Aux États-Unis, Google laisse désormais les écoles décider si leurs élèves utilisent son intelligence artificielle (IA), mais à un prix : celles qui la refusent perdent aussi Google Search. Une décision qui fait évidemment polémique.

Google fait une mise au point. ©xsi / Shutterstock
Google fait une mise au point. ©xsi / Shutterstock

En août, Google a activé par défaut son assistant Gemini dans Classroom, la plateforme que de nombreux enseignants américains utilisent pour distribuer les devoirs à leurs élèves. Une décision contestée par plusieurs responsables d’établissements.

Et depuis, la défiance n’a cessé de grandir : New York et Los Angeles, les deux plus grands districts scolaires du pays, ont limité l’IA sur les appareils des élèves, tandis que des sénateurs ont demandé des comptes à la firme de Mountain View. Elle a donc décidé de réagir.

Pas d’IA, pas de recherche

Sa nouvelle approche touche les élèves de la maternelle au lycée : à partir de 2027, Gemini (son assistant d’IA), Gemini Notebook, Gemini dans Classroom et Google Search seront désactivés par défaut sur leurs comptes scolaires. Seuls les administrateurs de l’établissement pourront les réactiver.

Mais il y a un hic : la recherche, essentielle, figure dans cette liste, et il est impossible de la garder sans l’IA. « Search et l’IA sont profondément intégrés », a expliqué Chris Phillips, vice-président de Google pour l’éducation, au New York Times. Une école qui refuse l’IA verra donc ses élèves perdre l’accès au moteur de recherche. À la place, un message indiquera que le service n’est pas disponible. 

En cause, les résumés générés par intelligence artificielle, les fameux AI Overviews, qui s’affichent en haut des résultats et font désormais partie du moteur. Les écoles qui acceptent, elles, vont accéder à deux versions. La première s’apparente à celle du grand public tandis que la seconde est censée guider l’élève pas à pas, comme un tuteur, sans lui donner la réponse toute faite. Les enseignants pourront ensuite relire les échanges.

Google Gemini
  • Multimodalité texte, voix et fichiers
  • Intégration poussée aux services Google
  • Applications Web, mobile et bureau
8 / 10

« Contrainte » et « extorsion »

De quoi provoquer de vives critiques. Lina Khan, ancienne patronne de la Federal Trade Commission (FTC), le régulateur américain du commerce et de l’antitrust, accuse Google d’utiliser son monopole sur la recherche pour « contraindre » les écoles. Le sénateur démocrate Bernie Sanders, lui, qualifie cette pratique d’« extorsion », tandis que le maire de New York, Zohran Mamdani, estime qu’« aucune entreprise ne devrait avoir le pouvoir de dicter comment nous enseignons à nos enfants ». 

Car les écoles qui disent non à l’IA redoutent surtout que leurs élèves délèguent leur réflexion à la machine, qu’ils trichent, qu’ils reçoivent des réponses fausses, ou que les résumés automatiques les dissuadent de croiser plusieurs sources. Pour sa part, Google assure donner aux établissements scolaires « plus de choix, pas moins ».

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