Les box internet consomment de l'électricité en permanence, même sans appareil connecté ni trafic actif. Dans son enquête annuelle, l'ARCEP publie des mesures précises et riches d'enseignements sur les box, décodeurs TV et répéteurs Wi-Fi des foyers français.

Une box internet, branchée mais silencieuse, est en apparence totalement offensive sur son étagère. Elle travaille pourtant dans l'ombre, et pas qu'un peu. L'enquête annuelle de l'ARCEP, le régulateur des télécoms, publiée jeudi le confirme : sans aucun appareil connecté, sans le moindre trafic actif, la consommation électrique de base d'une box représente déjà 90 % de sa consommation totale. Alors ajoutez un décodeur TV et un répéteur Wi-Fi, et la facture d'électricité peut vite monter.
Des box internet qui consomment autant simplement allumées que sollicitées par les utilisateurs
Pour établir ses mesures, l'ARCEP a passé au banc d'essai 36 modèles de box internet (commercialisées entre 2006 et 2024 avec des versions box FttH, box ADSL, box 4G et box 5G), 21 décodeurs TV et 12 répéteurs Wi-Fi. Mais restons focus sur les premières citées pour l'instant. La configuration mise en place par les testeurs était la suivante : box allumée, Wi-Fi actif, mais personne dessus ni aucun appareil connecté, et aucun téléchargement en cours. Dans ces conditions de « box en fonctionnalité mais non sollicitée », l'appareil consomme en moyenne 9,1 watts. L'ARCEP a relevé des écarts parfois conséquents entre les modèles, de 3,3 watts pour les plus économes à 25 watts pour les plus voraces, soit près de huit fois plus.
Ce chiffre de 9,1 watts, c'est bien ce qui correspond aux 90 % de la consommation totale d'une box évoqués plus haut. Car utiliser internet, que ce soit en regardant une vidéo en streaming ou en connectant son téléphone à la box, pèse finalement très peu dans la balance. Dans le détail, streamer une série en 1080p, c'est un débit de 5 Mbit/s, et ça n'ajoute que 0,1 à 1,2 watt supplémentaire à la conso de base. Autrement dit, ce n'est pas ce que vous faites avec votre box qui consomme, c'est le fait qu'elle soit branchée.
Mais tout de même, certaines box font exploser la moyenne. Celles qui intègrent un disque dur, pour enregistrer des émissions, par exemple, montent à 19,4 watts en moyenne, soit plus du double. Car oui, le disque tourne en permanence, même quand personne ne l'utilise. Autre cas particulier, celui des box fibre, dont le boîtier fibre optique, appelé ONT, est un équipement séparé. Là, c'est 11,3 watts en moyenne, parce que deux appareils actifs consomment forcément plus qu'un seul.

Outre les box, les décodeurs et répéteurs Wi-Fi ont aussi un impact sur la facture
Il y a la box internet, mais généralement, dans de nombreux foyers abonnés à un opérateur, on retrouve un décodeur TV, qui l'accompagne. Et lui aussi consomme quand vous pensez qu'il ne fait rien. En veille, vous appuyez sur le bouton de la télécommande, l'écran s'éteint, vous croyez avoir tout coupé, mais le décodeur consomme en moyenne 4,1 watts. Et à l'instar des box internet, la différence de consommation entre les décodeurs peut être vertigineuse. Le régulateur des télécoms a mesuré une consommation de 0,2 watt en veille pour le modèle le plus sobre, et jusqu'à 15,4 watts pour le plus énergivore. Là, c'est près de 80 fois plus pour le même usage.
On comprend que selon la génération de son décodeur, ça change tout. Les anciens modèles consomment en moyenne 6,5 watts en veille, contre 2,9 watts pour ceux sortis après 2020, soit 55 % de moins. Mais il y a un détail que peu de gens connaissent aujourd'hui, qui est que par défaut, la plupart des vieux décodeurs se mettent en veille dite « légère », où le processeur interne continue de tourner en arrière-plan, comme un ordinateur en sommeil. Il existe un mode veille « profonde », bien plus sobre, mais il est désactivé par défaut et se trouve enfoui dans les paramètres de l'appareil.
Mis bout à bout, les box internet et décodeurs TV ont consommé en France 3,4 TWh d'électricité en 2024. Pour vous donner une idée, c'est cinq fois la consommation de tous les câbles et équipements des réseaux internet fixes du pays. Sans compter les répéteurs Wi-Fi, ces petits boîtiers qu'on installe pour étendre le signal dans les pièces mal couvertes de son logement, qui tirent en moyenne 5,6 watts supplémentaires en permanence. Donc l'addition, pour ce qu'on imagine souvent comme du matériel anodin posé dans un coin, est au final assez loin d'être négligeable.
Existe-t-il une solution viable ? Oui, mais elle n'est peut-être pas pratique pour tout le monde. Éteindre sa box la nuit, en la débranchant carrément, faute d'interrupteur sur la plupart des modèles, ramène la consommation du bloc d'alimentation à 0,1 watt. Un geste qui, multiplié par les 30 millions de foyers français équipés, représenterait une économie considérable. Le bouton on/off le plus utile de votre salon est peut-être celui que vous n'avez jamais utilisé.