Linux est-il prêt pour le grand public ?

13 mars 2008 à 17h26
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La distribution Mandriva One 2008


Nous commençons avec Mandriva One 2008 notre tour d'horizon des distributions Linux les plus à même, selon nous, d'être utilisées par le grand public. Cette distribution, issue de feu Mandrake, est historiquement l'une des plus simples à l'usage. Voyons ce qu'il en est, sachant que nous avons utilisé la version de Mandriva One 2008 contenant KDE.

L'installation


Ce premier exercice d'installation va nous permettre de rappeler quelques bases sur ce processus. La première chose à faire pour installer une distribution Linux est... de ne pas l'installer. En effet, les liens que nous vous avons fournis à la page précédente vous permettent de télécharger un « Live CD », c'est à dire un CD qui pourra vous permettre d'utiliser Linux (quasiment) comme s'il était installé sur votre disque dur sans que cela soit le cas. Avantage : pouvoir se familiariser avec un système sans effectuer de changement dans sa configuration qui comporte souvent une installation Windows que l'utilisateur ne souhaite pas perdre. Avec les Live CD, aucun risque.

Si vous êtes satisfaits de vos essais et êtes prêts à la grande aventure de l'installation, une icône d'installation est prévue à cet effet sur le bureau. Voyons les différentes étapes. Vous devez dans les premiers instants répondre à des questions simples concernant votre pays, votre langue, votre type de clavier (fr pour français, ce qui vous évitera le clavier Qwerty) et le fuseau horaire. Puis vient le délicat moment du partitionnement. Trois choix s'offrent à vous : effacer un disque existant, utiliser l'espace libre de votre disque dur ou partitionner manuellement. Cette dernière option est à réserver aux utilisateurs avertis. Cependant, si vous ne possédez qu'un seul disque dur sur lequel une partition Windows (que vous ne voulez pas perdre) existe déjà, il est naturel de vouloir conserver un œil sur les manipulations de Linux. Le mode automatique est pour cela à proscrire pour les plus soucieux d'entre vous.

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L'installation de Linux requiert le partitionnement d'un disque, étape souvent appréhendée par les novices


Dans notre cas, deux disques durs étaient à notre disposition, l'un contenant Windows, l'autre dédié à Linux. Nous avons donc opté pour un partitionnement automatique sur le second disque, ce que nous vous conseillons fortement de faire afin de ne pas corrompre votre éventuelle installation Windows. Le partitionnement s'est parfaitement effectué, le disque étant découpé en trois portions : l'une est destinée à l'installation du système et des paquets (c'est la racine, « / »), la seconde est une partition d'échange (dite de « swap ») et la dernière est dédiée à l'utilisateur et ses documents (c'est le « /home »). Deux remarques concernant cette étape : les indications sont précises, en français, les avertissements bien placés et les disques Serial-ATA utilisés n'ont pas posé de problème à Mandriva. De plus, il est très facile, en cas d'erreur, de retourner à l'étape précédente en actionnant le bouton « Précédent ».

L'installation s'effectue ensuite très rapidement (moins de 10 minutes sur notre machine). Seul regret : lors de la mise en place de Linux, celui-ci crée ce qu'on appelle un gestionnaire de démarrage (ou bootloader). Celui-ci a pour fonction de vous proposer, à l'allumage de votre ordinateur, les différents systèmes présents. Ici sont proposées plusieurs options de démarrage pour Linux, qui ne sont pas très claires pour l'utilisateur peu expérimenté. Heureusement, le système démarre automatiquement sur la bonne partition. En revanche, aucune trace de Windows ! C'est à ce moment que le novice peut (à juste titre) paniquer, d'autant qu'aucune option n'était disponible au moment de l'installation. Que faire dans un tel cas ? Effectuer une recherche sur le forum de Clubic, bien entendu. Vous pourrez y trouver la solution, qui consiste à éditer un fichier (/boot/grub/menu.lst) qui contient les informations de Grub, le gestionnaire de démarrage. Mais pour arriver à cela, il vous faut déjà connaître les notions de root, le super-utilisateur administrateur du système, de console et de ligne de commande. Cela fait un peu beaucoup pour un utilisateur novice... Notez que vous pouvez également passer par un module de configuration dédié, qui vous évitera cette édition complexe.

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Le module de configuration de Grub vous évitera d'éditer le fichier menu.lst


Compatibilité matérielle



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Une fois passé ce cap de l'installation, vient celui des tests de compatibilité matérielle. Parmi les éléments présentés, lesquelles fonctionnent correctement avec notre distribution Mandriva One 2008 ? Commençons avec ceux qui ne nous ont pas posé problème. Les disques durs, en Serial-ATA, ont été parfaitement reconnus, comme nous le précisions plus haut. Le lecteur de cartes a lui aussi passé le test avec succès, tout comme notre clé USB. Il faut d'ailleurs noter qu'une carte mémoire ou une clé USB branchée à l'ordinateur est automatiquement montée, cette action plaçant même une icône sur le bureau correspondant au matériel monté. La souris et le clavier USB ont également fonctionné correctement dès l'installation, mis à part les boutons placés sur les côtés de la souris. Les deux clés Bluetooth, y compris celle de marque Microsoft, ont été parfaitement reconnues et fonctionnelles sous Mandriva. Le graveur et le processeur, enfin, n'ont pas posé de problème non plus. Enfin, et c'est un gros progrès, la carte Wi-Fi Hercules a été en mesure de nous mettre en relation avec le réseau de Clubic, pourtant chiffré par une clé WPA2, et ce, sans autre chose à configurer que l'entrée de la clé.

Passons maintenant en revue les échecs. Tout d'abord le module Wi-Fi de Trendnet, avec lequel nous avons eu moins de succès qu'avec la clé Hercules. Nous ne sommes pas parvenus à utiliser notre webcam, pourtant de type UVC (c'est à dire qu'elle ne nécessite pas de pilotes pour s'installer). Si elle semblait reconnue par le système, nous ne sommes pas arrivés à en profiter de manière simple. Sans grande surprise, nous n'avons pas pu profiter de l'iPhone sur Mandriva. Venons-en enfin à la carte graphique. Notre AMD HD 2400 n'a, au départ, pas posé problème, la résolution par défaut étant correcte. Puis au moment de tester les fameux effets 3D dont est capable Compiz, Mandriva nous a avertis que notre système ne supportait pas ces effets. Que cela ne tienne, nous avons tenté, grâce au module de configuration (particulièrement clair) de Mandriva, d'installer des pilotes plus en adéquation avec notre carte. Parmi les propositions faites à ce moment, nous avons donc choisi celle qui s'accordait le mieux avec notre carte récente, à savoir le modèle HD 2300. Après une vilaine erreur d'affichage qui nous a coûté une déconnexion / reconnexion, la mise à jour du pilote semblait avoir fonctionné, les options d'affichage 3D étant alors disponibles. Cependant, nous ne sommes pas parvenus à obtenir de façon simple (si tant est que les manipulations effectuées jusqu'ici soient considérées comme simples !) les effets tant attendus. Aucun problème au niveau du son pour finir.

La suite logicielle



Autre critère de jugement en ce qui concerne la propension d'une distribution à fonctionner pour des utilisateurs novices, la suite de paquets proposés à l'installation. Cet élément est d'autant plus à considérer que l'installation de paquets sous Linux n'est pas forcément des plus simples. Nous verrons ce qu'il en est à ce sujet.

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Konqueror, l'explorateur de fichiers de KDE


Quels sont les outils dont vous disposez à l'installation de Mandriva One 2008 ? Vous trouverez :
  • Dans le rayon bureautique, la suite OpenOffice.org, pour ce qui est du traitement de texte ou du tableur. Vous trouverez également KGhostView et KPDF pour lire les fichiers PS, EPS ou PDF.

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La suite OpenOffice.org est présente dans la distribution Mandriva One 2008


  • Pour les outils divers, Kover pourra vous aider à fabriquer vos pochettes de CD, KNotes vous permettra de prendre des notes, Archiveur s'occupera de compresser ou de décompresser vos archives (même si le format .rar n'est pas reconnu), et vous disposerez même d'un dictionnaire franco-anglais.
  • Quelques logiciels de type multimédia sont également présents : Amarok s'occupera de vos fichiers musicaux, qu'ils soient WMA ou MP3, Kaffeine lira certains de vos fichiers vidéos, KAudio Creator pourra extraire les pistes audio de vos CD, DigiKam saura importer les photos de vos appareils. Enfin, on ne présente plus The Gimp, également inclus dans cette distribution, ou K3B, le logiciel de gravure de KDE.
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Si le logiciel de gravure K3B possède tous les atouts pour plaire au grand plublic, Kaffeine reste probablement à améliorer

  • Pour Internet enfin, on peut citer les applications Akregator, qui récupère les flux RSS de vos sites préférés, un logiciel pour gérer les transferts via le Bluetooth, KGet, un gestionnaire de téléchargement, TightVNC, pour la prise de contrôle à distance et enfin aMSN, un clône de MSN.
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Le gestionnaire Bluetooth ou aMSN sont deux applications tout à fait abouties qui ne surprendront pas les novices

Enfin notons la présence de Firefox, qui vient suppléer Konqueror dans la navigation Web.

Dans la pratique



Quel sentiment nous laisse l'utilisation de Mandriva One 2008 ? Premièrement, le gros défaut du gestionnaire de démarrage. Le fait de ne plus pouvoir utiliser Windows lorsqu'on veut le conserver est un défaut important. En réalité, le gestionnaire de démarrage de cette distribution a considéré que la première partition du disque contenant Windows était celle du système d'exploitation. Or la partition en question se trouve être une partition de restauration, comme c'est le cas pour la plupart des ordinateurs vendus préinstallés dans le commerce.

Le souci évoqué autour de la carte graphique n'empêche pas un fonctionnement classique de Linux, mis à part pour ceux qui cherchent à jouer. Si cependant vous cherchez (comme nous l'avons fait) à améliorer les choses afin, par exemple, de faire tourner Compiz correctement, sachez que vous pouvez parfois créer d'autres problèmes plutôt que d'en résoudre. En modifiant le fichier de configuration du serveur X, nous avons ainsi perdu l'usage du clavier, ou vu passé ce dernier en Qwerty. Notons toutefois qu'une carte moins récente ou à base de chipset NVIDIA aurait probablement connu un meilleur sort.

Au niveau de l'utilisation d'Internet, nous avons noté la configuration automatique de notre connexion Ethernet. Cela est d'autant plus facile que l'ordinateur est placé derrière un routeur en DHCP. Cela l'est peut-être moins pour une connexion derrière un modem classique nécessitant des identifiants, mais nous n'avons pas testé cela. Pour ce qui est de la connexion Wi-Fi, nous avons constaté les énormes progrès réalisés dans le domaine. Notre clé Hercules prête à être utilisée dès son insertion dans le port USB en est témoin. Par ailleurs, la configuration accessible depuis un simple clic-droit sur l'icône réseau placée sur la barre des tâches nous a paru une excellente idée.

Enfin en ce qui concerne les applications de tous les jours, voilà ce que nous avons relevé. La présence à l'installation de Firefox est une excellente idée, Konqueror n'étant probablement pas le navigateur le plus « grand public » du marché. Qui plus est, les animations flash ont fonctionné sans intervention de notre part, ce qui est un plus face aux autres distributions, nous le verrons. Des sites comme Clubic ou Deezer sont donc consultables en l'état, dès la fin de l'installation. L'impression et la mise en place d'une imprimante, pourtant réseau, nous sont également apparues comme très simples, la simple lecture des directives à suivre étant suffisante.

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L'ajout d'imprimante, même distante, ne pose aucun problème sous Mandriva


En revanche, la lecture d'un simple DVD a posé problème. Ce n'est pas étonnant en soi lorsque l'on sait que cette opération requiert l'installation d'une librairie disponible au public mais que les différentes distributions ne peuvent, pour des raisons légales, installer d'office. La version Powerpack de Mandriva, disponible dans le commerce, inclut d'ailleurs le lecteur DVD propriétaire LinDVD d'InterVideo. Nous avons cependant apprécié les informations apportées par Kaffeine à ce propos, ce logiciel donnant même une adresse où télécharger les paquets en question. Pour ce qui est de vos mails, rien ne change par rapport à ce qui existe sous Windows, la configuration des comptes étant tout à fait similaire.

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Conseils, gestion de dépendances et installation des paquets simplifiés : de gros progrès de ce côté !


Concernant l'installation de paquets enfin, nous avons constaté les progrès apportés dans ce domaine aussi, les dépendances entre paquets étant maintenant parfaitement gérées. Les rubriques dans lesquelles sont classés les différents logiciels sont une bonne aide pour trouver ce dont on a besoin. Le problème sous Linux est effectivement de trouver les bons logiciels, car cela implique souvent beaucoup de lecture, et parfois en anglais. Les mises à jour, dont la nécessité est indiquée dans la barre des tâches par une icône dédiée, s'effectuent sans le moindre souci, si tant est que vous soyez connecté à Internet.

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Les mises à jour s'effectuent sans quasiment aucune intervention de votre part de se déroulent sans soucis
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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