La carte Vitale débarque sur tous les smartphones français dès aujourd'hui. Mais qu'en est-il de la sécurité de vos données personnelles ? L'Assurance Maladie apporte quelques réponses.

Ça y est, 30 millions de Français supplémentaires peuvent dématérialiser leur carte Vitale depuis ce mardi 18 novembre. Une petite révolution administrative qui soulève son lot d'interrogations légitimes sur la confidentialité des données de santé. Qu'il s'agisse de la reconnaissance faciale par vidéo, de l'hébergement des données ou du chiffrement des informations sensibles... L'Assurance Maladie détaille les dispositifs mis en place pour garantir le respecte de la vie privée des patients. Petit tour d'horizon des garde-fous mis en place.
La carte Vitale dématérialisée, un sas de sécurité dès l'activation
Pour activer l'application carte Vitale, sachez qu'il est impossible de tricher sur son identité. L'Assurance Maladie impose deux parcours au choix : soit une vérification biométrique intégrée à l'application avec reconnaissance faciale par vidéo validée par un véritable opérateur humain, soit l'utilisation de France Identité pour ceux qui possèdent une carte nationale d'identité électronique. Deux chemins donc, avec pour seule exigence de prouver que vous êtes réellement qui vous prétendez être.
Chaque consultation médicale ou passage en pharmacie nécessite ensuite de déverrouiller l'application. Il n'y a pas de raccourci possible, puisqu'il faut saisir son code secret personnel ou utiliser la reconnaissance biométrique du smartphone. Cette couche de protection supplémentaire transforme votre téléphone en coffre-fort numérique. Même avec votre appareil entre les mains, un tiers ne pourra techniquement pas afficher votre carte Vitale sans ces précieux sésames.
Question contenu, il faut savoir que zéro information médicale ne transite ou ne s'enregistre dans l'application. Cette dernière se contente du strict nécessaire administratif, à savoir identité, numéro de Sécurité sociale, historique des factures de soins et régime d'assurance maladie. L'appli prouve simplement votre affiliation à l'Assurance Maladie, rien de plus. Vos antécédents médicaux restent ailleurs, bien au chaud.
Des données de santé qui ne quittent jamais la France
L'Assurance Maladie a tranché net sur l'hébergement, et le contraire aurait évidemment provoqué un tollé. Le stockage des données se fait bien en France. Toutes les données reposent sur des serveurs installés dans l'Hexagone, avec un niveau de sécurité certifié par les pouvoirs publics. La conformité au RGPD encadre strictement leur usage, tandis que les informations d'identification subissent un chiffrement avant d'être stockées en local sur votre smartphone. Autrement dit, vos données deviennent illisibles pour quiconque tenterait d'y accéder sans autorisation.
Un chiffre mérite toutefois d'être rappelé. Près d'un million de cartes Vitale physiques sont déclarées perdues ou volées chaque année en France. Forcément, l'application est une parade efficace au vol ou à l'étourderie. Quoi qu'il en soit, en cas de vol ou perte de votre téléphone, contactez rapidement votre caisse d'assurance maladie pour bloquer l'accès. Pensez aussi que réactiver l'appli sur un nouveau smartphone désactive automatiquement et instantanément l'ancienne version sur l'appareil égaré.
L'utilisation au quotidien de cette carte Vitale dématérialisée se met au service de la fluidité. Vous n'avez qu'à déverrouiller votre application, présenter l'écran de votre smartphone au professionnel de santé qui scannera le QR code généré ou utilisera son lecteur NFC. Même si elles sont encore nombreuses à ne pas être équipées, près de 80% des officines des premiers territoires déployés facturent déjà via l'appli, et 5 000 professionnels de santé supplémentaires rejoignent le mouvement chaque mois. La machine est lancée.