d'easyJet ont été équipés à leur tour de façon permanente, le tout dans le cadre d'un partenariat qui réunit Menzies Aviation, le gestionnaire de l'assistance au sol, Airbus et Smart Airport Systems. Au total, quatre avions sont désormais concernés.

© easyJet
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À chaque vol, le TaxiBot permettrait d'économiser en moyenne 95 kg de carburant et d'éviter l'émission de 299 kg de CO2, soit à peu près le poids d'un piano à queue. Petit plus non négligeable dans un aéroport aussi dense que celui d'Amsterdam, le bruit sur le tarmac s'en trouve lui aussi considérablement réduit.

Schiphol mise sur le TaxiBot pour atteindre un roulage zéro émission d'ici 2030

Quatre avions, c'est un début mais l'aéroport néerlandais voit bien plus grand. À grande échelle, le déploiement généralisé du TaxiBot pourrait réduire la consommation de carburant pendant le roulage jusqu'à 65 %. On pense à la baisse significative des émissions de CO2 bien sûr, mais aussi des oxydes d'azote et des particules ultrafines, ces polluants invisibles particulièrement nocifs pour la santé des riverains et du personnel au sol.

Schiphol ambitionne, d'ici 2030, que tous les avions qui roulent sur son tarmac puissent le faire « de manière durable ». Chez easyJet, où l'on revoit aussi le confort des sièges de ses appareils, on voit dans le TaxiBot « une nouvelle étape importante dans notre mission visant à exploiter nos opérations de la manière la plus efficace possible », commente le directeur des opérations David Morgan, pour une brique de plus dans l'objectif de réduire de 35 % l'intensité carbone de la compagnie aérienne britannique d'ici 2035.

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Esmé Valk, la responsable de la transformation et des ressources humaines de Schiphol, ne s'y trompe pas et nous dit qu'avec le TaxiBot, l'aéroport devient « un lieu de travail plus sain et plus propre, et un aéroport toujours plus durable et moderne, prêt pour l'avenir ». L'initiative est belle, prometteuse même, mais il n'empêche qu'avec quatre avions équipés sur une flotte mondiale de 300, easyJet (même chose pour les autres transporteurs) a encore de la marge avant que le TaxiBot ne devienne autre chose qu'une vitrine verte bien astiquée.