Le Virtual OS Museum rassemble plus de 1 700 systèmes d'exploitation préinstallés, de Windows 1.0 à Mac OS Classic, en passant par OS/2, Solaris, BeOS, TOS (Atari ST) ou NeXTSTEP. Une véritable machine à remonter le temps pour ceux qui ont connu l’informatique des disquettes, des premiers Mac, des PC beiges et des stations Unix.
Le grenier des vieux systèmes d'exploitation vient de rouvrir ses portes, sans prendre la poussière. Avec le Virtual OS Museum, le développeur Andrew Warkentin propose un immense musée numérique des OS que l'on croyait condamnés aux captures d'écran, aux souvenirs de disquettes et aux forums d'archivistes.
Windows 1.0, System 6 d'Apple, OS/2, BeOS, Solaris, TOS, NeXTSTEP, IRIX, Plan 9, Multics ou, encore, les premières bêtas de Longhorn ne sont pas seulement documentés. Ils peuvent être lancés, dans des environnements déjà configurés, avec cette petite sensation étrange de voyager dans une machine à remonter le temps.
Un grenier numérique pour les OS disparus
Le projet revendique plus de 1 700 installations, plus de 570 systèmes distincts et plus de 250 plateformes couvertes, avec une chronologie qui remonte jusqu'au Manchester Baby de 1948. On est donc loin de la petite collection nostalgique bricolée pour amuser quelques anciens administrateurs Unix. Le Virtual OS Museum ressemble plutôt à un vrai chantier de préservation logicielle.

Le principe reste assez simple. Il faut télécharger une machine virtuelle Linux prête à l’emploi qui sert de lanceur, choisir ensuite son système d'exploitation, double-cliquer, puis laisser l'émulation faire le reste. Le musée s'appuie notamment sur QEMU, VirtualBox ou UTM, avec des snapshots permettant de revenir à un état d'origine lorsque l'on a trop bidouillé dans les menus de personnalisation d'un OS des années 80. Ce qui, soyons honnêtes, finit toujours par arriver.

La nostalgie, mais déjà configurée
Deux éditions sont proposées. La première, complète, est plus lourde, mais utilisable hors ligne. La seconde, plus légère, télécharge les images au fur et à mesure des besoins. The Register évoque un téléchargement de 121 Go pour l'édition Full, qui grimpe à 174 Go une fois décompressée, contre 14 Go au téléchargement et environ 21 Go occupés sur le disque dur pour la version Lite (celle que je vous conseille d'installer, les images se téléchargeant bien plus vite que la machine virtuelle).
Dans l'ordre d'apparition : Mac OS Classic, Atari TOS, Solaris, IBM OS/2, Mac OS 9 et NeXTSTEP.
©The Virtual OS Museum et Nicolas Guyot
Reste évidemment la zone grise habituelle des vieux logiciels commerciaux. Le lanceur et les métadonnées disposent de leur propre licence, mais les systèmes d'exploitation conservent leurs droits d'origine. Le Virtual OS Museum ne règle donc pas la question juridique de l'abandonware. Il la classe simplement dans un tiroir mieux rangé que les autres. Pour celles et ceux qui ont connu le Finder de Mac OS à l'ancienne, les fenêtres grises de Windows, les stations Sun ou, encore, les promesses presque trop belles de BeOS, il sera tout de même difficile de ne pas cliquer.