Mauvaise nouvelle si vous comptiez vous équiper en 2026 : l'IA cannibalise les composants et va faire flamber la facture de vos appareils du quotidien.

Le CES 2026 de Las Vegas n'est pas seulement une vitrine de gadgets rutilants, c'est aussi le théâtre de réalités industrielles glaçantes. Han Jong-hee, co-PDG de Samsung, a profité de l'événement pour doucher les espoirs d'un retour à la normale à court terme. Le dirigeant est formel : l'appétit insatiable de l'intelligence artificielle pour la mémoire vive est en train de siphonner toute la production mondiale.
Un drame pour la DRAM
Le discours a radicalement changé. Jusqu'ici, nous observions avec inquiétude les courbes de prix s'affoler sur les barrettes de RAM et les SSD, anticipant des conséquences lourdes sur les marchés du smartphone et du PC. Mais la mise en garde de Samsung déplace le curseur vers l'électronique grand public dans son ensemble, bien au-delà de nos tours et de nos poches. Han Jong-hee explique que la capacité de production, cannibalisée par la mémoire HBM (High Bandwidth Memory) destinée aux serveurs d'IA, crée un vide abyssal pour la DRAM standard.
Concrètement, cela signifie que les téléviseurs, l'électroménager connecté et même les systèmes domotiques se retrouvent en bout de chaîne alimentaire. Ces appareils, que l'on pensait à l'abri car moins gourmands en performances brutes, nécessitent tout de même des puces mémoire pour fonctionner. Or, les lignes de production ne sont pas extensibles. Si Micron a déjà dû sacrifier Crucial pour servir les géants de la tech, Samsung confirme que cette logique de rationnement s'étend désormais aux produits du quotidien. Il ne s'agit plus seulement de savoir si vous pourrez mettre à jour votre configuration gaming, mais si votre prochaine télévision ou votre futur four connecté seront disponibles, et surtout à quel tarif, les constructeurs répercutant mécaniquement la hausse du coût des composants sur la facture finale.
L'impasse structurelle du « tout connecté »
Cette situation met en lumière la fragilité extrême de notre dépendance aux semi-conducteurs. En voulant rendre « intelligente » la moindre ampoule ou le moindre thermostat, l'industrie a créé une demande incompressible qui entre aujourd'hui en collision frontale avec les besoins prioritaires des data centers. C'est un effet domino classique et impitoyable : les fondeurs allouent leurs wafers de silicium là où la marge est la plus forte, c'est-à-dire l'IA, délaissant les composants moins rentables qui équipent votre salon.
Cette pénurie n'est pas un accident de parcours, c'est une réallocation forcée et durable des ressources mondiales. Si l'on craignait déjà que le report soit inévitable pour la PS6 et la prochaine Xbox, il faut désormais intégrer que cette tension va dicter l'inflation sur l'ensemble du rayon tech de votre supermarché pour les dix-huit prochains mois. Samsung, qui occupe la position singulière de premier producteur mondial et de géant de l'électronique grand public, ne fait ici qu'énoncer une vérité économique simple : l'ère de l'équipement domestique bon marché est, pour le moment, révolue. L'industrie paye aujourd'hui le prix de sa transition forcée vers l'IA, et c'est le consommateur final, même celui qui ne s'intéresse pas à aux technologies de pointe, qui passera à la caisse.
Source : WCCFTECH