Sarkozy appelle à s'interroger sur la « violence inouïe » de certains jeux vidéo

02 décembre 2015 à 16h34
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Le débat sur les jeux vidéo violents est relancé à l'approche de Noël par l'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, interrogé sur les suites à donner aux attentats du 13 novembre.

Nicolas Sarkozy a relancé à sa façon le débat sur la violence dans les jeux vidéo mardi matin. Invité de la matinale d'Europe 1, l'ancien chef de l'Etat était invité à commenter la décision prise par certains magasins d'exclure de leurs rayons les jouets représentant des armes.

« C'est une bonne idée ça (...) un père Noël désarmé ou alors on mélange tout ? », interroge Thomas Sotto. « Si on s'attaque à l'armement du père Noël, on pourrait peut-être regarder de plus près ces jeux vidéo d'une violence inouïe qui sont dans tous les cadeaux qui sont donnés. Je pense qu'il y a des priorités, et pour moi la priorité ce n'est pas le désarmement du père Noël », répond Nicolas Sarkozy.



Cette « petite phrase » recèle une certaine ambiguïté : le président du parti Les Républicains laisse entendre que la question d'un Noël « armé » n'est pas prioritaire au regard des autres problèmes soulevés par les attentats du 13 novembre, mais il incrimine de façon indirecte ces jeux vidéo d'une violence inouïe qui figurent chaque année sur les étals.

Sans surprise, elle a suscité bon nombre de réactions sur les réseaux sociaux et les médias spécialisés, échaudés par le caractère récurrent d'une controverse relancée à chaque drame impliquant des armes à feu. Le Monde fait de son côté valoir que rien de tangible ne permet aujourd'hui d'établir un lien entre le jeu vidéo et les attentats survenus à Paris.

De la prudence des éditeurs...



La sortie de Nicolas Sarkozy a rapidement fait réagir le SELL, le syndicat qui regroupe les principaux éditeurs du secteur. Dans un communiqué, il veut ainsi rappeler « que la vente de jeux vidéo est encadrée par le système PEGI qui informe très clairement les consommateurs sur le contenu des jeux et que la majorité des jeux vidéo vendue en France est accessible à tous les publics ».

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« Les jeux vidéo peuvent explorer des émotions ou des expériences complexes ou difficiles. Ils ne sont en cela que le reflet du monde tel qu'il est et permettent d'en mettre à distance la violence en jouant avec ses représentations. Ils ne sont pas différents des autres œuvres culturelles », affirme-t-il encore.

Enfin, il rejette toute stigmatisation et souligne que « les professionnels du jeu vidéo ont tenu à rester à la hauteur de leurs responsabilités ».

Sans attendre qu'un hypothétique lien avec le secteur soit établi et sous l'impulsion du SELL, les éditeurs ont effectivement suspendu les campagnes de communication associées aux titres les plus violents de la fin de l'année, au premier rang desquels on trouve des poids lourds commerciaux comme Fallout 4 (Bethesda), Call of Duty Black Ops 3 (Activision) ou Star Wars Battlefront. Tous ont désormais repris la parole.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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