Intel pourrait à nouveau se glisser à l'intérieur de votre futur iPhone, iPad ou Mac. C'est en tout cas ce que suggère une enquête publiée par le Wall Street Journal, qui indique qu'Apple et Intel auraient signé un accord préliminaire pour la fabrication de puces destinées à au moins certains appareils de la marque à la pomme. On vous explique pourquoi il s'agirait en fait d'une bonne nouvelle pour tout le monde.

Le logo Intel a l'entrée de sa Fab 52 de Phoenix, Arizona. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Le logo Intel a l'entrée de sa Fab 52 de Phoenix, Arizona. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

On peut le dire sans fausse pudeur, les processeurs x86 d'Intel ne sont pas vraiment regrettés sur nos Mac. Et pourtant, 6 ans après avoir abandonné (progressivement) les solutions Intel au profit de ses propres processeurs ARM, Apple pourrait faire à nouveau appel aux services de son ancien partenaire. L'idée ne serait évidemment pas d'amorcer un retour en arrière vers l'environnement x86… mais plutôt de profiter des capacités de production d'Intel Foundry Services (IFS), la filiale d'Intel chargée de la fabrication de semi-conducteurs, ouverte aux commandes externes depuis 2021.

La gravure Intel 14A aurait-elle séduit Apple ?

C'est en tout cas ce que suggère une enquête publiée par le Wall Street Journal, dont le contenu a été décortiqué par nos confrères de Next.ink. On y apprend qu'Apple et Intel auraient signé un accord préliminaire faisant suite à ce que le quotidien new-yorkais décrit comme des « discussions intenses » entre les deux groupes. Ces discussions auraient en l'occurrence duré plus d'un an.

De ce potentiel accord découlerait un pivotement stratégique majeur pour Apple. Actuellement, et depuis de nombreuses années, l'entreprise fait fabriquer la totalité de ses SoC chez le taïwanais TSMC, leader mondial. On sait néanmoins que ce dernier souffre de son succès et que ses capacités de production sont régulièrement saturées.

S'attacher les services d'un fondeur secondaire permettrait donc à Apple de beaucoup mieux faire face aux périodes de flux tendu sur l'approvisionnement en puces : Intel se chargerait de fabriquer ce que TSMC ne pourrait pas gérer faute de lignes de production suffisamment disponibles.

Un MacBook Pro 16 M5 Pro, pour illustration. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Un MacBook Pro 16 M5 Pro, pour illustration. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Une perspective intéressante pour tout le monde…

Il faut aussi souligner, comme le fait Next.ink, qu'Apple n'est plus le seul « chouchou » de TSMC. Le fondeur taïwanais, leader mondial, a vu ces derniers mois les commandes Nvidia s'accroitre drastiquement et la fabrication de puces vouées à l'IA doper significativement son chiffre d'affaires. Cette année, le géant au caméléon devrait d'ailleurs chiper à Apple sa place de plus gros client de TSMC. Tout un symbole.

Se tourner vers Intel Foundry Services permettrait donc à Apple de faire passer un message à TSMC, tout en faisant jouer la concurrence, au moins partiellement. Quant à Intel, il signerait avec un très gros client supplémentaire pour consolider toujours un peu plus son activité de fondeur, tout en rentabilisant les lourds investissements consentis ces dernières années pour la mise au point de ses procédés 18A (1,8 nm) et 14A (1,4 nm).

Le pari, très tendu, d'Intel autour du nœud 14A serait d'ailleurs en passe de payer, alors que Tesla a déjà été attiré dans son giron. Reste à savoir quel nœud Apple pourrait employer (vraisemblablement le procédé 14A, mais la chose n'est pas claire à ce stade) et quels produits du géant californien pourraient embarquer, non pas une puce conçue par Intel… mais une puce gravée par Intel.