Un peu plus de vingt-quatre heures après une nouvelle cyberattaque, La Poste en subit toujours les effets. Ce vendredi 2 janvier, les équipes cyber du groupe ont pris la parole, en donnant des chiffres impressionnants.

La Poste est handicapée depuis plus de 10 jours depuis des cyberattaques d'ampleur. © Alexandre Boero / Clubic
La Poste est handicapée depuis plus de 10 jours depuis des cyberattaques d'ampleur. © Alexandre Boero / Clubic

La Poste ne peut que déplorer d'être encore une fois attaquée. Le groupe, victime d'une nouvelle cyberattaque survenue à peine quelques heures après le passage à la nouvelle année, voit encore plusieurs de ses activités perturbées. Ce vendredi 2 janvier 2026, à l'aube d'un nouveau week-end, les équipes communication et cyber de La Poste affirment que « l'attaque de la semaine dernière, comme celle de jeudi matin, sont d'une ampleur inédite ».

La Poste donne des explications sur les terribles cyberattaques subies

Pour nous donner une idée de la monstruosité de la cyberattaque subie, La Poste dit avoir encaissé, depuis le jeudi 1er janvier à 3h15, « plusieurs milliards de tentatives de connexion par seconde » dirigées vers ses systèmes d'information. La forme est toujours la même, avec notamment des attaques de type DDoS (par déni de service).

Rappelons, si vous n'êtes pas encore familier avec ce jargon, qu'une attaque cyber dite « DDoS » consiste à envoyer un grand nombre de requêtes vers un site, un système ou autre, pour l'inonder et l'asphixier, afin qu'il ralentisse, qu'il ne soit plus accessible. Ces attaques « proviennent de millions d’adresses IP (ordinateurs « zombies » ou objets connectés) contrôlées à distance par les attaquants, à l’insu de leurs propriétaires », expliquent les équipes de La Poste.

La dernière attaque est toujours en cours. La Poste indique que ses services ne sont rétablis que progressivement. « Nous mettons tout en œuvre pour garantir leur stabilité », indiquent ses équipes. Ce vendredi 2 janvier après-midi, plusieurs services sont en effet encore instables, ou fonctionnent en mode dégradé, comme Colissimo, qu'il s'agisse du suivi, de l'affranchissement, du dépôt ou de la réception de colis. Pour La Banque Postale, de nombreux clients disent encore avoir du mal à accéder à leur application ou site Internet.

© Alexandre Boero / Clubic
© Alexandre Boero / Clubic

L'enquête se poursuit, et les experts cyber au chevet de La Poste

La Poste fait en sorte de rétablir ses services, et l'enquête, elle, est en cours. Celle-ci est d'ailleurs « prise en charge par le DGSI, la Direction générale de la Sécurité intérieure, et les services spécialisés de la gendarmerie, saisis par le procureur de la République de Paris ». En outre, 300 experts en cybersécurité et systèmes d'information de La Poste sont mobilisés pour rétablir le service.

Le groupe postal tient aussi à rassurer ses clients : « aucune fuite de données n'a eu lieu », précise-t-il. Les temps sont durs pour La Poste, qui se remettait à peine de la terrible cyberattaque du 22 décembre 2025, révélée par Clubic. De nombreux services avaient déjà été impactés. Comme l'actuelle attaque informatique, seule la partie paiement n'était pas touchée, puisque fonctionnant sur un flux séparé.

Aucune revendication crédible n'a encore été validée par les autorités cyber. Un groupe pro-russes a bien déclaré avoir été derrière l'attaque du 22 décembre, mais l'affirmation reste encore aujourd'hui fallacieuse. Ce qui est certain, c'est que l'entité, le groupe, ou l'État qui s'en prend à La Poste depuis une dizaine de jours dispose de gros, de très gros moyens. Et il ne semble pas vouloir relâcher la pression.