Le premier aspirateur robot de DJI, le Romo, m’avait impressionné par sa navigation, beaucoup moins par son prix. Avec le Romo P2, le constructeur affine sa formule et revient avec un tarif nettement plus raisonnable.

Deuxième essai pour DJI sur le marché des aspirateurs robot ©Mathieu Grumiaux
Deuxième essai pour DJI sur le marché des aspirateurs robot ©Mathieu Grumiaux
9  / 10
DJI Romo P2
Les plus
  • Navigation remarquablement précise et fluide
  • Excellente aspiration, sans emmêlement pendant l’essai
  • Lavage efficace et très bon fini après rinçage
  • Design transparent toujours aussi réussi
  • Prix de lancement nettement inférieur au premier Romo P
Les moins
  • Gestion des programmes encore confuse
  • Cycles longs avec le rinçage à l’eau claire
  • Limites sur les taches très incrustées et les tapis épais
  • Entretien manuel toujours nécessaire

Quinze jours avec un chien en pleine mue, des traces de boue sur le carrelage et des câbles qui traînent : le DJI Romo P2 avait de quoi s’occuper. Au terme de l’essai, c’est pourtant sa manière de circuler entre tout ce petit monde qui m’a le plus impressionné. S’approcher d’un objet sans le pousser, se glisser entre les pieds de chaise sans hésiter, puis repartir nettoyer les taches : cela paraît évident. Après des dizaines de robots testés, je peux vous assurer que ça ne l’est toujours pas.

DJI transpose à nouveau son savoir-faire dans les drones au nettoyage de nos sols, avec un prix de lancement de 1 299 €, inférieur de 600 € à celui du premier Romo P. De quoi regarder autrement cette deuxième génération, qui conserve son design transparent et ses serpillières rondes motorisées.

J’ai installé cette version haut de gamme pendant quinze jours sur les quelque 45 m² de mon rez-de-chaussée, entre carrelage et tapis à poils longs. L’occasion de voir si DJI pouvait encore améliorer son premier Romo, qui avait déjà placé la barre assez haut.

Design et fabrication : toujours transparent, un peu moins brut de décoffrage

J’avais beaucoup aimé le look du premier Romo, et je reste tout aussi séduit par son successeur. DJI a néanmoins revu la présentation des éléments visibles à travers la coque. Le premier avait un côté très brut de décoffrage, presque un assemblage de pièces exposé pour faire plaisir aux geeks. Ce qui, je le reconnais, fonctionnait assez bien sur moi.

Un design presque identique qui laisse à voir les entrailles de la bête ©Mathieu Grumiaux

Le P2 donne une impression plus travaillée. L’agencement intérieur paraît davantage soigné, sans perdre ce qui fait l’originalité de l’appareil. On regarde toujours les entrailles de son aspirateur, mais l’ensemble est plus élégant.

L’encombrement reste celui d’une station d’entretien haut de gamme classique. DJI ne fait pas disparaître les réservoirs et le sac à poussière par magie, mais leur utilisation ne pose aucun problème. Les bacs se retirent et se remplissent facilement, leurs poignées sont pratiques, et je n’ai pas constaté de gouttes pendant le transport.

Un emplacement dédié pour la récupération des poussières ©Mathieu Grumiaux
Deux détergents, dont un spécial pour les traces d'animaux ©Mathieu Grumiaux

Sous le robot, DJI conserve un système de double brosse pour l’aspiration et deux serpillières motorisées pour le lavage. Le bras déporté bénéficie d’un débattement annoncé de 123°, avec une portée accrue par rapport à la première génération.

©Mathieu Grumiaux

Aspiration : rien ne lui fait peur, même pas la mue du chien

Avec une puissance maximale annoncée de 36 000 Pa, le Romo P2 possède une fiche technique solide. Mais ce sont surtout les résultats sur mon carrelage qui m’intéressent, et je n’ai pas grand-chose à lui reprocher.

Poussières, miettes et poils de chien sont récupérés avec une efficacité impeccable. Mon chien ayant choisi la période du test pour refaire sa garde-robe, les brosses avaient pourtant de quoi s’occuper.

Le même système de double brosse qui a fait ses preuves ©Mathieu Grumiaux
La brosse latérale pour la récupération des déchets le long des plinthes ©Mathieu Grumiaux

Le résultat est tout aussi convaincant le long des plinthes et dans les angles. La brosse latérale déportée va chercher les déchets au plus près des bords, sans laisser les petites accumulations de poils que l’on retrouve parfois après le passage d’un robot. Dans mon usage, rien ne restait sur le carrelage.

Le système de double brosse maîtrise également très bien les emmêlements. Après quinze jours, aucun amas de poils enroulé à retirer. Le vidage automatique a suivi sans difficulté, sans bouchon ni accumulation de déchets constatée.

Un aspirateur robot tout simplement remarquable sur les sols durs ©Mathieu Grumiaux

Sur mon tapis à poils longs, le bilan reste très bon, avec les réserves habituelles. Le robot augmente automatiquement sa puissance et prend le temps de travailler la surface. Le nettoyage est visible après son passage, mais les poils et débris profondément coincés dans les fibres ne disparaissent pas tous. Le Romo P2 reste parmi les modèles les plus convaincants que j’ai utilisés sur ce terrain, sans remplacer complètement un aspirateur balai.

J’ai principalement laissé travailler le mode automatique. Le mode silencieux se montre lui aussi satisfaisant pour l’entretien quotidien, même s’il paraît moins adapté à un sol très chargé. À l’oreille, le robot reste discret pendant l’aspiration.

La prestation est très convaincante aussi sur les tapis ©Mathieu Grumiaux

Lavage des sols : les patins ronds ont encore de la ressource

Alors que les rouleaux gagnent du terrain, les deux serpillières du Romo P2 rappellent qu’une solution classique peut encore très bien fonctionner.

Sur les traces fraîches, le travail est excellent. Huile, sauce déposée sur le carrelage, traces de pas et boue d’automne sont retirées pendant le programme automatique. Le robot repasse généralement sur les salissures, avec environ deux passages observés, sans que j’aie besoin de lui demander de recommencer.

Les taches sèches permettent de mieux cerner ses limites. Le café séché est bien récupéré. Une trace de sauce très incrustée lui donne davantage de fil à retordre : un nettoyage ciblé supplémentaire peut être nécessaire, et il reste parfois plus simple de finir à la main. Le P2 est un très bon laveur, mais on ne peut pas lui demander d’insister comme on le ferait avec un aspirateur-laveur tenu à la main.

Duo de serpillères : DJI ne change pas une formule qui marche ©Mathieu Grumiaux

Dans les programmes utilisés pendant mes essais, je le trouve même légèrement meilleur que le Roborock Saros 20 Flow Complete, notamment sur le café. Le DJI me paraît mieux cibler certaines traces et insister davantage en automatique.

Le second passage à l’eau claire contribue aussi à ce résultat : il reprend les petites traces restantes et laisse un carrelage sans voile ni sensation collante sous les pieds. Sans ce rinçage, les marques sont un peu plus visibles. Je préfère donc le conserver, même s’il allonge le nettoyage. C’est bien l’ensemble du programme qui me convainc davantage, sans que cela démontre une supériorité des patins sur le rouleau.

La serpillière déportée nettoie correctement les bords et autour des pieds de meubles. Elle fait bien le travail, sans différence spectaculaire face aux meilleurs concurrents. Enfin, sur le tapis à poils longs, le relevage des serpillières s’est montré suffisant : je n’ai pas senti d’humidité dans les fibres après le passage du robot.

Un bon lavage des sols dans la majeure partie des situations ©Mathieu Grumiaux

Navigation : le savoir-faire des drones, au ras du carrelage

DJI transpose une partie des technologies de perception de ses drones dans un système baptisé « détection d’obstacles au millimètre 2.0 ». Celui-ci associe un LiDAR 3D ToF à l’avant, deux caméras à objectifs fisheye, qui offrent une vision grand-angle, et un LiDAR 3D ToF latéral.

Le principe du ToF, ou mesure du temps de vol, consiste à calculer les distances à partir du temps de retour de la lumière émise. Les caméras apportent une lecture visuelle complémentaire de l’environnement. Le robot peut ainsi combiner les informations de distance et d’image pour ajuster ses déplacements à proximité des objets.

La navigation reste le point fort de cet aspirateur robot ©Mathieu Grumiaux

La détection millimétrique est annoncée par DJI. Dans mon essai, c’est surtout la fluidité de l’appareil qui impressionne. Pieds de chaise, câbles, chaussures et petits objets : le Romo P2 s’approche très près de leurs contours sans les toucher, puis poursuit sa route. Il semble anticiper ses changements de direction plutôt que de s’arrêter pour réfléchir à chaque difficulté.

Le premier Romo était déjà excellent dans cet exercice. Je trouve le P2 encore un peu plus rapide et précis, même si l’amélioration reste légère. C’est surtout face aux autres robots que cette aisance se remarque.

La première cartographie n’a posé aucune difficulté. L’appareil identifie correctement les pièces, se repère très bien dans le logement et suit les murs avec précision. En quinze jours, je n’ai constaté aucun blocage, aucun objet avalé et aucune zone oubliée. Il passe également près des tapis sans laisser une large bande de sol de côté.

Aussi précis qu'un drone, le DJI Romo P2 évite tous les dangers ©Mathieu Grumiaux

Il subsiste une petite erreur, assez courante avec les systèmes de reconnaissance d’obstacles : une touffe de poils a été contournée au lieu d’être aspirée. Une seule pendant l’essai, mais suffisamment pour rappeler que la reconnaissance n’est pas infaillible.

Le mécanisme de soulèvement m’a également permis d’observer le franchissement d’un petit seuil, ainsi que le passage sur un pied de chaise, sans difficulté particulière. Leur hauteur n’ayant pas été mesurée, cela ne permet pas de valider les limites annoncées par DJI.

Application : le robot est plus simple à vivre que ses programmes

L’association du robot fonctionne sans accroc. DJI Home est visuelle, les tutoriels expliquent correctement les fonctions, et la traduction a progressé depuis mon premier essai.

La gestion des programmes reste en revanche le point noir de l’expérience.

Pour choisir le type de lavage, l’utilisation des solutions ou le second passage à l’eau claire, il faut toujours entrer dans les paramètres du programme. Les possibilités sont nombreuses, mais leur organisation manque encore de simplicité. Même en automatique, je me retrouve à trifouiller dans les réglages pour être certain d’obtenir ce que je veux.

©Mathieu Grumiaux
©Mathieu Grumiaux
©Mathieu Grumiaux

Une fois le programme configuré, le robot travaille très bien. J’aurais simplement aimé que DJI rende cette préparation plus évidente. Sur ce point, Roborock conserve à mes yeux une expérience plus satisfaisante.

La fiabilité n’est pas en cause. Je n’ai rencontré aucun bogue, aucune déconnexion et aucun nettoyage interrompu pendant ces quinze jours. La programmation que j’ai essayée s’est également exécutée sans problème. La caméra à distance a été utilisée, contrairement aux commandes vocales, que je n’ai pas testées.

DJI propose également un mode Données locales, qui permet de continuer à utiliser le Romo P2 sans connexion Internet après sa configuration initiale. Le pilotage de proximité passe alors par le Bluetooth du téléphone. Selon le constructeur, les cartes, images et données nécessaires à la navigation restent stockées et traitées dans le robot, plutôt que dans le cloud. Une option bienvenue pour ceux qui apprécient moins l’idée de confier le plan de leur maison à un serveur distant que de laisser un aspirateur ramasser leurs miettes.

Durée des cycles et entretien : un résultat qui demande du temps

Avec le programme comprenant le passage à l’eau claire, le Romo P2 demande environ 1 h 20 pour traiter mes 45 m². C’est assez long pour une surface de cette taille.

J’ai compté près de cinq retours à la station pour laver les serpillières pendant le cycle. Supprimer le second passage permet de gagner environ une demi-heure, avec le compromis sur les traces décrit plus haut. La durée reste donc un point à prendre en compte si vous souhaitez lancer le robot entre deux moments de vie dans la maison.

Le Romo 2 prend son temps pour laver la maison dans les moindres recoins ©Mathieu Grumiaux

La station demande un remplissage d’eau propre tous les deux à trois lavages dans mon usage. Son entretien automatique me semble plus efficace que celui du premier Romo : le plateau et les serpillières restent globalement propres, et je n’ai constaté aucune odeur.

Il reste néanmoins quelques poils et petites saletés après les cycles. L’autonettoyage ne dispense donc pas de surveiller les patins et de les nettoyer périodiquement soi-même, tout comme le plateau de lavage. Ces quinze jours donnent une bonne première impression, sans permettre de juger l’encrassement sur plusieurs mois.

La station gère l'entretien complet, avec un séchage impeccable des patins ©Mathieu Grumiaux

Le séchage prend environ trois heures. La soufflerie s’entend, mais reste peu gênante si la station est suffisamment éloignée du salon. À la fin du programme, les serpillières sont parfaitement sèches.

DJI Romo P2 : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
9 / 10

DJI confirme qu’on peut encore se démarquer dans les aspirateurs robots autrement qu’en ajoutant des pascals sur une fiche technique. Le Romo P2 impressionne surtout par sa navigation : il longe les objets, se glisse entre les pieds de chaise et poursuit son travail avec une précision rarement rencontrée dans nos essais. Le premier Romo était déjà excellent sur ce point ; son successeur affine encore la formule, avec un design transparent toujours aussi séduisant et un intérieur mieux présenté.

On apprécie tout autant ses qualités de nettoyage. L’aspiration ne laisse rien sur le carrelage, même en pleine mue du chien, et les serpillières rondes tiennent tête aux rouleaux des concurrents. Le second passage à l’eau claire apporte un fini particulièrement propre, au prix de cycles assez longs. Restent les limites sur les taches fortement incrustées et les poils enfouis dans les tapis épais, ainsi qu’un entretien manuel que la station ne fait pas totalement disparaître.

Le principal reproche concerne toujours DJI Home, dont les programmes demandent trop de manipulations pour un appareil aussi autonome une fois lancé. Mais avec un prix de lancement abaissé de 600 € face au premier Romo P, l’ensemble devient nettement plus convaincant. À ce stade de notre essai, le Romo P2 figure parmi nos favoris de l’année, avec un avantage particulièrement sensible pour ceux qui veulent laisser travailler leur robot sans passer leur temps à le surveiller.

Les plus
  • Navigation remarquablement précise et fluide
  • Excellente aspiration, sans emmêlement pendant l’essai
  • Lavage efficace et très bon fini après rinçage
  • Design transparent toujours aussi réussi
  • Prix de lancement nettement inférieur au premier Romo P
Les moins
  • Gestion des programmes encore confuse
  • Cycles longs avec le rinçage à l’eau claire
  • Limites sur les taches très incrustées et les tapis épais
  • Entretien manuel toujours nécessaire
Sous-notes
Design et fabricaton
9
Aspiration
9
Lavage des sols
9
Logiciel
7
Navigation
10
Autonomie
9
Entretien
9

Fiche technique DJI Romo P2

Résumé
Type de robotAspirateur robot laveur
Capacité du bac à poussière2.4l
Capacité du bac à eau4l
Type de brosseNylon, Caoutchouc
Base aspiranteOui
Niveau sonore54dB
Autonomie2h
Technologie de navigationLaser, Capteur ToF
CartographieOui
Nettoyage assisté par IAOui
Détecteur d'obstaclesOui
Monte les marchesOui
Avec bras articuléNon
Nettoyage
Type de robotAspirateur robot laveur
Puissance d'aspiration36 000 Pa
Niveaux de puissance d'aspiration4
Récupération de la poussièreAvec sac
Capacité du bac à poussière2.4l
Capacité du bac à eau4l
Brosse centraleOui
Type de brosseNylon, Caoutchouc
Brosse(s) latérale(s)2
Base aspiranteOui
Niveau sonore54dB
Autonomie2h
Capacité de la batterie5 000 mAh
Temps de charge de la batterie3h
Batterie amovibleNon
Navigation
Technologie de navigationLaser, Capteur ToF
CartographieOui
Nettoyage assisté par IAOui
Détecteur d'obstaclesOui
Détecteur de videOui
Monte les marchesOui
Hauteur max8.5cm
Murs virtuelsOui
ProgrammableOui
Avec bras articuléNon
Connectivité
Wi-FiOui
BluetoothOui
Environnement(s) logiciel(s) compatible(s)Apple Homekit, Google Home, Amazon Alexa
Assistant vocal compatibleGoogle Assistant, Alexa, Siri
Caractéristiques physiques
Hauteur98mm
Largeur351mm
Poids4.9kg
Forme du robotDisque