Des chercheurs du Mass General Brigham ont conçu une application mobile pour aider les utilisateurs à rejeter leurs pensées négatives automatiques. Ce programme médical, « HabitWorks » a fidélisé 78 % de ses usagers après un mois de pratique car les exercices courts modifient efficacement les biais d'interprétation.

Courtney Beard dirige une équipe scientifique au McLean Hospital et vient de publier une étude clinique effectuée auprès de 340 adultes aux États-Unis. Alors certes, la taille réduite de cet échantillon limite la portée des résultats, mais le projet apporte une réponse concrète à une crise sanitaire majeure.
Les scientifiques ont constaté une amélioration du moral pour les testeurs réguliers d'après les résultats parus dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology. L'équipe médicale exploite la modification des biais cognitifs pour briser le cycle des conclusions hâtives. L'utilisateur perçoit un changement psychologique par une pratique de quelques minutes par jour.
Pour l'heure, l'application n'est pas encore disponible.
Un palliatif numérique à une crise sanitaire mondiale
L’Organisation mondiale de la santé dénombre plus d'un milliard de personnes souffrent de troubles psychiques à travers le monde. En France, la situation hospitalière s'aggrave puisque le taux de vacance des postes de psychiatres atteint désormais 30 % selon les derniers bilans de la Fédération Hospitalière de France.
La FHF qui déplore une dégradation historique puisque 73 % des citoyens renoncent désormais à au moins un acte de soin. Cela représente sept millions de patients supplémentaires en seulement deux ans. Un rendez-vous chez le généraliste demande deux semaines d'attente contre quatre jours en 2019. Les délais pour un cardiologue ou un dermatologue doublent et atteignent trois à quatre mois. Près de 40 % de ces renoncements sont également dus à des problèmes financiers.
Ces blocages poussent les usagers vers les agents conversationnels car l'intelligence artificielle offre une écoute immédiate.
Aux États-Unis, en proposant son programme d'entraînement pour stabliliser l'état émotionnel avant une prise en charge humaine, l'équipe de Courtney Beard pourrait également trouver un bel écho auprès de patients en attente de soins.
Attention, mais ce programme et l'application à venir n'assurent aucune fonction de diagnostic.

L’entraînement cérébral par la répétition
La méthode CBM-I exploite la plasticité cérébrale car l'esprit humain acquiert de nouvelles habitudes par la pratique. L'utilisateur lit une phrase ambiguë comme « votre patron demande à vous voir » et choisit immédiatement une explication neutre parmi plusieurs choix. L'individu écarte l'idée d'un licenciement pour privilégier une simple réunion de routine. Cette gymnastique mentale affaiblit les schémas anxieux car le cerveau automatise progressivement ces nouvelles réponses. Courtney Beard explique que cette technique agit comme un filtre correcteur sur la vision du monde.
Les exercices utilisent le paradigme d'association mot-phrase pour forcer une interprétation équilibrée de la réalité. L'application personnalise les défis d'après les craintes spécifiques de chaque usager grâce à un questionnaire initial. Les patients qui s'exercent trois fois par semaine constatent une meilleure gestion du stress dans leurs interactions sociales. L'étude ne cherche pas à imposer un bonheur forcé mais aide à envisager des explications logiques et moins douloureuses. L'utilisateur gagne en souplesse d'esprit et réduit ses ruminations nocturnes.
L'équipe médicale garantit la protection des données pour rassurer les usagers. Les boutiques officielles ne proposent pas encore l'application HabitWorks car les chercheurs terminent les phases de certification. Les futurs utilisateurs peuvent s'inscrire sur une liste d'attente pour recevoir une invitation lors du lancement général.
À toutes fins utiles
Aucune application ou intelligence artificielle ne remplace le suivi par un professionnel de santé mentale. Les outils numériques servent de complément mais le diagnostic médical revient aux psychiatres ou psychologues diplômés. Les personnes en souffrance peuvent contacter Santé Mentale Info Service ou utilisent les lignes d'urgence nationales :
- 3114 (Numéro national de prévention du suicide avec un appel gratuit et permanent)
- 0 800 130 000 (Plateforme de soutien psychologique nationale)
Le portail web guide les familles vers les Centres Médico-Psychologiques grâce à une recherche géographique précise. Les professionnels répondent aux questions sur les droits des usagers et les structures d'accueil pour assurer une aide humaine.
Source : DigitalTrends