L'ARCOM a rendu public jeudi un nouvel avenant à la convention de Prime Video. La plateforme d'Amazon s'engage à investir entre 90 et 110 millions d'euros par an dans la création française et européenne jusqu'en 2028.

Prime Video va investir jusqu'à 110 millions d'euros dans le cinéma et les séries françaises. © FotoField / Shutterstock
Prime Video va investir jusqu'à 110 millions d'euros dans le cinéma et les séries françaises. © FotoField / Shutterstock

Par les temps qui courent, et avec la menace de l'intelligence artificielle, c'est forcément un engagement financier très important pour le secteur audiovisuel français. En 2021, un décret fut publié pour contraindre les plateformes de streaming comme Amazon Prime Video, Disney+ et Netflix à financer la création audiovisuelle française et européenne. Cinq ans plus tard, l'ARCOM, le régulateur de l'audiovisuel et du numérique, a adopté cette semaine un nouvel avenant à la convention de la plateforme, qui couvre la période 2026 à 2028 et revoit ce seuil largement à la hausse. Une bonne nouvelle pour le secteur audiovisuel même si, comme souvent dans ce genre d'accord, le diable se cache dans les détails.

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De 40 à 90 millions d'euros par an, Prime Video change de braquet pour la création française

Depuis le décret de juin 2021, qui a contraint les plateformes de streaming à financer la création locale, Amazon Prime Video était soumis à un minimum garanti de 40 millions d'euros par an. Un plancher bien en-deçà du poids économique réel du service sur le marché français à l'heure actuelle, et visiblement, l'ARCOM partageait cet avis.

C'est désormais de l'histoire ancienne. Le nouvel avenant adopté le 6 mai 2026 et présenté jeudi fixe l'obligation d'investissement de Prime Video à 90 millions d'euros par an pour la création européenne et d'expression originale française, sur la période 2026-2028. Des montants calculés, précise l'ARCOM, « au regard de la valeur économique du service au sein de l'offre Prime ».

Il existe même un palier supplémentaire. En France, la chronologie des médias réglemente le délai entre la sortie d'un film en salles et sa disponibilité sur les plateformes, et accéder à un film moins de 12 mois après sa sortie cinéma nécessite un accord spécifique avec les professionnels du secteur. Si Prime Video franchit ce cap et diffuse au moins un film dans cette fenêtre, son obligation d'investissement passera alors de 90 à 110 millions d'euros par an.

Prime Video a jusqu'au 31 juillet pour s'entendre avec le cinéma français

Cet avenant comporte toutefois une condition majeure, sous forme de cause résolutoire. Pour qu'il reste valable, Amazon Prime Video doit conclure un accord avec les organisations professionnelles du cinéma français, donc les syndicats de producteurs, distributeurs et autres acteurs du secteur. Sans entente d'ici là, l'avenant sera automatiquement annulé le 31 juillet 2026. Prime Video a néanmoins la possibilité de signaler avant cette date qu'elle souhaite maintenir ses engagements, même sans accord.

Si aucun accord n'est trouvé et que Prime Video ne manifeste pas sa volonté de maintenir ses engagements, c'est l'ARCOM qui reprendra la main. On imagine que la plateforme serait alors soumise au régime réglementaire par défaut, celui qui s'applique à toutes les plateformes de streaming n'ayant pas signé d'accord avec le cinéma français, à savoir une obligation d'investissement fixée à 4 % de leur chiffre d'affaires net en France.

En attendant, l'ARCOM se dit officiellement satisfait de cette évolution, qu'il juge positive pour la création française et européenne. Reste que le plus dur est peut-être à venir : Amazon et les professionnels du cinéma français ont jusqu'au 31 juillet pour trouver un terrain d'entente.