Le constructeur européen vient de signer un partenariat de cinq ans avec Microsoft. Au menu : intelligence artificielle, cybersécurité et migration cloud. L'ex-partenaire Amazon n'a même pas eu le temps de refroidir.

Stellantis et Microsoft ont officialisé une collaboration stratégique portant sur cinq ans, rapporte Reuters. Les deux groupes prévoient de co-développer plus de 100 outils fondés sur l'intelligence artificielle. Les domaines couverts vont du service client à la maintenance prédictive, en passant par la cyberdéfense des véhicules connectés.
Stellantis change de cheval tech sans changer de stratégie
Le partenariat n'est pas une page blanche. Stellantis et Microsoft collaboraient déjà sur des plateformes de véhicules connectés et des services numériques embarqués. Cette fois, l'accord formalise une montée en puissance à grande échelle. Concrètement, le constructeur prévoit de migrer ses systèmes vers le cloud Azure. Objectif affiché : réduire de 60 % son empreinte datacenter d'ici 2029.
Côté employés, tous les salariés Stellantis ont accès à Copilot Chat. Un premier lot de 20 000 licences Microsoft 365 Copilot a été déployé sur des postes ciblés. La cybersécurité occupe aussi une place centrale. Un centre de cyberdéfense mondial, piloté par l'IA, couvrira les systèmes informatiques, les véhicules connectés, les usines et les produits numériques du groupe.
Pour les conducteurs, les retombées restent abstraites à ce stade. Stellantis cite l'exemple d'un conducteur Peugeot recevant des recommandations personnalisées pour une conduite plus économe en ville. Aucun calendrier de déploiement ni montant financier n'ont été communiqués.
Multiplier les partenaires pour compenser un retard assumé
Le détail qui pique : le partenariat avec Amazon, signé en grande pompe en 2022 autour de la plateforme SmartCockpit, s'est essoufflé l'an dernier. Stellantis n'a pas commenté cet abandon. Microsoft prend donc le relais, mais le schéma reste identique : un géant tech fournit l'infrastructure, Stellantis fournit les voitures.
Et la liste ne s'arrête pas là. En février 2025, le constructeur a élargi son accord avec Mistral AI pour un assistant vocal embarqué et l'optimisation de la production. À l'automne 2025, c'est avec NVIDIA, Uber et Foxconn qu'il a lancé un projet de robotaxis. Quatre alliances tech majeures en moins de 18 mois.
Le contexte explique l'urgence. Les constructeurs chinois accélèrent sur le logiciel embarqué et les fonctions connectées. Les constructeurs historiques, eux, peinent à maîtriser seuls la couche logicielle de leurs véhicules. Ned Curic, directeur de l'ingénierie chez Stellantis, assume la démarche. Le groupe veut « accélérer son élan IA à l'échelle de l'entreprise », écrit-il dans le communiqué commun.
La stratégie a sa logique : chaque partenaire apporte une brique spécifique. Mistral pour les modèles de langage, Microsoft pour le cloud et la cybersécurité, NVIDIA pour le calcul embarqué. Mais elle expose aussi une dépendance structurelle. Si Amazon a pu être remplacé du jour au lendemain, rien ne garantit que Microsoft ne subira pas le même sort.
Reste la question que personne ne pose dans les communiqués : combien de partenariats tech faut-il empiler avant de savoir faire du logiciel soi-même ?