La DGCCRF a mené une vaste opération de contrôle sur les produits chimiques grand public en 2023 et 2024, et le bilan est conséquent. Plus de 275 000 produits ont été retirés des rayons pour protéger la santé des consommateurs.

Des insecticides qui renferment des produits chimiques formellement interdits, des lessives dites hypoallergéniques sans l'être vraiment, ou des produits pour voiture dont l'étiquette omet des informations cruciales sur leur dangerosité, après deux ans d'enquête, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes fait le bilan ce mercredi 15 avril 2026. En 2023 et 2024, ses agents ont passé au crible plus de 15 700 références de produits chimiques du quotidien, auprès de 4 200 professionnels (fabricants et distributeurs confondus). Au final, de nombreuses unités ont été jugées dangereuses pour la santé ont été retirées des rayons. Les responsables ont écopé de sanctions allant de l'amende administrative aux poursuites pénales.
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De nombreux produits chimiques dangereux retirés du marché par la DGCCRF en 2023 et 2024
Les insecticides, bougies, peintures, lessives, détergents, parfums d'ambiance, colles, et produits pour voiture sont des produits qu'on glisse dans son caddie ou dans son panier en ligne sans trop se poser de questions. En 2023 et 2024, la DGCCRF a décidé de regarder de plus près ce que ces articles contiennent vraiment. Ses enquêteurs ont analysé plus de 15 700 références différentes, vendues par 4 200 professionnels, en remontant toute la chaîne, du fabricant qui produit jusqu'au distributeur qui vend en magasin.
La Répression des fraudes, et c'est plutôt une bonne nouvelle, indique que la majorité des professionnels contrôlés respectait les règles. La mauvaise nouvelle, c'est que 16 % d'entre eux ont été pris en faute pour des infractions jugées sérieuses, dont la présence de substances chimiques en quantité supérieure aux limites légales autorisées. La DGCCRF a donc prononcé plus de 500 sanctions administratives, auxquelles il faut ajouter 12 arrêtés préfectoraux demandant l'arrêt immédiat de la vente de certains produits, et plus de 110 procès-verbaux pénaux dressés, principalement contre des professionnels pratiquant la tromperie commerciale ou commercialisant des produits biocides sans autorisation.
L'étiquette est le principal problème relevé par les enquêteurs. Toutes catégories de produits confondues, il s'agit du manquement le plus fréquent. Ces informations imprimées sur le flacon ou l'emballage, qui doivent obligatoirement indiquer les dangers du produit et les précautions d'usage, sont trop souvent incomplètes, imprécises ou carrément trompeuses. Près de 980 avertissements ont été envoyés aux professionnels concernés. Les petites et moyennes entreprises, moins bien informées sur leurs obligations légales, sont aussi les plus susceptibles de se retrouver en infraction sans même le savoir.
Des substances interdites et allégations mensongères parmi les cas qui ont fait l'effet d'une bombe
Au total, plus de 275 000 produits ont été retirés des rayons ou purement détruits, car jugés dangereux pour la santé. Parmi les exemples les plus parlants, près de 14 000 unités de lave-glaces hiver, nettoyants pour jantes et cires pour carrosserie ont disparu de la vente. Leur point commun était d'avoir des étiquettes qui passaient sous silence le fait que certaines de leurs substances étaient cancérogènes, une information pourtant obligatoire, et dont l'absence n'a rien d'un simple oubli.
Parmi les cas les plus graves figure la traque de deux insecticides anti-punaises de lit, le SNIPER 1000 EC DDVP et le SHOOTER 1000 EC DDVP, tous deux interdits à la vente en France. En cause, leur formulation à base de dichlorvos, une substance si toxique qu'elle peut provoquer des hospitalisations sévères, voire entraîner la mort. Malgré leur interdiction, ces produits continuaient à circuler librement sur internet. Les enquêteurs ont saisi 1 130 flacons et obtenu le retrait de plus de 530 annonces sur des plateformes de vente et des réseaux sociaux. Et les contrôles se poursuivent encore cette année.
La DGCCRF s'est également attaquée aux fausses promesses marketing et au greenwashing. Une lessive affichait par exemple fièrement être « sans MIT » (le méthylisothiazolinone est un conservateur chimique reconnu pour déclencher des allergies) alors qu'elle en contenait bel et bien. Un autre produit se revendiquait fabriqué en France, sans pouvoir le prouver. Des mensonges qui coûtent en tout cas, puisque les professionnels pris en flagrant délit ont reçu des injonctions officielles de corriger leurs pratiques, et les récidivistes ou les cas les plus graves ont écopé d'amendes allant jusqu'à 35 000 euros.