Deux contrefacteurs du jeu Dofus condamnés pour "pillage intellectuel et financier"

01 juin 2018 à 15h36
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Deux jeunes de 19 et 20 ans viennent d'être condamnés par le Tribunal de Grande Instance de Lille pour avoir hébergé un serveur illégal du MMORPG Dofus. Au programme, prison avec sursis et grosse amende. La société Ankama en a profité pour affirmer sa lutte contre les serveurs privés.

Maxime M., 19 ans, et Bertrand L., 20 ans, ont ainsi été condamnés respectivement à 18 et 8 mois de prison avec sursis, une mise à l'épreuve et l'obligation d'indemniser Ankama à hauteur totale de 250 000 euros. Une somme qui correspondrait à celle que les deux pirates ont réussi à récupérer auprès de la communauté d'environ 33 000 joueurs que comptait leur serveur privé Key Paradise.

Interrogé par La Voix du Nord, Maxime M., l'initiateur du projet, a expliqué son geste par sa déception vis-à-vis du « graphisme de la version 2 de Dofus » qui l'a motivé à mettre en ligne une version antérieure du jeu. Cette dernière a attiré de nombreux joueurs : « Il a été dépassé par les évènements » a ajouté Me Florent Fache, l'avocat des deux inculpés. Bertrand L. devient rapidement modérateur du jeu et travaille avec Maxime M. pour entretenir le serveur.

Chaque utilisateur du serveur privé, qui a fonctionné durant 18 mois, devait s'acquitter d'un « abonnement » de 1 euro par mois : une somme dérisoire au cas-par-cas mais qui, dans son ensemble, aurait permis au duo d'amasser 251 718 euros en un an et demi. Ankama, la société roubaisienne qui développe et édite le jeu Dofus, a estimé le préjudice à 1,4 millions d'euros.

Par l'intermédiaire d'un communiqué de presse, Ankama a laissé entendre que cette condamnation ne serait pas la dernière, et que l'entreprise souhaite continuer à lutter contre les serveurs privés. « La création et l'animation d'un jeu tel que DOFUS mobilise plus d'une centaine de personnes à temps plein et s'articule autour de principes forts tel que l'égalité des joueurs, et l'accès au jeu à un tarif raisonnable. Principe que les serveurs privés ne respectent pas » explique l'entreprise, qui ajoute que « ce sont également les intérêts des joueurs qui sont ici menacés. »

Ce n'est pas la première fois que la contrefaçon du jeu Ankama fait parler d'elle en France : en septembre 2010, deux adolescents de 15 ans avaient déjà été arrêtés pour avoir administré un serveur privé, qui leur aurait rapporté 80 000 euros en six mois.
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