Le Royaume-Uni réfléchit à lancer sa crypto-monnaie souveraine

21 avril 2021 à 11h00
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UK Crypto

La Banque d’Angleterre et le Trésor britannique ont créé un nouveau groupe de travail chargé d’étudier la question des monnaies numériques.

Le Royaume-Uni fait partie d’un certain nombre de pays qui envisagent d’adopter une monnaie numérique de banque centrale (CBDC), de même que la Chine et le Japon.

Lancement d’un Britcoin ?

La nouvelle a été annoncée ce lundi 19 avril : les deux autorités gouvernementales ont déclaré qu’elles n’avaient pas encore décidé si elles allaient émettre une monnaie numérique au Royaume-Uni, mais elles ont déclaré qu'elles allaient étudier ses cas d’utilisation et ses risques.

Le groupe de travail évaluera les caractéristiques potentielles d’une crypto-monnaie souveraine et surveillera les développements internationaux en la matière afin de s’assurer que le Royaume-Uni « reste à l’avant-garde de l’innovation mondiale ».

Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a réagi à l’annonce sur Twitter avec un mot relativement évocateur : « Britcoin ? »

Un intérêt qui se précise

Ces nouvelles initiatives interviennent un an après la publication par la Banque d’Angleterre d’un document de travail sur une potentielle Livre Sterling (GBP) numérique. À l’époque, la banque centrale avait déclaré qu’elle s’intéressait aux monnaies numériques puisque « nous vivons une période de changements importants dans le domaine de la monnaie et des paiements ».

L’année dernière, la Banque d’Angleterre a également créé un groupe avec cinq autres banques centrales, la Banque du Canada, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque Nationale suisse et la Banque Nationale suédoise, afin d’explorer les cas d’utilisation possibles d'une CBDC.

Le Royaume-Uni est l’un des nombreux États qui étudient actuellement la possibilité d’une monnaie numérique. La Chine procède actuellement à des essais avancés de son système de monnaie numérique et de paiement électronique (DCEP), tandis que la banque centrale du Japon a lancé en avril la première phase d’une étude de faisabilité sur un yen numérique. Plus près de nous, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a récemment déclaré qu’une décision sur l’introduction d’un euro numérique serait prise d’ici juillet 2021.

Source : Reuters

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norwy
Hype ou révolution ? Là est la question…
philouze
discussion récente avec un féru de finance : les banques privées pensent très sérieusement qu’une monnaie centrale permettrait de diminuer les besoins en banques privées, leurs coûts, leurs lenteurs, les marges des chambres de compensation etc…<br /> ça semble en contradiction avec le mandat donné aux banques centrales actuellement, mais c’est à surveiller, il se passe effectivement quelque chose. Rien à voir avec les «&nbsp;cryptos&nbsp;» du grand public en tout cas.
lefranstalige
Les Banques Centrales ont besoin des banques privées car elles ont leur role dans le processus de création de la monnaie. En baissant les taux d’intérêt (a contrario en les augmentant), les Banques Centrales poussent les entreprises et les personnes à s’endetter. En octroyant des prêts, les banques privées prêtes une partie de l’argent des épargnants. Et comme elles prêtent plus que ce que les épargnants ont (et c’est encadré dans les accords de Bale II et III) elles mettent plus d’argent en circulation qu’avant.<br /> Dans le sens opposés, lorsque les Banques Centrales augmentent les taux d’intérêt, il y a moins de prêts et les remboursements des encours détruisent une partie de la monnaie en circulation.<br /> Tout ça pour dire que les Banques Centrales sont encore fort dépendantes des banques privées.<br /> Les Etats ont un grand intérêt à créer une monnaie numérique nationale. Ca leur permettrait de faire disparaitre le cash, avoir un meilleur control sur l’impôt à percevoir, contrôler l’utilisation de l’argent et bloquer ou saisir des comptes si nécessaire. Mais ça permettrait aussi de créer le (fantasme du) revenu citoyen et c’est peut-être comme ça que les états feront avaler la pilule.<br /> Les populations, elles, ont tout intérêt à ne pas l’utiliser car du jour au lendemain, l’état peut prendre control de tout. Aujourd’hui, nous sommes dans des régimes démocratiques mais les partis extrêmes (droite et gauche) ne sont pas loin…
pecore
D’accord avec @philouze, un Bricoin ou Eurocoin ou Dollcoin ou tout autre monnaie numérique crée par un état ou groupe d’états n’aurait pas grand chose à voir avec les cryptomonnaies «&nbsp;privée&nbsp;». Mais un euros numérique aurait un avantage qu’il serait commun à 19 états et donc quasi impossible à «&nbsp;contrôler&nbsp;», quoi que cela puisse vouloir dire.<br /> Considérant que l’émission d’une monnaie numérique par les états et notamment d’UE pourrait être l’amorce d’un mouvement pour mettre un peu d’ordre dans ce foutoir que sont les cryptomonnaies, tout en allant vers la suppression à terme de la monnaie fiduciaire, je suis plutôt pour. J’espère juste que ce ne seront pas les anglais qui nous montrerons l’exemple mais si ce doit être le cas et bien soit.
philouze
En tout cas à notre échelle difficile de juger, je suis rarement d’accord avec lefranstalige mais sa remarque est juste.<br /> la stabilité et le coté «&nbsp;neutre&nbsp;» de la monnaie actuelle est un savant dosage entre un contrôle étatique «&nbsp;en réserve&nbsp;», des banques centrales, des groupes privés sous contrôle mais qui servent aussi de juges de paix et qui témoignent qu’ils n’accordent de la création monétaire qu’en fonction des besoins (donc des prêts) et on «&nbsp;gage&nbsp;» leur sérieux sur le fait que ces acteurs (particuliers entreprises et banques) doivent à tout prix rembourser, soit à la banque centrale en dernier recours, soit aux chambres de compensation.<br /> Ce fragile équilibre et cette complexité, avec trois ou quatre couche d’acteurs qui se surveillent les uns les autres ça a mis des siècles à se peauffiner, surtout au cours du dernier.<br /> Alors oui ça a un coût.<br /> Cramer ça pour de la monnaie de banque centrale ça vise à affaiblir le maillon bancaire, mais demandez vous si vraiment, la banque est cette caricature qu’on lui colle dans le monde occidental et surtout européen (l’autre, le riche, le banquier, l’usurier… )<br /> Est-ce que vraiment, nous, on y gagne à tout basculer en direct (une monnaie = un marché hyper instable genre BTC OU une monnaie = un deal direct avec la banque centrale y compris pour les prêts)<br /> j’ai vraiment aucune certitude là dessus. je pense que la réaction type planche à billet =&gt; dévaluation directe est clairement un danger avec ce type de monnaie «&nbsp;sans latence&nbsp;», pour commencer.
pecore
D’accord avec ton message, y compris le fait que le banquier n’est pas «&nbsp;l’ennemi&nbsp;» que beaucoup pensent et que le système à plusieurs acteurs est le garant d’une certaine stabilité. Mais lefranstalige plaide pour une dérégulation totale de la monnaie, le présentant comme la solution équitable et égalitaire pour tous. Là dessus nous ne pouvons pas être d’accord. Dérégulation totale signifie pour moi que le système sera à 100% à la merci des petits malins qui trouverons les failles, car il y aura toujours des failles.<br /> Mais d’un autre coté lefranstalige pourrait bien avoir raison lorsqu’il dit que les cryptomonnaies sont là et qu’elles ne vont aller nulle part. Trop d’acteurs influents poussent à la démocratisation des cryptomonnaies et les états ne semblent pas vouloir faire grand chose contre.<br /> Partant de là, s’ils ne souhaitent pas s’opposer au changement, ne vaudrait il pas mieux pour les états de l’accompagner et de faire en sorte que ce changement de système se fasse sans trop de casse et sans trop d’abus, plutôt que d’être mis devant le fait accompli.
philouze
Tout se passe selon la doctrine des startupper américains depuis 20 ans, qui leur ont littéralement permis de conquérir le monde «&nbsp;mieux vaut présenter des excuses plus tard que demander la permission maintenant&nbsp;» (toute l’Uberisation repose là dessus, on crame les licences des taxis, on crée de vrais faux employés jusqu’à un jour (10 ans) plus tard, se faire retoquer, avec de la casse, de l’écrabouillement sauvage de concurrence etc.)<br /> Je n’ai aucune idée de là ou ça va, j’en trade moi même très activement (uniquement des POS [ zéro co2, en gros ]), mais je sens confusément qu’il y aura un revers très négatif à cette pièce, et que le discours libertarien qui fait totalement sens, est en fait l’idiot utile au service des vrais, des gros, ceux qui vont récupérer et réellement opérer le truc.<br /> Au final ce sera un support spéculatif.<br /> Pour les cryptos de banque centrale, on est dans l’inconnu total. Militer contre les cryptos de banque centrale à peu de sens, mais là aussi c’est clair, on se réveillera un jour face aux conséquences, sans grosses possibilités de retour en arrière.<br /> Pour savoir si un truc a un potentiel, j’aime imaginer un «&nbsp;nouveau pays&nbsp;» installé dans un vaste désert : moi j’y collerais de la super 5G plutôt qu’un réseau fibre, des cadastres et offices de brevets basés sur une chaîne Tezos, et oui, probablement des token de banques centrales basées sur Hyperledger.<br /> Mais si je veux éviter une attaque de ma monnaie, une planche à billet folle à chaque promesse présidentielle, il me faudrait probablement une DEFI avec contrôle de banque centrale pour les prets, un controle serré des émissions…<br /> quelque chose d’assez éloigné du paradis libertarien.
pecore
philouze:<br /> mais je sens confusément qu’il y aura un revers très négatif à cette pièce, et que le discours libertarien qui fait totalement sens, est en fait l’idiot utile au service des vrais, des gros, ceux qui vont récupérer et réellement opérer le truc.<br /> Je n’aurai pas aussi bien dit.
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