Excellent, mais trop sage ? L’AirPods Max 2 améliore la formule sans vraiment la réinventer. Un choix assumé par Apple, qui laisse pourtant certains défauts inchangés. Notre test du modèle a en effet mis en évidence le fait que la marque n’a pas vraiment corrigé les défauts de son prédécesseur, tout en améliorant encore les bons points.

Sur le papier, les optimisations concernant l’Apple AirPods Max 2 tiennent en une référence : H2. Cette puce très en avance sur son temps, du moins à sa sortie en 2022, constitue la base des progrès. Par cette intégration, Apple applique une réduction de bruit active un peu plus efficace, une meilleure isolation des voix en appel, mais surtout la mise en place de nombreuses fonctions : traduction en direct, Audio Adaptatif, détection des conversations, etc.
- Excellente performance audio, scène sonore ample
- Isolation phonique au top
- Mode transparence parfait
- Qualité des microphones
- Construction admirable
- Fonctions avancées de la puce H2
- Des oscillations dans les aigus (creux, puis brillance)
- Kit main-libre toujours perfectible en milieu bruyant
- Assez lourd
- Pas de LE Audio ni de Multipoint
- Autonomie très moyenne
Techniquement parlant : ceci n’est pas une révolution
Oui, la puce H2 est incontestablement plus efficace que la puce H1. Mais si son effet était absolument incontestable entre les AirPods pro et les AirPods Pro 2, le passage de l’AirPods Max 1 à l’AirPods Max 2 donne un résultat plus nuancé.
À l’oreille comme à la mesure, nous pouvons constater que ce nouveau casque parvient à être plus isolant dans les haut-médiums, ce qui n’est jamais un luxe. Les sons plus imprévisibles, à commencer par les voix, sont traités un peu plus efficacement, et surtout avec plus de réactivité. Tout irait pour le mieux si l’isolation passive avait progressé. En l’état, le vaisseau amiral de Sony, le WH-1000Xm6, présente un bilan à peu près équivalent pour ce qui est de l’ANC, mais obtient une meilleure atténuation passive. Certains sons aigus, comme les bruits soufflants, existent encore avec le modèle Apple.
De son côté, le mode Transparence devient encore un tout petit peu plus stable. Nous constatons toujours un léger creux autour des 4-6 kHz, mais ce creux se manifeste à peine dans la pratique. Au mieux donne-t-il la sensation d’avoir un très léger voile, et encore.
Le kit mains-libres est un peu frustrant. D’un côté Apple propose tout simplement la meilleure qualité de captation existante sur un casque Bluetooth, captation légèrement plus fine que sur l’AirPods Max. De l’autre, la stabilité du signal en environnement bruyant n’est pas garantie. La réduction des bruits extérieurs est modérée, ce qui permet de ne pas dégrader la qualité de la voix au moindre bruit, mais ce choix se confronte rapidement à la réalité du terrain. Dans une rue très bruyante ou en transports en commun, nous entendons encore les bruits de circulation, tout en constatant une altération progressive du signal. Bose fait mieux, le dernier né de chez Sony fait mieux.
Enfin, la qualité audio progresse également, mais là-aussi à pas de fourmi. La signature sonore du AirPods Max 2 est pratiquement la même que celle du AirPods Max 1, nous retrouvons notamment un petit creux dans les aigus, qui adoucit l’écoute mais fait légèrement perdre en ouverture et en niveau de détails. Malgré tout, les petits ajustements de cette nouvelle version, ainsi que l’utilisation d’un nouvel amplificateur, permettent de développer un son légèrement plus vif et maîtrisé dans les graves, ainsi qu’une scène sonore encore plus ample.
Des défauts non corrigés
Un regret ressort de notre expérience avec l’AirPods Max 2 : les quelques défauts de la première version n’ont pas été corrigés, et Apple ne comptait visiblement pas écouter les critiques. Le fabricant semble considérer ces points non pas comme des défauts… mais comme des choix de conception.
Oui la disposition luxueuse est intacte, mais cela est toujours synonyme de poids très élevé (387 g), et par conséquent de confort perfectible. De même, la structure n’est pas pliable, ce qui n’est pas optimal pour transporter le produit.
En parlant de transport, voici le retour à l’identique de la fameuse housse si polémique. Celle-ci, qui ne recouvre que les coques, permet de protéger ces dernières et de déclencher la veille prolongée, point barre. Elle n’agit ni comme une protection anti-poussière, ni comme une armure pour les autres éléments, arceau et bandeau tissé en tête.
Nous espérions que l’autonomie fasse un véritable bond afin de rattraper le retard sur la concurrence, ce n’est pas le cas. Le casque atteint péniblement les 20 h de fonctionnement avec ANC, et n’excède pas les 25 h sans ANC. Sans être catastrophique, cette performance place Apple en queue de peloton. Passer à 30 h serait selon nous un minimum, dépasser les 40 – 45 h serait optimal.
De vraies nouveautés ? Bonjour H2
À l’instar des AirPods 4, AirPods Pro 2 et AirPods Pro 3, l’AirPods Max 2 exploite les avantages de la puce H2. Celle-ci vient, comme nous l’avons dit, légèrement améliorer les performances, mais ses avantages les plus notables résident dans les nouvelles fonctions embarquées. Ces fonctions sont uniquement réservées à l’écosystème iOS/MacOs.
Pas indispensables pour tout le monde, puisqu’avant tout liées à l’ergonomie, ces nouveautés sont les suivantes :
- Mode d’écoute Adaptatif : ajuste l’ANC ou le retour sonore en fonction de la situation. Ce mode franchement efficace pousse la transparence en environnement calme, et met en avant l’isolation à l’extérieur, avec plus ou moins d’intensité. L’écoute adaptative comprend des seuils ajustables dans les réglages (onglet audio)
- Commande de l’appareil photo : déclenchement de l’obturateur en appuyant sur la Digital Crown. Intéressant, mais fatalement étrange en mode selfie
- Volume personnalisé : fonction qui ajuste automatiquement le volume sonore par rapport aux bruits extérieurs. Plutôt efficace pour protéger son audition
- Détection des conversations : outil qui atténue drastiquement le volume sonore lorsqu’une conversation est détectée. Cette fonction ne s’est néanmoins pas révélée très réactive lors de notre test.
- Réduction des bruits forts : celle-ci agit comme un limiteur pour le mode transparence et le mode adaptatif. Ainsi, si un bruit de trop forte intensité est détecté, l’AirPods Max 2 va automatiquement brider le retour sonore, voire enclencher la réduction de bruit.
- Gestes de la tête : reconnaissance des mouvements de tête, qui se limite en pratique à la gestion des appels (accepter ou refuser)
- Traduction en direct avec le casque : tout comme pour les Airpods Pro 3, cette fonction réservée aux très récents iPhone (15 et plus) permet de se servir des microphones et des transducteurs du casque au lieu de ceux du téléphone
Oui, le casque propose donc son vrai lot de nouveautés. Pour qui désire utiliser le maximum de fonctions et d’automatismes sur iPhone, et avoir sous la main le meilleur son et la meilleure réduction de bruit possible, difficile de ne pas conseiller ce AirPods Max 2. Pour les autres, l’AirPods Max en version USB-C est certes un peu moins riche, mais affiche une base technique pratiquement identique, que ce soit en termes de qualité sonore ou d’isolation. Cette première version va fatalement voir son prix baisser, ce qui la rend plus attractive selon nous.
