Xiaomi a stupéfait la planète automobile en écoulant 650 000 véhicules électriques en à peine deux ans. Après avoir conquis la Chine, le géant prépare visiblement son offensive sur le marché européen.

Fondée en 2010 avec le marché du smartphone en ligne de mire, Xiaomi a créé la surprise en annonçant en 2021 son intention de construire des voitures électriques. Trois ans plus tard, la marque lançait son premier modèle, la berline sportive SU7. Succès garanti avec 50 000 unités réservées en 30 minutes à l'ouverture des commandes.
Son deuxième véhicule, le SUV YU7, taillé pour rivaliser avec le Tesla Model Y, a quant à lui engrangé 200 000 précommandes en seulement trois minutes lors de son lancement l'an dernier. Concrètement, les ventes de la marque sont comparables à celles de Tesla en Chine. À tel point que la demande dépasse même les capacités de production de son usine de Pékin, qui sort pourtant une voiture toutes les 76 secondes grâce à un taux d'automatisation de 91 %.
La suite logique
Problème, le marché automobile chinois montre des signes d'essoufflement. La croissance des ventes de véhicules électriques devrait ralentir, s'ouvrir à de nouveaux marchés s'impose donc comme une nécessité pour la marque.
Et l'Europe représente évidemment une cible naturelle, Xiaomi y étant déjà le troisième fabricant de smartphones. De quoi lui conférer une notoriété et une base de consommateurs que ses concurrents chinois dans l'automobile, majoritairement inconnus du grand public européen, ne peuvent pas revendiquer. Un avantage de taille, car la confiance envers les marques joue un rôle déterminant dans le secteur automobile.
Tout pointe vers son offensive prochaine sur le Vieux Continent. L'année derinère, Xiaomi a ouvert un centre de recherche et développement à Munich, où elle a recruté plus de 75 ingénieurs européens. Son tout dernier modèle, le YU7 GT est le premier véhicule conçu en collaboration avec ces équipes. « Le marché européen compte vraiment pour nous », a récemment confié la directrice du marketing de la firme.

Pas si facile
Mais la route sera semée d'embûches. Car la loyauté des automobilistes européens nvers les grandes marques premium locales reste très forte, notre le Financial Times, et s'imposer dans ce segment prend du temps. Ainsi, les constructeurs chinois dans leur ensemble ne représentent que 8,6 % du marché automobile en Europe et au Royaume-Uni, et leur part est encore plus faible en Allemagne et en France.
Ce n'est pas tout. Il faut savoir qu'une grande partie de la compétitivité de Xiaomi repose sur l'écosystème industriel chinois : coordination étroite avec les fournisseurs, intégration avec ses smartphones et appareils connectés, maîtrise des coûts de production. Une structure qui s'avère difficile à reproduire à l'étranger.
Sans oublier, bien entendu, que la réglementation européenne sur la conduite autonome pourrait également constituer un frein supplémentaire.