Alors que le prix des composants s'envole et que la concurrence a déjà cédé aux sirènes de l'inflation, Nintendo joue une partition risquée. Le constructeur japonais refuse de toucher au prix de sa console, préférant rogner sur ses marges plutôt que de briser sa dynamique.

© Nintendo
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On aurait pu croire que Nintendo suivrait le mouvement général. Entre les tensions géopolitiques et la flambée des coûts de fabrication, tous les voyants étaient au rouge pour le porte-monnaie des joueurs. Pourtant, lors d'une récente session de questions-réponses avec les investisseurs, Shuntaro Furukawa a pris le contre-pied des attentes du marché. Non, le prix de la console ne bougera pas dans l'immédiat, malgré la pression exercée par les fournisseurs de mémoire. Une déclaration qui sonne comme un sursis.

L'avis de tempête s'éloigne (provisoirement)

Le message envoyé par la direction de Nintendo est clair, mais il est tout sauf rassurant sur le long terme. Interrogé sur l'impact de la hausse des coûts de la RAM, Shuntaro Furukawa a affirmé ne pas vouloir se laisser « trop influencer » par ces facteurs externes pour le moment. L'objectif affiché est de maintenir le prix actuel pour ne pas freiner l'adoption de la machine, une stratégie qui tranche avec les ajustements tarifaires agressifs observés chez Sony ou Microsoft ces dernières années.

Nintendo Switch 2
  • Montée en gamme du design et des finitions
  • Écran 7,9" (20 cm) LCD convaincant
  • Performances et qualité d'image en nette hausse
8 / 10

Cette position intervient dans un contexte particulièrement tendu où plusieurs analystes tiraient déjà la sonnette d'alarme. Comme nous l'évoquions récemment, la Switch 2 pourrait à son tour être touchée par une hausse de prix en 2026, notamment si les tarifs douaniers américains venaient à se durcir. Pour l'heure, Kyoto semble vouloir absorber le choc, probablement en pariant sur une baisse future des coûts de production ou sur les revenus logiciels pour compenser le manque à gagner matériel. Le président précise toutefois que la situation est surveillée de près, laissant la porte ouverte à un changement de cap si la tempête économique devenait ingérable.

Le pari du parc installé avant la rentabilité

Cette décision n'est pas qu'un cadeau fait aux joueurs, c'est un calcul froid et pragmatique. Nintendo sait pertinemment que le véritable moteur de ses profits n'est pas la vente de matériel, mais bien l'écosystème logiciel qui l'accompagne. En bloquant le prix de la Switch 2 malgré l'explosion du coût de la mémoire vive, le constructeur cherche avant tout à maximiser le parc installé. C'est une course contre la montre : il faut mettre un maximum de consoles dans les foyers avant que la pression sur les marges ne devienne insoutenable.

Cela rappelle la stratégie de la Wii, vendue à un prix agressif pour inonder le marché, à la différence près qu'ici, Nintendo accepte potentiellement de réduire sa rentabilité unitaire immédiate. C'est un risque calculé face à un marché du semi-conducteur volatile, où la moindre pénurie peut faire basculer un bilan financier. En refusant de répercuter immédiatement la facture sur le consommateur, Nintendo s'achète la fidélité de son public et maintient l'attractivité de sa plateforme face à des concurrents nettement plus onéreux. Reste à savoir si cette digue tiendra face aux vagues successives d'augmentations que promet l'année 2026.

Source : WCFFTECH

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