Une prothèse de jambe connectée pour lutter contre les douleurs fantômes

10 juin 2015 à 10h27
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Une équipe de chercheurs et médecins autrichiens ont mis au point une prothèse de jambe « sensible », capable d'envoyer des signaux aux nerfs de la cuisse du patient lorsqu'il marche. L'objectif : lutter contre les douleurs fantômes dont souffrent de nombreux amputés.

On n'arrête pas le progrès en matière de prothèses bioniques. Si l'on a surtout tendance à parler des bras artificiels, de plus en plus perfectionnés pour rendre leurs porteurs autonomes, de gros travaux sont également effectués sur les prothèses de jambe.

Le professeur Hubert Egger, de l'université autrichienne de Linz, a mis au point avec son équipe une prothèse de jambe connectée qui, combinée avec des capteurs reliés au nerf du moignon du patient amputé, permet à ce dernier de ressentir des sensations lorsqu'il pose le pied à terre. Les sensations en question seront différentes selon s'il marche sur du gravier, du sable, ou encore de la moquette.

« J'ai l'impression d'avoir de nouveau un pied »

Wolfgang Rangger, un enseignant de 54 ans qui a perdu sa jambe en 2007 en raison de complications d'une attaque cérébrale, est le premier patient à expérimenter cette prothèse. « J'ai l'impression d'avoir de nouveau un pied » explique-t-il. L'objectif principal de la prothèse est de redonner des sensations à l'amputé pour lutter au maximum contre les douleurs fantômes qui font souffrir de nombreuses personnes dans ce genre de situation. Ces douleurs sont dues au fait que les nerfs continuent d'avoir des sensations même après l'amputation d'un membre, et ces sensations sont incohérentes avec la situation réelle du patient et le font donc souffrir. Par exemple, il est possible pour un amputé d'avoir la sensation que son pied le gratte alors que ce dernier lui a été enlevé.

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Wolfgang Rangger et sa prothèse de jambe

« Chez un amputé, les transmetteurs d'information que sont les nerfs continuent d'exister. Il suffit de les stimuler », explique le professeur Egger. La prothèse stimule les nerfs pour envoyer des informations cohérentes au cerveau et permet au patient de vivre mieux, en plus de lui offrir davantage d'autonomie.

« Avec ma prothèse conventionnelle, j'arrivais à peine à marcher » témoigne Wolfgang Rangger. « Je ne dormais pas plus de deux heures par nuit, et j'avais besoin de morphine pour tenir le coup dans la journée. » Il n'a fallu que quelques jours à l'enseignant pour se faire à sa nouvelle prothèse et voir les douleurs fantômes disparaitre.

Un prototype encore cher

Le coût actuel d'une prothèse de ce type est compris entre 10 000 et 30 000 euros. Sa mise sur le marché pourrait, selon son concepteur, se faire très rapidement, mais le professeur Hubert Egger préfère pousser encore davantage les tests pour perfectionner sa création, et optimiser un peu plus les sensations perçues par le porteur. Il s'agit d'une nouvelle avancée qui pourrait grandement aider, à l'avenir, les personnes ayant perdu un membre.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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