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Lisa Su, AMD : "nous voulons le meilleur produit pour le meilleur marché"

01 juin 2018 à 15h36
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Alors qu'Intel entretient la flamme autour de l'ultrabook à grands renforts d'annonces et d'actions marketing, AMD focalise désormais sa communication comme ses développements produits autour du concept d'APU, désormais incarné par la génération des processeurs Trinity. Problème : si Ivy Bridge était sur tous les stands au Computex, les solutions AMD se sont révélées bien plus discrètes. Nous avons mis à profit le salon pour faire le point sur cette stratégie, ses enjeux et ses faiblesses, avec Lisa Su, vice-présidente et responsable des Global Business Units de la firme.

Remarque : cet entretien a été réalisé de visu à Taïwan, le 6 juin dernier, soit avant qu'aient été formulées les annonces officielles relatives à la Heterogeneous System Architecture Foundation.

Lisa Su, bonjour. Pour ceux de nos lecteurs qui ne seraient pas encore familiers avec la notion d'APU, pouvez-vous nous rappeler quelle est la philosophie qui la sous-tend ?

L'APU, incarné aujourd'hui par notre nouvelle plateforme Trinity, consiste à mettre au point des puces qui permettront aux fabricants d'ordinateurs ou de tablettes de significativement améliorer l'expérience utilisateur au quotidien. Notre objectif, et il est propre à AMD, est bien entendu de proposer le meilleur rapport performance / prix possible en matière de calcul, mais aussi et surtout de faire que les applications du consommateur fonctionnent mieux, de façon plus fluide ou enrichie. Des fonctions comme l'accélération matérielle des vidéos, rendue possible grâce au GPU, participent de cette philosophie.

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Au Computex, Lisa Su dévoile un châssis hybride PC / tablette conçu par Compal et animé par un APU Trinity

Si intéressantes que soient les capacités des APU Trinity, force est de constater ici sur le Computex qu'Intel a gagné cette manche, en partie sans doute grâce au marketing mené autour du concept d'ultrabook. Comment estimez-vous pouvoir revenir dans la course ?

Il est vrai que pour l'instant nous avons un certain retard sur Intel, mais nous ne manquons pas d'avantages sur le segment des ordinateurs ultrafins, et l'accueil réservé à Trinity par nos partenaires a été très favorable ici, pour plusieurs raisons. Dans un premier temps, nous laissons beaucoup plus de pouvoir aux OEM quant aux caractéristiques de leurs machines. Nous n'imposons pas de spécifications contraignantes, et l'on devrait donc rapidement voir des machines différentes apparaître. Ce n'est pas nécessairement une histoire de marketing : nous préférons nous concentrer sur les possibilités offertes aux utilisateurs. HP a déjà annoncé une machine attrayante, et l'on en verra bien d'autres. Que ce soit avec Windows 7 ou avec Windows 8, nous avons l'intention de travailler étroitement avec les OEM, de façon à leur laisser la possibilité de créer plus de valeur, ou des différenciations plus importantes. On peut également ajouter que nos prix rendent les produits plus accessibles pour le grand public, on peut donc espérer susciter beaucoup d'intérêt, particulièrement dans les pays émergents.

Baisser les prix est une chose, mais n'avez-vous pas peur qu'un tel positionnement finisse par être perçu comme une abdication dans la course aux performances ?

Vous savez, Trinity est beaucoup plus performant que les générations précédentes. Après, il faut bien comprendre que si on envisage des applications desktop classiques, la performance CPU est dans la plupart des cas bien suffisante, et l'on ne voit pas la différence d'un processeur à l'autre. En revanche, la performance GPU va être amenée à monter en puissance. Aujourd'hui, ça se fait principalement sur des usages de type vidéo ou multimédia, mais demain les applications de productivité pourront aussi en profiter. Nous organisons justement notre Fusion Developper Summit, qui réunit de nombreux développeurs, pour pousser cette stratégie et la faire avancer. En 2012, cela concerne peut-être une centaine d'applications, mais demain il y'en aura beaucoup plus.

Après, nous continuerons à innover fortement sur le terrain des performances. Nous avons lancé l'architecture Bulldozer, aujourd'hui Piledriver est là, et nous poursuivrons le travail à ce niveau. Dans le même temps, nous restons concentrés sur l'idée d'améliorer l'expérience générale. Tôt ou tard, le consommateur comprendra que ce que l'on voit et ressent est plus important que la performance pure ou les résultats des benchmarks.

Si l'on comprend bien, l'idée est donc de promouvoir des processeurs toujours plus flexibles ?

Tout à fait, notre stratégie tourne autour de cette question de la flexibilité, et l'APU en est au centre. Nous pensons vraiment que cette technologie a le potentiel de répondre aux besoins du marché, que ce soit sur un ordinateur classique, sur une tablette ou sur un appareil hybride. Aujourd'hui, nous avons Trinity et Brazos 2.0, mais en fin d'année nous aurons Hondo, avec une consommation électrique toujours plus basse, puis Tomesh l'an prochain. La flexibilité sera donc toujours plus importante : nous l'évoquons d'ailleurs sous la forme de ce que nous appelons les ambidextrous systems.

Cette flexibilité pourrait-elle aller jusqu'à envisager de faire appel à d'autres architectures, comme ARM ?

Nous souhaitons créer la possibilité de personnaliser des produits pour tous les pans du marché. Que l'on parle de x86, de GPU, de notre propriété intellectuelle ou de celle d'un autre, nous pensons que l'avenir est à des unités de calcul toujours plus spécifiques, adaptées à des besoins bien précis. Nous voulons simplement le meilleur produit pour le meilleur marché. Je ne crois pas au CPU parfait. Ceux qui gagneront sont ceux qui sauront faire preuve d'ouverture, et qui se montreront les plus efficaces sur le time to market (délai de mise sur le marché d'un nouveau produit, ndr). Nous sommes donc concentrés sur l'exécution, sur le fait de délivrer rapidement nos produits au consommateur. Cela implique de les sortir à temps, et de s'assurer que lorsqu'on procède à une annonce, le produit est bien disponible.

Pour pérenniser la stratégie APU, il restera tout de même à fédérer les acteurs du logiciel ?

C'est pour cette raison que nous adoptons une position très ouverte : on pense que c'est le seul moyen d'amener à une large adoption. L'objectif annoncé de notre Heterogeneous System Architecture est bien de rendre un GPU aussi facile à exploiter que le CPU l'est aujourd'hui. Nous travaillons donc sur les standards ouverts de type OpenCL, tout comme on travaille avec les développeurs. Bien sûr, ces changements prennent du temps : il faudra peut-être des années pour que l'industrie s'adapte.

La chose est d'autant plus complexe qu'en face on tend à fournir des outils toujours plus simples et plus rapides aux développeurs...

Peut-être... nous pensons tout de même qu'en travaillant avec eux, en leur fournissant des outils, des kits de développement etc, il est possible de faire avancer les choses. L'industrie verra vite que créer des logiciels capables d'exploiter intelligemment plusieurs architectures se révélera payant en fin de compte.

Dans ce nouvel univers, qui est votre principal concurrent aujourd'hui ?

La question peut se poser. Intel et Nvidia restent bien sûr nos concurrents historiques et principaux. Maintenant nous estimons qu'il faut voir plus large. De plus en plus de puces participent à l'univers du calcul et le marché change. Notre objectif est d'adresser les marchés qui connaissent la croissance la plus rapide : c'est pour cela qu'on se concentre sur des marchés comme la mobilité, les PC ultrafins, les tablettes ou le cloud computing, même si l'on aborde pas vraiment ce sujet-ci au Computex.

Lisa Su, merci.
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