Longtemps éclipsé par la montée en puissance de l’OLED et l’offensive des MiniLED concurrents, le LCD n’a pourtant pas dit son dernier mot chez LG. En 2026, la marque tente de relancer l’intérêt autour de cette technologie avec une nouvelle approche centrée sur le RGB, déclinée à travers plusieurs gammes réunies sous l’appellation MRGB.

Cette stratégie s’inscrit dans une refonte plus globale de la gamme de téléviseurs LCD. À la base, les séries QNED81 et QNED86 continuent d’occuper le terrain avec des solutions éprouvées. Mais c’est bien au-dessus que LG entend faire la différence, avec ses nouvelles références MRGB.
MicroRGB et MiniRGB : une même bannière, deux réalités
Au sommet, la série MRGB96, basée sur la technologie Micro RGB evo, incarne cette ambition. Elle repose sur des LED RGB miniaturisées (moins de 100 µm) associées à un rétroéclairage Full Array. LG évoque un peu plus d’un millier de zones de gradation locale, pilotées par le système Micro Dimming Ultra. L’ensemble est épaulé par le processeur α11 AI 4K Gen3, chargé d’optimiser l’image en temps réel, notamment via des traitements d’upscaling et de gestion dynamique du contraste.

Sur le papier, la fiche technique se veut impressionnante : une luminosité annoncée pouvant approcher les 4 000 cd/m² et une triple certification de couverture colorimétrique à 100 % des espaces DCI-P3, Adobe RGB et BT.2020. L’écran repose sur une dalle 4K 120 Hz native, avec des modes d’optimisation permettant d’atteindre des fréquences plus élevées en jeu. Une vitrine technologique clairement positionnée sur le segment premium, même si le nombre de zones reste inférieur à celui de certains MiniLED haut de gamme.
Côté gaming, la série MRGB96 ne fait pas l’impasse sur les fonctionnalités avancées : quatre ports HDMI 2.1, compatibilité VRR jusqu’à 165 Hz, certification AMD FreeSync et prise en charge du Dolby Vision Gaming en 4K 120 Hz. De quoi viser clairement les usages les plus exigeants, aussi bien sur console que sur PC.
Les tarifs des téléviseurs LG MRGB
| Gamme / Modèle | 50" | 55" | 65" | 75" | 86" | 100" |
| MRGB96 (MicroRGB) | — | — | — | 4 999 € | 6 999 € | 9 999 € |
| MRGB9M (MiniRGB + Zero Connect) | — | — | 1 799 € | 2 499 € | 2 999 € | — |
| MRGB86 (MiniRGB) | 999 € | 1 199 € | 1 399 € | 1 799 € | — | — |
| MRGB87 (MiniRGB) | 849 € | 999 € | 1 199 € | 1 799 € | 2 199 € | — |
| MRGB88 (MiniRGB) | 849 € | 999 € | 1 199 € | 1 799 € | 2 199 € | — |
Mais en descendant dans la gamme, le discours se brouille. Car derrière l’appellation MRGB coexistent en réalité deux technologies distinctes : le MicroRGB, réservé à la série MRGB96, et le MiniRGB, utilisé sur les modèles plus accessibles comme les MRGB86, MRGB87 ou MRGB88 (des références très proches, dont les différences tiennent principalement au design du pied ou à la distribution), mais aussi sur le MRGB9M, le MiniLED RGB avec boitier Zero Connect.
Ces modèles reprennent bien la promesse du RGB, à savoir des LED capables d’émettre directement les couleurs primaires. Ils s’appuient toutefois sur une architecture plus simple, avec un processeur α8 AI 4K Gen3 et un système Precision Dimming moins avancé. La fiche technique confirme d’ailleurs un positionnement plus accessible : trois ports HDMI 2.1, VRR jusqu’à 144 Hz, certification AMD FreeSync et une section audio limitée à 20 W.
Autre différence notable, ces modèles n’évoquent qu’une double certification de couverture colorimétrique, contre une triple certification pour la série MRGB96. Surtout, l’absence de mention d’un rétroéclairage Full Array laisse fortement penser à une architecture de type Edge LED, ce qui limite mécaniquement la précision du contraste et la gestion du blooming, malgré les apports du RGB sur la colorimétrie.
QNED81 et QNED86 : les bases plus classiques de la gamme LCD
Face à ces nouvelles séries MRGB, les QNED conservent un positionnement plus lisible. La QNED81 reste une porte d’entrée classique, avec une dalle 4K 60 Hz associée à un rétroéclairage LED standard, sans véritable système de gradation locale avancée. Elle se contente d’un traitement HDR10 et d’une connectique HDMI 2.0, avec un support du VRR limité à 60 Hz.
La QNED86 monte en gamme de manière plus significative. Elle adopte un rétroéclairage MiniLED de type Full Array, associé au système Precision Dimming, qui segmente le rétroéclairage en plusieurs zones indépendantes. Couplée à une dalle 120 Hz (jusqu’à 144 Hz en VRR), à quatre ports HDMI 2.1 et à la prise en charge du Dolby Vision, une architecture permet d’améliorer nettement le contraste, de limiter les effets de blooming et d’optimiser l’affichage HDR.
Le RGB, une promesse intéressante, mais pas uniforme
Avec les séries MRGB, LG cherche à faire évoluer cette logique. En remplaçant les LED blanches par des LED RGB, la marque vise à améliorer le volume colorimétrique, c’est-à-dire la capacité à afficher des couleurs saturées même à forte luminosité. Un gain théorique qui peut se traduire par une image plus riche en HDR, mais qui dépend fortement de l’architecture du rétroéclairage.
Reste à savoir si ce pari sera suffisant. Car si le gain en colorimétrie est réel sur le papier, il ne compense pas toujours les limites structurelles du LCD, en particulier lorsque le rétroéclairage n’est pas de type Full Array. Derrière l’appellation MRGB, toutes les TV ne jouent donc clairement pas dans la même cour.