BQ Aquaris M5 : la bonne surprise du milieu de gamme

Aurélien Audy
21 août 2015 à 16h30
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L'espagnol BQ nous avait montré un smartphone milieu de gamme séduisant lors du dernier MedPi, l'Aquaris M5. Nous l'avons testé, en profitant des vacances pour prolonger l'expérience : voilà un produit bien équilibré, pas sans défaut, mais prometteur pour le constructeur hispanique.

BQ n'est probablement pas une marque familière pour vous. Et pour cause, dans l'ombre des grandes multinationales de l'univers mobile et de la fourmilière de marques chinoises hautement concurrentielles, il est difficile pour un acteur naissant de se faire entendre. Enfin quand on dit naissant, c'est en France, puisque l'Espagnol existe outre Pyrénées depuis 2010, et cette start-up détenue par le groupe Mundo Reader est un des leaders sur son territoire et dans son domaine, en plus d'en couvrir d'autres, comme la robotique éducative ou l'impression 3D.

À la France, BQ ne s'y frotte que depuis 2014, en tentant d'ouvrir son marché à l'Europe. Une sorte de Wiko, mais en vraiment local et diversifié (rappelons que Wiko appartient au chinois Tinno, lequel fabrique ses téléphones).

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L'Aquaris M5 est pour ainsi dire de l'entrée de milieu de gamme : il est vendu à 280 € en 16 Go (mémoire extensible via microSD). C'est 20 € de plus seulement que la version 16 Go du Moto G (2015). Quand on sait que le Moto G constitue la meilleure vente de Motorola, on se dit que BQ a peut-être bien visé dans le mille.

Présentation de l'Aquaris M5

Au premier coup d'œil, le M5 a des allures d'iPhone 5, en plus épais. Son contour plat, d'un seul tenant, conforte cette impression, tout comme l'écran brillant qui contraste avec le carénage en plastique mate. Là, le téléphone de BQ se singularise grâce à sa « finition d'origine suédoise » : un traitement anti UV et surtout anti trace de doigts, effectué donc par une société suédoise. Et il faut bien admettre que même le doigt le plus sale ne parvient pas à laisser la moindre empreinte sur le polycarbonate ainsi protégé : impressionnant ! Le toucher est agréable, la finition sérieuse.

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L'écran de 5 pouces aurait pu être mieux intégré (il n'occupe que 70 % de la surface du smartphone), en revanche c'est une technologie IPS en résolution Full HD. Lumineuse (404 cd/m²), mais pas très contrastée (762 : 1), la dalle est flatteuse, mais pas très fidèle (température de 7300 K). Mis à côté d'un Nexus 5, on voit que l'écran du M5 tire au magenta et que sa colorimétrie est trop saturée (sans atteindre une dérive aussi prononcée qu'avec l'Oled de Samsung par défaut). C'est plus visible quand la luminosité elle faible que lorsqu'elle est à fond. L'écran demeure malgré tout très confortable.

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Un peu plus gros et épais qu'un Nexus 5, le M5 se manipule encore aisément, y compris avec des petites mains. Les boutons d'alimentation et de volume sont situés sur la tranche droite (avec le slot microSD), tandis que les trois commandes de navigation d'Android sont des touches capacitives (rétro-éclairées) intégrées sous l'écran : les 5 pouces sont donc pleinement exploités pour l'affichage. La tranche gauche du téléphone accueille les deux trappes à micro SIM, la prise jack se trouve en haut, la connectique et les haut-parleurs en bas.

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Ouvrons une parenthèse sur l'audio tant que nous y sommes. Cette section repose sur une puce Cirrus Logic et emploie une technologie Dolby avec une chambre acoustique qui expliquerait d'après BQ l'épaisseur du terminal (mais c'est nécessaire pour remplir le cahier des charges de Dolby). Les haut-parleurs sonnent fort (mesurés à 83,9 dB d'après nos tests) et surtout bien (pour un smartphone). La sortie casque, elle, nous impressionne moins. Mais elle se situe tout de même dans une bonne moyenne. Et le traitement audio logiciel de Dolby fonctionne bien sur la musique. Petit plus à savoir : le M5 intègre un tuner FM. Fin de parenthèse.

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Des spéc plutôt généreuses

Alors que le Moto G (2015) "plafonne" sur un Snapdragon 410 (quatre cœurs à 1,4 GHz), un GPU Adreno 306, un écran HD et une batterie de 2 470 mAh, l'Aquaris M5 propose lui du Snapdragon 615 (8 cœurs à 1,5 GHz), un GPU Adreno 405, un écran Full HD et une batterie de 3 120 mAh. Dans les deux cas, les constructeurs tablent sur 2 Go de RAM et 16 Go de stockage, extensibles. Smartphones qui sont bien évidemment 4G - est-il encore utile de le mentionner aujourd'hui ? - et compatibles Bluetooth LE 4.0. Le BQ dispose en sus de NFC, contrairement au téléphone de Motorola. Un ensemble cohérent et compétitif !

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Une Lollipop à peine saupoudrée

BQ a fait le choix - que nous applaudissons bien fort - de conserver une version quasi stock d'Android, qui plus est récente (même si ce n'est pas la 5.1.1). Que faut-il comprendre par « quasi stock » ? Que BQ n'a laissé que peu de traces de son passage. Un fond d'écran, l'application BQ Plus (qui va avec l'abonnement facultatif de 39,90 € annuels), quelques fondamentaux (un explorateur de fichiers, un magnétophone, l'application Dolby, la radio FM et une application SMS/MMS) et des personnalisations discrètes, mais bienvenues d'Android. Pour donner une idée de la légèreté de cette ROM, BQ communique sur l'emballage l'espace total (16 Go) et celui restant (12,2 Go). Bravo, c'est de mémoire le seul à le faire !

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Quid des personnalisations ? On peut par exemple modifier le volet supérieur de raccourcis, faire des captures vidéo, programmer allumages et extinctions du smartphone, modifier le code couleur des notifications LED ou encore ranimer et mettre son téléphone veille par une double tape sur l'écran. Que des petits ajouts utiles, un peu à l'image de ce qu'on trouve sur une ROM Cyanogen.

Eléments personnalisés de l'interface du BQ Aquaris M5
Eléments personnalisés de l'interface du BQ Aquaris M5
Eléments personnalisés de l'interface du BQ Aquaris M5
Eléments personnalisés de l'interface du BQ Aquaris M5
Eléments personnalisés de l'interface du BQ Aquaris M5
Eléments personnalisés de l'interface du BQ Aquaris M5

L'interface répond bien, le téléphone se laisse rarement prendre au dépourvu, mais étrangement, il n'est pas 100 % fluide. Ça n'est pas la première fois que nous constatons ça sur un Snapdragon 615. Rien de bien gênant au quotidien, mais en manipulant à côté le Nexus 5 et son bon vieux Snapdragon 800, on comprend la différence... et déplore qu'elle existe. Mais rassurez-vous, un Asphalt 8 : Airborne tourne sans broncher ni chauffer, et en qualité élevée.

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La couche téléphonie est très bonne, micros et haut-parleurs se montrent précis et puissants. Petit ajout appréciable de BQ sur l'application habituelle dédiée aux appels : on peut facilement enregistrer ses conversations.

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À ce stade, il nous faut toutefois évoquer deux désagréments : un premier, pénalisant puisqu'il s'agit du partage de connexion en Wi-Fi qui ne fonctionne pas (entre M5 et Nexus 5, alors qu'en sens inverse la connexion s'établit bien). L'autre ? Un bug de connexion directe en Bluetooth avec plusieurs bornes d'impression de photo. Nous avons fini par résoudre le problème en redémarrant le téléphone. Bref, des petits bugs subsistent ici et là, espérons que BQ saura pousser des mises à jour régulières pour les corriger. Là-dessus, nous manquons malheureusement de recul sur le constructeur pour juger. Notez que le partage de connexion semble plus capricieux qu'inopérant puisqu'en Wi-Fi vers un ordinateur, pas de problème.

Photo et vidéo

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La partie photo a été confiée à Sony, comme c'est souvent le cas sur les smartphones un peu ambitieux. Et sans grande surprise, c'est le modèle IMX214 que BQ a choisi, capteur de 13 mégapixels et 1/3,06 pouce qui équipe notamment les Blade S6 de ZTE, l'Honor 6 ou le OnePlus One. La lentille principale ouvre à f:2,0 et couvre une focale de 28 mm. En façade, BQ a logé un capteur de 5 mégapixels Full HD complété de son propre flash. Que penser de l'Aquaris M5 ?

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Scène de test photographiée à 100 ISO avec l'éclairage à fond, puis extrait à 100 %


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Scène de test photographiée à 1600 ISO dans l'obscurité, puis extrait à 100 %


Notre avis sera ici partagé : par beau temps, les résultats sont vraiment bons. L'optique manque un peu de piqué sur les bords, mais le téléphone capture des détails fins et la colorimétrie est équilibrée. Quand la luminosité baisse, la montée en sensibilité s'opère sans trop de heurts. Même si le raffinement des textures en prend un coup, les images sont encore exploitables à 1 600 ISO (en taille modérée)... si elles sont nettes. Parce que l'autofocus d'ordinaire pas foncièrement rapide perd en plus en précision quand les conditions se dégradent. Le plus pénible étant probablement la latence au déclenchement : quand on photographie, une fois que la mise au point a ferré son sujet (0,4 à 0,5 s), l'écran se fige et l'image n'est capturée que 0,5 s plus tard. Autrement dit, entre le déclenchement et la capture, il faut tabler sur une seconde ! Ne bougez plus, le petit oiseau va prendre son temps pour sortir... Il faut malgré tout reconnaître que la détection des visages fonctionne bien, et avec les deux capteurs.

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A gauche la photo normale, à droite celle en HDR, complètement délavée


Nous ne sommes pas non plus emballés par la HDR, qui donne des résultats beaucoup trop forcés et donc inutilisables, ni par la panoramique à la volée, en trop faible résolution. En revanche la vidéo est réussie : les rushs en 1080p à 30 im/s, encodés en H.264 à 20 Mbps sont détaillés et propres. La mise au point continue fait le job - avec les limitations de réactivité déjà évoquées sur la partie photo. Il n'y a que le dispositif de stabilisation numérique qui manque d'efficacité. BQ propose deux modes devenus populaires : le ralenti et le time lapse. Enfin l'application, largement inspirée de Photos sur iOS, est plutôt agréable.

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Performances et autonomie

L'Aquaris M5 délivre les performances qu'on est en droit d'attendre avec pareille configuration : dans la moyenne. On a certes huit cœurs, mais qui tournent au maximum à 1,5 GHz et au minimum à 200 MHz. Ceci étant dit, on n'a pas foncièrement besoin de plus dans la majorité des usages. Le score 3D Mark est particulièrement bas

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L'autonomie est un domaine autrement plus important et là, bonne nouvelle, le tandem SoC milieu de gamme avec une batterie conséquente fonctionne bien. Le test d'autonomie de PCMark (affichage de pages Web, lecture de vidéos, retouche d'images et édition de texte, tout cela en boucle) nous retourne un résultat copieux de 8 heures et 6 minutes ! En usage réel mixte et modéré, on parvient à tenir deux jours sans trop s'inquiéter. En intensif, le cap de la journée est franchi. Honnêtement, au vu du résultat PCMark et de la configuration du terminal, on pensait avoir encore plus de ressources, mais c'est déjà bien. Non le hic c'est que la recharge est d'une lenteur ahurissante. Comptez presque 4 min par 1 %, soit dans les 6 h pour une recharge complète !

Benchmark : 490-5260


Conclusion

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BQ ne sonne certainement pas aussi rassurant à nos oreilles que Motorola. Et pourtant, si l'on compare le récent Moto G (2015) en version 16 Go à cet Aquaris M5, la joute tourne assez rapidement à l'avantage de l'espagnol. À moins de faire de l'étanchéité du Moto G un atout maître, l'Aquaris M5 (qui n'est pas étanche malgré son nom...) le surclasse en tout point ou presque. Plus puissant, meilleur écran, couche audio plus soignée, autonomie supérieure, design plus discret et « compact », etc. Il n'y a qu'en photo que sa supériorité peut se discuter, et encore. En résumé, si la petite dérive colorimétrique de l'écran, la lenteur de la recharge, le mode HDR décevant ou les quelques bugs constatés ne vous dérangent pas, l'Aquaris M5 devient une excellente option sous la barre des 300 €. Et une très bonne surprise !

BQ Aquaris M5

Les plus
+ Très bonne autonomie - SoC équilibré
+ Android 5 quasi stock - Haut-parleur puissant
+ Revêtement anti trace de doigt - écran FullHD
+ Port microSD, 4G, double SIM, NFC, FM, prix
Les moins
- Dérive colorimétrique de l'écran
- Lenteur de la recharge
- Quelques bugs (sans grande incidence)
- Appareil photo lent - HDR et pano décevantes
Finition
Ergonomie
Autonomie
Puissance
Interface
4


Modifié le 17/09/2018 à 10h53
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