Square, le géant américain du paiement mobile, débarque en France... pour faire trembler le secteur bancaire ? (Interview)

21 septembre 2021 à 09h00
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Square Terminal image © Square
© Square

Le mastodonte américain Square, fondé par Jack Dorsey (« Monsieur Twitter ») et affichant désormais 117 milliards de dollars sur la balance, lance ses solutions de paiement en France ce mardi.

Depuis 2009, Square donne les moyens aux entreprises de gérer et développer leur activité, et de prospérer via des solutions technologiques (logiciel, matériel, paiement, etc.). L'entreprise californienne cofondée par Jack Dorsey, le créateur du réseau social Twitter, est déjà massivement adoptée outre-Atlantique et commence à faire ses armes sur le Vieux continent, notamment au Royaume-Uni ou dernièrement en Irlande. Mais voilà que Square débarque en France, un marché que l'entreprise juge complexe mais à fort potentiel. À compter de ce mardi 21 septembre, les entreprises et commerçants français peuvent bénéficier des solutions de paiement et de gestion de Square qui vont souvent bien au-delà de la simplification des démarches - ce qui n'est pas sans faire grincer des dents les acteurs bancaires historiques.

Nous avons fait la rencontre de Daniel Nicolas (ex-Google et ex-Dropbox), responsable des ventes Europe de Square et porte-parole de l'entreprise, avec lequel nous revenons sur le lancement des deux logiciels de point de vente et trois terminaux de paiement polyvalents.

Daniel Nicolas © Square
Daniel Nicolas (© Square)

L'interview de Daniel Nicolas, responsable des ventes Europe de Square

Clubic : Au début du mois de juillet, Square a ouvert un programme d’accès anticipé en France pour permettre aux entreprises et commerçants de tester ses outils. Mais de quels outils parle-t-on ?

Daniel Nicolas : Le programme d'accès anticipé fut une démarche essentielle. Nous avons une approche pragmatique et empirique. Il y a une touche locale à respecter, et nous avons une approche humble du marché. Notre but est de nous assurer que nos produits dépassent le cap majeur, qui est de répondre du mieux possible aux besoins des commerçants et du marché. Et nous avons justement un exemple typique pour illustrer cette adaptation : celui des tickets-restaurant, qui sont spécifiques à la France.

"Là où Square se différencie par rapport à tous les autres acteurs sur le marché, c'est par sa polyvalence, avec un outil tout-en-un"

Nous avons mis à disposition des commerçants français notre solution cœur de paiement, « Square Terminal » (un appareil tout-en-un pour cartes de crédit et de débit), mais aussi « Square Stand » (qui permet de transformer son iPad en point de vente sans contact et avec carte à puce), « Square Register » (un vrai terminal de point de vente) et le lecteur de cartes à puce et de cartes sans contact « Square Reader ». À cela, nous ajoutons tout ce qui est paiement en ligne, ainsi que le terminal virtuel (un commerçant peut alors encaisser et enregistrer des paiements depuis son ordinateur ou par téléphone). Nous allons aussi mettre en place l'espace Factures, pour permettre à un commerçant d'envoyer des factures à sa clientèle. Le e-commerce n'a pas été mis de côté, puisque nous proposons « Square Online ». Nous mettons également à disposition un logiciel de caisse gratuit et un logiciel de caisse pour restaurant.

Square Terminal © Square
Le Square Terminal (© Square)

Le retour d'expérience des commerçants français a été extrêmement positif. Ceux qui ont une activité de restauration ont salué la simplicité d'utilisation de nos produits et la rapidité des mouvements.

Vos solutions promettent un gain de temps, mais aussi et surtout, comme vous l'expliquiez, la polyvalence de l'offre. Peut-on dire que Square est un cauchemar pour le secteur bancaire, puisque vous débarquez en France avec une offre particulièrement complète et des moyens importants ?

Tout à fait, oui. Square se différencie par sa polyvalence avec un outil tout-en-un. Le marché français est très sophistiqué, très mature, mais très morcelé, dans la mesure où il y a énormément d'acteurs. Les commerçants font appel à plusieurs acteurs à des fins différentes, et cela génère des complications dans leurs opérations. Le but de Square est de simplifier les opérations des commerçants et, par extension, de faciliter la vie de leur clientèle.

Aux origines de Square

Square a été cofondée en 2009 par Jack Dorsey, dirigeant fondateur de Twitter, et Jim McKelvey. A l'époque, Jim était artisan et fabriquait des robinets en verre. Un jour, alors qu'il exposait ses produits, il se retrouve dans l'impossibilité d'accepter le paiement par carte et loupe une vente importante. Cet événement va précipiter la rencontre avec Dorsey, rencontre qui donnera naissance au petit lecteur « Square Reader ». Depuis, l'entreprise a développé de nombreux produits et services financiers.

Jack Dorsey et JimMcKelvey © Square
Jack Dorsey (à gauche) et JimMcKelvey (à droite) (© Square)

Grâce à Square, les commerçants peuvent accepter toute forme de paiement en magasin, en personne et en ligne, en utilisant une seule et même solution.

Le marché français est le second en Europe pour tout ce qui est e-commerce, et 67% des entreprises françaises vendent leurs produits en magasin et en ligne. Cet aspect-là est prédominant. C'est pour cela que les entreprises, aujourd'hui, ont besoin d'une solution qui s'adapte à cet enjeu.

"Chez Square, toutes les données font l'objet d'un encryptage de type militaire"

Un mot sur la sécurité. Square est un acteur américain, et il y a fort à parier que beaucoup d'utilisateurs français vont se demander ce qu'il en est de la sécurisation des opérations qui transiteront par vos services.

Toutes les solutions sont protégées par une sécurité dernier cri et toutes les données font l'objet d'un encryptage de type militaire. Nous sommes aussi conformes à toutes les lois et régulations sur le sujet.

Square Stand © Square
Square Stand (© Square)

On attend donc les futurs détails sur ce volet sécurité, qui sera essentiel pour les clients. En outre, on peut imaginer qu'il a fallu franchir le cap de la mise en conformité avec la législation européenne (dont le RGPD) pour obtenir l'autorisation d'exercer dans l'Union européenne, et ici en France ?

Exactement. Dans le cadre de l'expansion de Square à l'international et en Europe, où nous avons débuté par le Royaume-Uni, il y a eu énormément de travail effectué pour s'assurer que toutes nos solutions soient conformes à toutes les normes dans cette grande région.

"Avant de s'engager chez Square, tout commerçant sait dans quoi il s'engage et sait qu'il n'y a pas de surprise à la fin du mois"

Financièrement, Square fonctionne sans frais mensuels mais collecte des commissions sur les transactions de ses clients. A combien s'élèvent ces commissions en France ?

Notre politique commerciale est très claire : tout commerçant sait dans quoi il s'engage et sait qu'il n'y a pas de surprise à la fin du mois, pas de contrat.

Square offre la possibilité d’accepter les paiements de manière fiable et sécurisée, avec un taux de traitement transparent de 1,65 % pour toutes les transactions sur présentation de carte bancaire. Sans contrat à long terme ni frais mensuels, les systèmes sont conçus pour que les entrepreneurs et leurs employés puissent démarrer rapidement.

De son côté, Square en ligne est disponible gratuitement avec une offre riche en fonctionnalités, ainsi qu'une variété d’options d'abonnements payants. Le traitement des paiements est proposé à un prix compétitif à 1,4 % + 0,25 € par transaction pour les cartes européennes.

Square s'adresse aux commerçants et entreprises de toutes tailles, mais plus particulièrement aux TPE et PME. Est-il prévu un support (chat, email, téléphone) pour aider ces commerçants ?

Square a beaucoup évolué depuis sa création. Si, au départ, la solution se portait plus vers les TPE et PME, elle s'adresse désormais à tous types d'entreprises. C'est pour cela que nous avons pu débloquer des solutions spécifiques aux restaurateurs, aux détaillants, etc. D'un point de vue service, nous avons des équipes qui fourniront du service client en français et en ligne par e-mail.

Square Reader © Square
Square Reader (© Square)

Où sont basés les collaborateurs qui seront en contact avec les clients français ?

Pour le moment, nous en sommes à nos débuts. Le programme d'accès anticipé a été piloté depuis notre siège européen basé à Dublin, en Irlande, où se trouve toute notre équipe, qui possède une excellente connaissance et expertise du produit.

Peut-on imaginer qu'un jour, en France, soit lancée une solution similaire au « Cash App » qui permet aux Américains sans compte bancaire de bénéficier d'une application de paiement ?

Pour le moment, nous n'avons pas de projet sur ce point. Mais en tant qu'entreprise, nous aimons faire les choses dans l'ordre. Square a lancé la solution Cash App il y a quelques années au Royaume-Uni. À terme, on peut imaginer que oui, ça pourrait être le cas, mais il est beaucoup trop tôt pour communiquer là-dessus.

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PierreKaiL
«&nbsp;Nous mettons également à disposition un logiciel de caisse gratuit et un logiciel de caisse pour restaurant.&nbsp;»<br /> Connaissant un peu ce qui se fait dans ce domaine (à savoir pas grand chose) et les prix qui vont avec, rien qu’avec ça ils vont faire un carton je pense.
ivico
Si c’est gratuit alors….
Popoulo
Ils n’ont qu’à l’interdire. Problème réglé. Serait temps de penser protectionisme un peu. Ils ne s’en privent pas eux. Et peut-être en profiter pour s’inspirer…
lefranstalige
Interdire serait inciter nos entreprises à ne pas innover et à garder des prix élevés.<br /> Sur le long terme, ça ne fonctionne pas.
REMI_77
ça aurait été intéressant d’avoir une idée de ce que coute les services traditionnels… Pour comparer… Sinon ça sonne creux et ça fait publi reportage
fremen74
bonjour, encore un boite Americaine qui vient spolier els français comme Apple, Google, Microsoft,…<br /> Au debut c’est gratuit, et lorsque les concurrents sont HS alors les prix explosent. demandez à Microsoft comment faire… gratuit, et 3 ans après le prix est multiplié par 2
fremen74
demandez à l’Etat comment il se sont fait entuber en Australie, mais comme les français sont des moutons, ils ne vont rien faire, et se contenter de raller au lieu de boycotter les produits américains, moutons ces français, aucun amour propre
Helios
Il faudra confirmation mais j’ai quelques vagues souvenirs d’il y a 3 ans, et il me semble qu’on est sur les mêmes ordres de grandeurs avec des formules qui varient en fonction des volumes de transactions.
AlexLex14
REMI_77:<br /> ça fait publi reportage <br /> Je l’attendais cette phrase avec le petit clin d’œil dont on ignore s’il est bienveillant ou suspicieux…<br /> C’est marrant : dès qu’on donne la parole à une boîte, qui n’est pas spécialement française hein, on lit des petites phrases comme ça.<br /> Si c’était du publi-reportage, on ne dirait pas que Square menace le secteur bancaire, on n’aurait pas posé (puis insisté) de question sur la sécurité, on ne pointerait pas du doigt le fait que Square est basé en Irlande, sans salarié directement en France etc.<br /> Après, tu as un discours un peu marketing dans l’interview, car la boîte débarque en France et communique, à sa façon. C’est le jeu, c’est normal. Il faut avoir le recul nécessaire pour le comprendre (et je pense que tu comprends tout à fait). À défaut, je ne peux rien faire de plus, désolé <br /> Et il s’agit d’une interview, pas d’un comparatif hein même si la suggestion est intéressante pour plus tard (il faut aussi attendre, ça démarre à peine en France…)<br /> Voili voilou
Helios
La vraie question c’est pourquoi l’innovation a foutu le camp de France alors qu’on était à la pointe. Bureaucratie, imposition désincitative, peut-être un aspect culturel mais loin d’être évident…<br /> Le secteur bancaire en France est un oligopole bien au chaud, protégé et en même temps affaibli par des règlementations drastiques. Un bon coup de pied au cul comme avec les banques en ligne ne va pas leur faire de mal.
sandpiper2055
Il est où le drame. Personne n’est obligé d’utiliser Square. Les commerçants vont faire leur propre calcul de rentabilité. Si plus tard, il y a une proposition meilleure par une autre compagnie, rien ne les empêche de changer.
REMI_77
Je n’ai pas dit que c’était un publi reportage, c’est juste que quand on donne un tarif, et que l’on compare avec une concurrence qui se sent menacée… Il faut que moi, lecture attentif et assidu de votre site qui est loin d’être connaisseur du sujet, je puisse comprendre pourquoi. Un petit encart à la fin aurait permis cela, c’est tout <br /> Pour le c’est juste que j’aime bien les smiley <br /> Merci pour l’article en tout cas
gamez
Il est où le drame. Personne n’est obligé d’utiliser Square.<br /> Le drame est qu’ «&nbsp;on&nbsp;» ne veut pas que les gens trouvent mieux ailleurs surtout si ce mieux n’est pas français. «&nbsp;On&nbsp;» veut que tout le monde reste dans un système profiteur du moment qu’il est français.
gamez
Je n’ai pas dit que c’était un publi reportage<br /> si si tu l’as dit tu as dit que comme certaines choses manquent, cela entre dans les critères de ce que serait du publi reportage <br /> relis ton message
elminster44
En attendant, il débarque à la bourre.<br /> Racheté par Paypal et existe en France depuis quelques années…<br /> https://www.zettle.com/fr<br /> Et il en existe d’autres.
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